N.EVI VASCULAIRES SANGUINS
Les nœvi très peu étendus, constitués par une tache servant de centre à des dilatations vasculaires rappelant l'aspect de la tête de méduse (naevi télangiectasiques stellaires), disparaissent après une ou deux cautérisations avec une pointe fine de galvanocautère, et la cicatrice est trop peu étendue pour défigurer le sujet.
Contre lesnsevi vasculaires en nappe, d'apparence érythémateuse, on peut tenter les scarifications linéaires quadrillées et serrées qui atténuent parfois leur coloration ; mais ce traitement demande toujours un nombre considérable de séances opératoires et souvent les lésions lui résistent.
Contre les nsevi plus colorés, nettement circonscrits, ne dépassant pas les dimensions d'une pièce de 2 ou de 5 francs, on peut, chez les jeunes enfants, pratiquer la vaccination au niveau de la tumeur : la pustule vaccinale produit dans celle-ci une inflammation intense aboutissantà sa rétraction cicatricielle et, sion aeusoin démultiplier suffisamment les inoculations par piqûre superficielle ou mieux en séton, on obtient la disparition complète du naevus. Ce procédé, classique depuis Legendre, nécessite, bien entendu, l'emploi d'un vaccin pur et de minutieuses précautions aseptiques pendant l'opération et ses suites. Il a l'inconvénient de laisser des cicatrices très apparentes et doit être réservé aux nsevi des parties couvertes ou du cuir chevelu.
Les caustiques chimiques (acides forts, pâtes alcalines et autres, collodion au sublimé, etc.) doivent être proscrits à cause de leur insuflisance, des hémorrhagies possibles à la chute dcsescliares et des cicatrices vicieuses consécutives. Les injections interstitielles de liquides coagulants (perchlorure de fer, etc.) ne
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méritent aucune confiance et provoquent parfois des accidents graves.
L'ablation au bistouri, toutes les fois qu'elle est applicable sans déformation des parties et sans délabrement trop considérable, est préférable à tous les procédés moins brutaux.
Les cautérisations ignées ponctuées peuvent encore rendre des services dans les .nœvi vasculaires étendus : on aura soin de ne porter la pointe du lliermo-cautère ou du galvano-cautère qu'au rouge sombre pour éviter les hémorrhagies ; celles-ci se produisent cependant parfois abondantes malgré cette précaution, et doivent être arrêtées par des cautérisations au nitrate d'argent ou des applications de solution d'antipyrine.
La méthode qui parait à l'heure acluelle la plus généralement applicable au traitement des ntevi vasculaires estl'électrolyse. Certains auteurs, M. Brocq entre autres, conseillent d'introduire dans les najvi des aiguilles reliées au pôle négatif et de faire passer un courant de 4 à 5 milliampères jusqu'à ce que la lumeur ait pris une coloration bleu pâle. Ce procédé détruirait plus sûrement les tissus et exposerait moins aux hémorrhagies immédiates.
Nous préférons pour notre part l'introduction d'aiguilles reliées au pôle positif. Ce procédé ne lend pas à détruire les vaisseaux, mais à produire dans leur intérieur des coagulations plus denses et plus rétractiles que celles provoquées par le pôle négatif. M. Redard, qui a étudié très minutieusement (1) le traitement desnœvipar l'électrolyse. con-
(1) Voir la thèse de son élève F. Heins. Thèse de Paris. 30 mais 1892.
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seille d'introduire dans les neevi saillants (tumeurs crédites) des aiguilles longues espacées de 3 à 4 millimètres les unes des autres, en ayant soin qu'elles ne se louchent pas par la pointe, d'employer un courant de 43 à 30 milliampères et de le faire passer pendant une à deux minutes ; pour éviter la production d'esehares, le pôle négatif est relié à une électrode large en étain, garnie de peau de chamois imbibée d'eau salée; cette électrode, déforme circulaire, est appliqué au pourtour de la lésion. Lorsque le courant a passé pendant le temps indiqué, on le renverse en ramenant l'aiguille du commutateur auOet en faisant passer un courant de -4 à 5 milliampères ; cette dernière manœuvre a pour effet de diminuer l'adhérence du caillot à l'extrémité de l'aiguille et de permettre l'extraction de celle-ci sans la moindre hémorrhagie.
