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H. — MAL. DE L’OREILLE

SYPHILIS DE L’OREILLE

Pour ménager l’estomac de votre malade, qui devra prendre de fortes doses d’iodure, administrez le mercure et l’iodure séparément. L’iodure se donne par les voies digestives à la dose quotidienne de 3 grammes d’abord, puis de 4, 5, 6 grammes et plus, selon la tolérance du malade. Le mercure-est administré par la voie sous-cutanée. Aux frictions, procédé malpropre et infidèle, on préfère généralement aujourd’hui les piqûres.

Mieux vaut s’adresser aux préparations insolubles d’hydrargyre qui ne nécessitent qu’une injection hebdomadaire, qu’aux sels solubles qui astreignent à l’ennui d’une injection quotidienne. Une fois par semaine, injectez en pleines masses musculaires rétro-sous-trochantériennes, une dose d huile grise {40 p. 100 Hg) calculée suivant l’âge et le poids du malade (10 divisions de la seringue de Barthélémy pour un homme adulte ; 7 divisions pour une femme adulte). Huit injections, hebdomadaires suffisent au traitement.

Dans les cas très graves, mieux vaut s’adresser au calomel : il est plus actif que l’huile grise, mais l’injection est plus douloureuse et expose davantage aux abcès ou à l’hydrargyrisme. Injecter tous les huit jours un depi-centimètre cube du mélange suivant :

Caîolfïel à l#vàpeur. 1 gr'.

Huile de vaselimj^sterilisée. . 10 oentim. cubes. -

ce qui représente/IT" eênti grammes de calomel par injection.

On prendra les soins d’hygiène buccale, habituels pour prévenir la stomatite, afin de ne pas avoir à . interrompr^e traitement.

Pendant laxiure, le malade sera soustrait à toutes

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les causes d’irritation de l’acoustique ; à cet effet, on l’isolera dans un endroit silencieux et au besoin on appliquera un pansement ouaté sur les oreilles et sur le crâne, afin d’amortir l’intensité des ondes sonores qui viendraient les frapper.

Si l’on échoue, on s’adressera à la pilocarpine administrée selon la méthode de Politzer (voy. t. II, p. 269). Quelques auteurs conseillent de ne pas attendre le résultat du traitement antisyphilitique et d’instituer d’emblée simultanément la médication spécifique et le traitement par la pilocarpine. Ils ont raison.

C’est qu’en effet, contrairement à la syphilis de la plupart des autres organes, celle du labyrinthe est peu accessible à l’action du traitement spécifique : dans la majorité des cas, celui-ci échoue et l’on voit la surdité continuer à augmenter pendant et malgré l’administration de ce traitement; ou bien, si le mercure donne une amélioration, celle-ci n’est souvent pas durable.

Ce fréquent défaut d’action semble dû à ce que, dans les labyrinthites syphilitiques, la phase d’infiltration des lésions est suivie immédiatement d’une phase de dégénération et d’organisation aboutissant très rapidement à des néoformations conjonctives ou fibreuses, à l’infiltration calcaire ou même, d’après certaines autopsies, à l’ossification des tissus du labyrinthe.

Cependant, il existe des cas indéniables où le traitement a donné de brillants résultats ; ce sont surtout ceux où le labyrinthe s’est pris à une époque encore rapprochée du début de la syphilis. D’autres fois, le succès n’est que partiel les malades gardent leur surdité, mais ils guérissent de leurs

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vertiges, de leurs bruits subjectifs, de la paralysie faciale qui accompagne parfois les phénomènes labyrinthiques. Bien que relativement peu fréquents, ces résultats sont assez encourageants pour qu’on ne trouve pas de contre-indication à l’administration du traitement antisyphilitique, soit dans l’intensité de la surdité qui, légère ou grave, présente les mêmes chances d’être modifiée, soit dans l’ancienneté du cas ; car, la médication spécifique étant la seule chance de salut, on n’a. pas le droit d’en refuser le bénéfice éventuel au malade..

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