‹ Thérapeutique des maladies de l'oreille. Tome secondChapitre 46 sur 52 · II. — MAL. DE L’OREILLE · texte numérisé non relu

II. — MAL. DE L’OREILLE

aso

SURDI-MUTITÉ

auditive par la voix et par les instruments de musique échouent : l’enfant est absolument et irrémédiablement sourd.

Dans ces conditions, les résultats qu’on peut attendre de l’éducation familiale sont beaucoup moins favorables ; ils sont cependant loin d’être nuis.

Naturellement il n'y a pas à s'occuper de laudition : mais il faut préparer l’enfant à recevoir l’enseignement qui lui sera donné quelques années plus tard dans une institution spéciale, en cherchant à développer dans la mesure du possible ses facultés physiques et intellectuelles.

Au lieu de le délaisser, comme on a tendance à le faire, surtout à la campagne, dans la pensée qu’on ne peut lui être utile en rien, il faut l’élever comme ses frères et sœurs, et encore avec plus de soin. Sous aucun prétexte il ne doit rester désœuvré : il aidera aux soins du ménage, à l’entretien du jardin; on profitera de toutes les occasions offertes de le faire se déplacer, de lui montrer du nouveau, de le faire entrer en contact avec des entendants de son âge et participer à leurs occupations et à leurs jeux; c’èst le meilleur moyen de combattre l’inaction et la paresse auxquelles la plupart des sourds-muets sont enclins.

On commencera son éducation morale en lui enseignant, par l’exemple, l’affection qu’on doit avoir pour ses parents, la pitié pour les malheureux, la douceur envers les animaux, le respect pour les personnes âgées et les supérieurs, la distinction entre le*bien et le mal, l’ordre, l’économie, la politesse, etc. Ces leçons de choses seront plus aisément inculquées dans son esprit à l’aide de récompenses et de punitions, intelligemment et justement distribuées.

SURDI-MUTITÉ

Il faut être avec lui à la fois bienveillant et ferme ; bienveillant, parce que la violence et les mauvais traitements sont ici plus déplacés que partout ailleurs et font naître, dans son esprit irritable et méfiant, des idées de rancune et de vengeance qui le rendent plus rebelle à l’obéissance ; ferme , lorsqu’il s’agit de réprimer un caprice ou une faute ; toute sentimentalité est déplacée, toute faiblesse est coupable.

Pour se faire comprendre de l’enfant, on sera souvent tenté d’employer le langage d'action , cette mimique qui consiste à reproduire un ou plusieurs mouvements d’un acte pour rappeler à l’esprit cet acte lui-même. Il faut être sobre de ces signes, que l’enfant n’a déjà que trop de tendance à employer spon tanément ; car, devenant bientôt trop habile dans cette façon de s’exprimer, il apprendra ensuite plus difficilement et avec moins de goût le langage phonétique. En tout cas, lorsqu’on utilise ces signes, il faut toujours y joindre la parole, car c’est une façon d’apprendre à l’enfant à lire sur les lèvres.

Page 1