C. — Traitement palliatif
11 y a des cas où, pour diverses raisons, le plus souvent morales, on ne peut enlever le cholestéatome ; comme les exacerbations se produisent surtout quand il s’hydrate ou s’infecte, le principe du traitement palliatif consiste à le sécher et à le désinfecter. Ces soins n’amènent jamais la guérison
absolue : le malade demeure exposé à de fréquentes rechutes cliniques.
Ce traitement n’est autorisé que si l'une des trois conditions suivantes existe : a) pas de complication actuelle menaçante ; b) refus du malade , prévenu du danger qu’il court, de se soumettre à la cure radicale ; c) ouverture large donnant un accès facile aux instruments et aux pansements.
On le met en œuvre par divers procédés, que l’on peut employer isolément ou conjointement.
a. Xettoyage mécanique, avec les précautions indiquées précédemment.
b. Bains d’alcool absolu. Dans les cas où l’imbibitiondu cholestéatome, à la suite d’une injection, provoque des vertiges, les bains d’alcool absolu ont une action héroïque, car ils font immédiatement cesser ces troubles.
c. Pansements sees. On les fait de préférence avec une poudre soluble, telle que celle d 'acide borique pur ou mélangé de poudre d’iodoforme dans la proportion de 1 pour 10.
Si l’acide borique n’a pas une action désinfectante suffisante, on s’adresse à Yiodoforme dont l’efficacité est à peu près certaine. Mais, comme il s’agit d’une poudre insoluble, il est quelques précautions à prendre pour son emploi : il faut 1° insuffler très peu d’iodoforme, c’est-à-dire saupoudrer le fond de la caisse et non pas remplir le conduit ; 2° projeter la poudre exactement sur les points malades ; à cet effet on se sert d’une canule de Hartmann modifiée en lance-poudre (fig. 5) ; la technique de l’insufflation est la même que celle du lavage intratym-
panique ; 3° surveiller de très près le malade, épier les moindres symptômes de rétention, s’assurer de temps en temps qu’il n’y a pas de pus sous la couche sèclte d’iodoforme ; tous les mois au moins, on nettoiera la caisse à fond, et l’on fera un nouveau pansement ; si, pour ce nettoyage, il est nécessaire de
faire une injection, oh fera suivre celle-ci d’un séchage minutieux au porte-coton ou d’une déshydratation à l’alcool absolu.
Le malade ainsi traité n’est qu’un pseudo-guéri ; il doit être surveillé toute sa vie par l’auriste, car :
a. Il aura fatalement des rechutes de suppuration, de douleurs, à l’occasion d’un coryza, d’une grippe, de l’entrée accidentelle d’eau dans le conduit, etc. ;
b. Même en l’absence de tout accident, il devra deux ou trois fois par an faire déblayer le cholestéatome qui aura tendance à pousser en doigt de gant vers le conduit auditif.