Pour les taches simples, M. Redard conseille de faire, au moyen de l'aiguille positive, un grand nombre de piqûres rapides, durant quelques secondes seulemenL, et réparties sur toute la surface de la laclie.
Nous adoptons pleinement ce mode opératoire, à l'exception des intensités électriques : un courant de 10 à 12 milliampères est déjà très difficilement supporté par la généralité des sujets, et nous avons presque toujours été obligé de nous contenter de j à 7 milliampères. Cette méthode de traitement a l'inconvénient d'agir lentement, de demander des séances multiples pour peu que le nsevus soit étendu el volumineux; les progrès sont surtout très peu marqués au début et ne s'accusent qu'après plusieurs interventions; mais on voit alors la tumeur se réduire, la coloration diminuer el cela sans le moindre
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accident, pourvu qu'on observe les précautions aseptiques d'usage : nettoyage de la peau, aseptisation des aiguilles. Elle seule permet de venir à bout de tumeurs étendues et surtout de tumeurs volumi ueuses, saillantes, à prolongements sous-cutanés. Lorsque la tumeur, très volumineuse, est inopérable au début, l'électrolyse permet souvent de réduire ses dimensions et de préparer une intervention au bistouri qui peut alors se faire avec un minimum de délabrement.
X":«x vï vasculaires lymphatiques.
Exposé clinique. — Une des nombreuses lésions décrites — souvent à tort — sous le nom de lymphangiome, celle à laquelle on donne le nom de lymphangiome circonscrit (M. Morris), semble être une affection d'origine congénitale, par conséquent un naevus.
Cette maladie, très rare, est caractérisée par la présence de petites vésicules incolores ou rosées, disposées en groupes irréguliers, laissant écouler à la piqûre un liquide qui offre tous les caractères de la lympbe ; ces vésicules reposent sur une base infiltrée à contours diffus formée de vaisseaux lymphatiques anastomosés.
Le traitement consiste dans la destruction par le galvano-cautère, ou mieux dans l'emploi de l'électrolyse.
rVsevï pigmeiitaires.
Exposé clinique. - Les nœvi pigmentaires (taches de café, grains de beauté, etc.) sont constitués par
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des taches de coloration variant du jaune paille au brun noirâtre ou au noir bleuâtre, de dimensions et de formes très variées, toujours multiples chez un même sujet. Elles peuvent être de niveau avec la peau adjacente, ou plus ou moins saillantes et irrégulières de surface ; elles sont souvent recouvertes de poils plus ou moins nombreux, parfois durs eL très longs, de coloration variable.
Les nsevi pigmentaires ne constituent pas seulement une difformité souvent disgracieuse; ils peuvent, sous l'influence d'irritations répétées, devenir le point de départ de tumeurs mélaniques dont on connaît l'extrême gravité.
Traitement. — Ces deux raisons peuvent obliger à intervenir pour les faire disparaître.
L'extirpation par le bistouri est le procédé de choix lorsqu'elle est possible sans délabrement trop considérable ; à la face, elle peut nécessiter une onéralion plastique secondaire quand le naevus est étendu. Elle est indiquée surtout pour les nœvi pigmentaires exposés par leur siège à des contusions fréquentes et pour ceux dont la coloration très foncée «IniL particulièrement faire redouter la transformalion en tumeurs mélaniques.
La destruction par les caustiques est très souvent insuffisante et dangereuse, en raison de l'irritation qu'elle provoque dans une lésion qui, chez les sujets d'un certain âge, est un noli me tangere; de plus elle expose à des cicatrices vicieuses.
La destruction par le feu est de beaucoup préférable, parce qu'elle a plus de chance d'être radicale. Elle s'applique aux naivide petites dimensions. Dans 1rs luevi étendus et simplement maculeux, la cautérisation ignée superficielle peut, à la condition d'être