HERPÈS
de Provins, de feuilles de ronce ou de noyer, etc.) suivis d'une application de poudre inerte ou antiseptique (talc additionné de 1/10 de salicylate de bismuth, dermatol, diiodoforme, sous-nitrate de bismuth) en ayant soin d'interposer un linge fin entre le prépuce et le gland, suffisent à obtenir la réparation rapide des lésions ; on devra surtout s'abstenir de toute application irritante qui, les déformant et indurant leur base, risquerait d'augmenter leur durée ou de les faire confondre ultérieurement avec un chancre simple ou syphilitique.
Les soins extrêmes de propreté, les lavages biquotidiens avec des décoctions astringentes ou avec des solutions de sulfate de cuivre ou de zinc à 1 pour 200, les applications continues des poudres précédentes permettront parfois, en augmentant la résistance du tégument, d'éloigner les récidives de cette désespérante localisation de l'herpès.
Le traitement thermal d'Uriage, de Luchon, de Royat devra être conseillé aux malades qui sonl tourmentés par elle et en empêchera souvent le retour.
Dans les diverses formes d'herpès récidivant, l'usage des médicaments nervins, en particulier des préparations de valériane et cle belladone, l'hydrothérapie, les applications de pointes de feu sur le rachis, pourront être utilisés pour combattre à la fois les névralgies qui accompagnent les poussées d'herpès et la tendance au retour de la lésion.
L'herpès vulvaire sera traité localement par les irrigations répétées de solutions antiseptiques faibles, les bains de siège émollients ou mieux astringents, les applications de vaseline boriquée et de poudres inertes, l'interposition entre les lèvres de
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linges fins ou de tampons d'ouate hydrophile saupoudrés des mêmes poudres.
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Expose clinique et étiologique. — Le ZOna, OU
herpès zoster, est caractérisé par le développement de groupes analogues à ceux de l'herpès, d'étendue et de nombre variables, disposés sur le territoire de distribution cutanée d'un ou de plusieurs nerfs voisins et s'accompagnant souvent de douleurs névralgiques plus ou moins intenses sur le trajet des mêmes nerfs.
Ces groupes herpétiques se développent, par poussées successives, dans l'espace de quelques jours; les vésicules qui les constituent se dessèchent ou plus souvent se rompent, et leur rupture est suivie de la formation de croûtes. Contrairement à ce qui se passe dans l'herpès vulgaire, un certain nombre d'entre elles laissent après leur chute des cicatrices persistantes au niveau desquelles la sensibilité est ordinairement abolie.
Des complications locales peuvent survenir à la suite du zona : pusLules d'ecthyma et gangrènes parfois étendues, dues à l'état général du malade (diabète, albuminurie) ou résultant de la gravité des lésions nerveuses qui produisent le zona.
Le zona peut évoluer sans causer d'autres douleurs qu'une sensation locale de brûlure au niveau des groupes herpétiques; souvent il s'accompagne de douleurs névralgiques, précédant l'apparition de l'éruption ou coïncidant avec elle, parfois persistant après sa guérison, d'autant plus intenses et rebelles
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que le sujet est plus avancé en âge et de tempérament plus nerveux. Plus rarement, il est suivi de paralysies et d'atrophies musculaires siégeant au voisinage ou à distance de la région occupée par l'éruption.
Le siège de prédilection du zona est la région thoracique (zona intercostal), et la portion inférieure du tronc (zona lombo-abdominal). Plus rarement il occupe le membre supérieur, où il n'est souvent que l'extension d'un zona intercostal par suite des anastomoses des premiers nerfs intercostaux avec les nerfs du plexus brachial, plus rarement encore les membres inférieurs, où il peut siéger sur le territoire de distribution du nerf sciatique ou du nerf crural. On peut également l'observer au cou et à la face ; il se localise plus fréquemment sur la branche supérieure du trijumeau (zona ophthalmique) que sur les deux branches inférieures et y présente une gravité particulière en raison des lésions oculaires dont il est souvent alors l'origine, lésions qui sont surtout à redouter lorsque les groupes de vésicules se développent sur la racine du nez et lorsque la cornée est insensible.
Le zona s'observe plus fréquemment au printemps et à l'automne que dans les autres saisons de l'année, et parfois sa fréquence semble constituer de petites épidémies.
Le tempérament nerveux paraît y prédisposer.
Parfois on le voit se développer dans le cours ou dans la convalescence de maladies infectieuses diverses, peut-être dans l'intoxication arsenicale. D'autres fois il survient sans cause appréciable.
L'existence de phénomènes généraux dans quelques cas, l'absence de récidive le rapprochent des
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maladies infectieuses. Sauf les cas où il apparaît dans le cours de lésions du système nerveux (tabès, mal de Pott, myélites, etc.), et où il mente plutôt le nom de zostériforme que celui de zoster, le zona paraît la traduction sur la peau d'une infection encore indéterminée (fièvre zoster de M. Landouzy).
