‹ Thérapeutique des maladies de la peauChapitre 76 sur 201 · ASPHYXIE LOCABB DES EXTRÉMITÉS · texte numérisé non relu

ASPHYXIE LOCABB DES EXTRÉMITÉS

sous forme d'accès ou persistant pendant des mois, plus accusée en hiver qu'en été, accompagnée souvent de gonflement des parties atteintes. L'affection peut en rester à ce degré, ou aboutir à des lésions plus profondes: phlyctènes se desséchant ou se transformant en ulcérations de longue durée, eschares gangréneuses occupant l'extrémité d'un ou de plusieurs doigts, dont la chute laisse des cicatrices déprimées avec amincissement des doigts, ou même atteignant tout un doigt.

Les lésions qui occupent surtout les mains, souvent de façon symétrique, peuvent également se développer aux pieds, aux oreilles, au nez.

Cette affection se montre de préférence sous ses formes bénignes, non gangréneuses, chez les jeunes sujets lymphatiques, qu'elle prédispose singulièrement aux engelures et chez lesquels elle laisse souvent une hypertrophie des doigts ; elle est exaspérée par le froid extérieur.

Ses formes graves se rencontrent plutôt chez les adultes et les vieillards.

Son développement est favorisé par l'impaludisme, l'arthritisme, les lésions rénales.

Elle reconnaît pour cause des troubles vaso-moteurs d'origine nerveuse : spasme artériel, dilatation veineuse consécutive, dont les effets sont surtout à redouter lorsque les artères sont déjà altérées.

Elle peut être le prélude de la sclérodactylie, ou se montrer au cours de névrites périphériques, dans la lèpre par exemple, ou de lésions du système nerveux central, particulièrement dans la syringomyélie.

Traitement. — Le traitement général joue un grand rôle dans cette affection. Cbez les sujets lymphatiques on aura recours à l'huile de l'oie de morue

ÉRYTHROMÉLALGIE

à haute dose, aux préparations iodurées, au sirop antiscorbutique, ou aux préparations arsenicales et phosphatées, en même temps qu'on prescrira une nourriture abondante et choisie. Chez les sujets nerveux, on s'adressera aux médicaments vaso-moteurs et nervins : quinine, belladone, valériane. Dans les cas d'artériosclérose, on y ajoutera l'usage des iodures.

L'exercice régulier, l'aération, lesinhalationsd'oxygène (Besnier) doivent être prescrits dans tous les cas ; les bains sulfureux peuvent également être utiles.

Raynaud vantait l'emploi de l'électricité, sous la forme de courants continus, le pôlepositif àla région dorsale vers la cinquième vertèbre cervicale, le pôle négatif sur la région malade ou mieux sur le sacrum.

Localement, outre les précautions nécessaires pour protéger la partie malade contre les influences atmosphériques (emploi de poudres absorbantes après la toilette, enveloppements avec des tissus non irri tants), on n'a guère qu'à employer les frictions excitantes, avec des liquides alcoolisés, tels que l'eau de Cologne, ou l'alcool camphré étendu d'eau et lorsqu'il y a des douleurs, les onctions avec des liniments opiacés et belladonés.

Eryttaromélslgie.

Exposé clinique et étiologique. — On décrit, depuis W. Mitchell, sous le nom d'érythromélalgie ou de paralysie vaso-motrice des extrémités, une affection caractérisée par des accès douloureux de congestion vasculaire avec rougeur et tuméfaction de la

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