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II. — Accidents secondaires

A. Sur le pavillon, ce sont des macules, des papules, des tubercules, etc. ne -se distinguant en rien des manifestations cutanées habituelles de la syphilis.. Des plaques muqueuses se développent parfois sur la .perforation du lobule ou dans le sillon rétro-auriculaire.

B. Dans le conduit, les accidents secondaires sont assez rares. Ce sont tantôt de simples plaques érosives, tantôt des papules qui, sèches au début, ne tardent pas à s’éroder et à fournir une sécrétion séro-purulente plus ou moins abondante et fétide; en s’hypertrophiant, elles aboutissent à: la production de véritables condylomes qui rétrécissent ou obstruent la lumière du conduit et entre lesquels se développent parfois des fissures douloureuses.

C. C’est surtout dans l'oreille moyenne qu’on observe des accidents auriculaires au cours de la syphilis secondaire.

l p Tantôt et le plus souvent, la localisation dans cette partie de l’oreille est consécutive à des lésions syphilitiques du pharynx et du cavum,qui retentissent sur. l’oreille moyenne à la façon de lésions banales et nullement spécifiques ; la fréquence de la syphib s pharyngienne explique celle de ces : accidents. Us consistent en; phénomènes d’obstruction tubaire ou

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d’otite moyenne catarrhale, plus rarement en une otite moyenne suppurée pouvant passer à l’état chronique.

2° Tantôt, la localisation sur l’oreille moyenne est primitive et indépendante de toute manifestation pharyngée. Elle est représentée suivant les cas par :

a. Le développement sur la membrane du tympan de papules isolées ou accompagnées de lésions analogues sur la peau du conduit.

b. Une otite moyenne suppurée subaiguë ou chronique, à caractères banaux, sauf les suivants : a, résistance au traitement méthodique habituel ; influence favorable du traitement spécifique ; S. diminution fréquente dé la perception osseuse tantôt légère, tantôt notable, mais indice non douteux d’une participation précoce de l’oreille interne; T- lésions d’ostéite commune, localisées de préférence sur le mur de la logette ou le massif du facial. L’otite moyenne suppurée d’origine syphilitique est plus fréquente qu’on ne le croit (Gellé).

c. Une otite moyenne sèche (Gruber) frappant simultanément ou successivement les deux oreilles, peu influencée par le traitement spécifique et paraissant être un accident para-syphilitique plutôt que syphilitique à proprement parler.

D. Des accidents labyrinthiques peuvent survenir pendant toute la période secondaire de la syphilis, mais principalement à la fin de cette période ou au commencement de la période, tertiaire : exceptionnellement dès les premières semaines de l’infection (quelques jours après le chancre dans deux cas de Charazac et de Politzer).

Nous les étudierons avec les lésions tertiaires.

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Traitement. — Il doit être à la fois général et local.

1° Traitement général. — C’est celui de la syphilis secondaire : il consiste dans l'administration des mercuriaux.

Tant qu’il ne s’agit que d accidents cutanés ou muqueux, l’administration par les voies digestives, sous forme de pilules de proto-iodure d’hydrargyre ou de liqueur de Van Swieten, suffit au peu d’intensité des lésions; mais nous verrons qu’il en est autrement en cas de manifestations labyrinthiques.

2° Traitement local. — Il s'adresse à la cause des troubles auriculaires ou aux lésions de l’oreille ellesmêmes. . .

A. S’il existe des lésions syphilitiques du nez ou du

cavum (énanthèmes, érosions, plaques muqueuses, etc.), il faut les traiter par l’introduction de pommades boriquées ou borico-men tholées .dans: les fosses nasales, par des attouchements au nitrate d’argent en solution à T/40 ou de chlorure de zinc à \ /oO, par des badigeonnages du naso-pharvnx à la •glycérine iodée à T/10. .

Dans les cas où l’amygdale pharyngée-tuméfiée (hyperplasie spécifique) est le siège de plaques muqueuses récidivantes sur lesquelles le .traitement général reste sans effet, il peut être indiqué de l’enlever, si elle devient la cause de troubles auriculaires.

B. En ce qui concerne les lésions auriculaires jnèmes, le traitement local n’a à intervenir que dans la syphilis de l’oreille externe et de l’oreille moyenne.

a. Les syphiiides érosives du coudait exigent avant

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-tout des soins de propreté minutieux : c’est souvent la malpropreté de l’oreille qui en a favorisé le développement. Nettoyez donc le conduit avec des tampons de coton trempés dans de la liqueur de Yan Swieten ; puis recouvrez les points érodés de poudre de calomel ou d’une couche de pommade au précipité blanc à 1/10.

Les condylomes diminuent rapidement de volume sous l’influence d'attouchements au nitrate d’argent en substance ; s’ils sont ulcérés et donnent lieu à une : sécrétion fétide, insufflez une petite quantité d’iodoforme finement pulvérisé à leur surface.

b. L’otite moyenne suppurée doit être traitée localement par les procédés qui conviennent à une otite banale : : les solutions aqueuses ou alcooliques de sublimé semblent cepëndant particulièrement indiquées pour faire les lavages. S’il se développe des lésions d’ostéite envahissante, le: curéttage trouve son indication ; s’il se forme un séquestre, il faudra l’extraire au plus tôt : c’est une condition indispensable pour que le traitement général agisse sur la lésion locale et par conséquent pour que la guérison soit possible.

c. Selon certains auteurs, l’otite sèche syphilitique serait parfois: heureusement modifiée par des instillations d’iodure de potassium en solution à 1/20 dans la caisse.

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