La cause primitive du zona agit par l'intermédiaire d'une lésion portant sur les ganglions nerveux ou sur les nerfs périphériques, lésion dont la clinique avait démontré l'existence avant que l'anatomie pathologique ne l'ait constatée et dont la realité ne fait plus doute actuellement.
Traitement. — Les médications- internes les plus diverses ont été essayées pour arrêter la marche d'une éruption de zona et n'ont eu aucun effet sur les lésions cutanées.
Les phénomènes généraux qui accompagnent parfois le début de celte affection doivent être traités par la quinine à hautes doses, à laquelle on associera les purgatifs.
L'indication principale du traitement interne est fournie par les douleurs névralgiques qui accompagnent ou suivent l'éruption.
Ces douleurs peuvent être combattues par les divers agents de la thérapeutique antinévralgique : sulfate de quinine, antipyrine, opiacés, aconitine, valériane, etc. Ces substances réussissent assez bien contre les douleurs initiales; elles sont beaucoup moins efficaces contre les névralgies qui succèdent au zona et qui chez certains sujets sont d'une ténacité désespérante.
Les médicaments qui nous ont paru relativement les moins infidèles sont le sulfate de quinine (60 à 80 centigrammes), l' aconitine (1/2 à 3/4 de milli-
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gramme) el la einture de gelsemium(20 à 25 gouttes Par jour), qui nous a parfois réussi dans des cas où tous les autres médicaments avaient échoué. Les injections de morphine peuvent servir à calmer les douleurs initiales du zona; dans les névralgies consécutives, on ne doit les pratiquer qu'avec beaucoup de réserve, leur longue persistance risquant de conduire les malades à l'abus du médicament et à la morphinomanie.
Lorsque la névralgie est assez violente pour empêcher le sommeil, le chloral et le sulfonal peuvent être employés.
L'anémie, qui vient souvent s'ajouter à ces complications et les aggraver, sera combattue par les moyens appropriés.
Les applications de chlorure de méthyle, seulement après la cicatrisation complète des lésions cutanées, les applications de pointes de feu, l'électrisation, etc., peuvent encore être employées contre ces névralgies.
Les traitements thermaux par les eaux de Plombières, de Bourbonne, d'Aix, de Néris, amèneront dans des cas rebelles une guérison que les moyens précédents étaient incapables de procurer.
Les atrophies et les paralysies consécutives au zona sont justiciables des moyens ordinaires de traitement de ces affections, en particulier de l'électrisation.
Les lésions du système nerveux au cours desquelles survient le zona, qui en est quelquefois le symptôme initial et révélateur, seront, bien entendu, traitées suivant les indications qu'elles comportent.
Le traitement local du zona, dans les cas simples, se réduit aux applications de poudres inertes (ami-
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don, talc, oxyde de zinc), addilionnées d'acide borique ou d'acide salicylique, etc., recouvertes d'une couche d'ouate aseptique, et renouvelées une ou deux fois par jour. Ce pansement protège la région contre les chocs extérieurs, garantit les vésicules contre les contaminations et permet aux ulcérations de se réparer sous les croûtes avec le minimum de douleur et de cicatrices consécutives.
L'ouverture des vésicules avec une aiguille nous semble inutile; elle peut être dangereuse si elle n'est pas faite dans des conditions absolues d'asepsie. La dessiccation spontanée sous pansement nous paraît de beaucoup préférable.
Les pansements humides et en particulier les cataplasmes doivent être absolument proscrits : ils déterminent la rupture précoce des vésicules, empêchent la formation d'une croûte protectrice et sont suivis d'ulcérations rebelles et douloureuses.
Les badigeonnages au collodion, les applications de solutions alcooliques fortes suivant le procédé de M. Leloir, ne pourraient être essayés que tout à fait au début des plaques de zona, avant la formation des vésicules; plus tard, ils déterminent des ulcérations et doivent être proscrits. Il en est de même des badigeonnages avec une solution de perchlorure de fer, avec le crayon de nitrate d'argent, et d'une foule d'autres traitements proposés par divers auteurs.
Lorsque les vésicules sont rompues et ont donné lieu à des ulcérations, sous l'influence d'applications intempestives, le pansement doit consister en applications de substances grasses, de préférence le liniment oléo-calcaire frais et borique ou phéniqué à 1 0/0 et la vaseline boriquée, renouvelés une ou deux fois par jour, jusqu'à ce que la suppuration et
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l'inflammation aient disparu ; à ce moment, on pourra se contenter d'appliquer une rondelle d'emplâtre adhésif borique ou d'emplâtre rouge de Vidal.
Dans les cas rares où le zona s'accompagne de gangrène du tégument, le pansement des lésions sera fait au moyen des poudres antiseptiques et absorbantes : charbon, quinquina, etc., additionnés d'iodoforme ou de salol, etc.
Les complications oculaires du zona ophthalmique nécessitent une surveillance toute spéciale pour être découvertes dès leur apparition. Leur traitement est du ressort de l'ophthalmologie, et nous ne pouvons que signaler ici son impérieuse et immédiate nécessité, renvoyant, pour ses indications et ses détails, aux traités des maladies des yeux.