I. — Accident primitif
Le chancre de l’oreille est une des rares localisations des chancres extra-génitaux. Les conditions àe son développement expliquent qu’on ne l’ait ren-
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contré jusqu’ici qu'en deux régions : le pavillon du conduit auditif et celui de la trompe d’Eustache, les deux parties de l’oreille les plus directement en rapport avec le milieu extérieur et par conséquent les plus accessibles aux inoculations.
A. Sur le pavillon, il occupe surtout le lobule ou le tragus, où il se présente avec les caractères objectifs des chancres cutanés.
B. Sur l’oriflce pharyngien de la trompe, où il est inoculé par des instrùments malpropres (chancre des auristes), il passe aisément inaperçu. L’attention est attirée sur son existence : a) par l’éclosion des signes généraux (exanthème, lésions buccô-pharyngées) d’une infection syphilitique, d’ordinaire intense, coïncidant avec une adénopathie unilatérale sous-maxillaire ou cervicale postérieure très accentuée, qui indique ra région où doit être circonscrite la recherche du siège de l’accident initial ; b) par un peu dé surdüé, àe l'otalgie, des bruits subjectifs du côté atteint, dus soit à du catarrhe tubaire consécutif, soit, plüs rarement, à une otite moyenne suppurée.
Traitement. — Le chancre du pavillon doit être traité comme les chancres des régions cutanées en général.
En ce qui concerne le chancre de la trompe, le traitement doit être avant tout prophylactique : les instruments destinés à être introduits dans le cavum, et surtout les cathéters à oreille, seront très soigneusement désinfectés : pour plus de sûreté, chaque malade, qui doit être cathétérisé un certain nombre de fois, aura une sonde particulière.
Il est indispensable d’instituer le traitement
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général dès que le chancre est reconnu, et de la façon la plus énergique possible, car la syphilis ainsi inoculée est presque toujours intense et grave.
Après la cicatrisation, le chancre peut laisser comme trace une sténose tubaire qui devra être traitée par les moyens habituels (voy. Bougirage).