‹ Thérapeutique des maladies de système nerveuxChapitre 45 sur 114 · XI - u · texte numérisé non relu

XI - u

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en réglementant l'emploi de ce moyen ; il a fondé l'«électrisalion localisée», c'est-à-dire l'art d'explorer parle courant faradique l'état de chaque muscle et de chaque nerf.

Un exemple montrera l'importance de ce mode d'examen. Il y avail à l'Hôpital-Général un malade qui paraissait avoir un état bizarre de la motilité : il n'y avait pas de mouvement qui lui fût positivement impossible ; seulement il se fatiguait toujours beaucoup pour mouvoir ses membres; il ne le faisait qu'avec une extrême lenteur et en s'y prenant à plusieurs fois. En examinant, muscle par muscle, la contraclilité laradique chez cet homme, nous avons vu très nettement l'origine de cet état: un certain nombre de muscles déterminés ne fonctionnaient plus ou ne fonctionnaient qu'incomplètement. Gomme ces muscles étaient épars, les mouvements étaient possibles, mais ils ne l'étaient que par des suppléances ; le malade était obligé d'employer des biais, des subterfuges, pour exécuter les mouvements commandés. De là, cette lenteur et cette fatigue qui étaient inexplicables avant la faradisalion localisée.

Les effets du courant électrique sur les muscles et les nerfs sont toujours fortement diminués et atténués en clinique, parce que l'action ne s'exerce qu'à travers la peau, qui oppose de la résistance, môme quand elle est mouillée. Aussi, un certain temps après la section d'un nerf, l'électrisation à travers la peau ne donne plus aucun résultat, et Vulpian a montré qu'à ce moment le muscle et le nerf mis à nu étaient encore excitables. Cela prouve que les résultats obtenus en clinique ne représentent pas d'une manière absolue la vérité, mais cela ne les empêche pas d'être comparables entre eux, et par suite d'avoir une valeur séméiologique.

On peut explorer les muscles et les nerfs. Pour cela, on place les deux pôles sur la partie à étudier, ou bien un pôle sur le nerf, l'autre sur le muscle ; ou encore un sur la colonne vertébrale, l'autre sur le nerf, etc.

Pour faciliter cette exploration méthodique des nerfs par l'électricité, nous reproduisons le tableau ci-devant, emprunté à la Thèse d'Estorc, qui résume fort bien les points d'élection pour appliquer les pôles et l'effet de l'application électrique sur chacun de ces points. Ce tableau est complété par nos figures 89 et 91 à 96, que l'on trouvera plus loin.

Pour apprécier séparément le rôle de chacun des pôles, les Allemands procèdent de la manière suivante : Ils mettent un pôle sur le muscle ou le nerf à examiner, et l'autre pôle n'importe où sur le corps, au niveau du sternum par exemple ; le pôle placé sur l'organe à étudier est le pôle actif ou différent ; l'autre est le pôle indifférent. On prend successivement le pôle positif et le pôle négatif comme pôle différent, et on détermine ainsi l'action isolée de chacun d'eux sur le muscle et sur le nerf. C'est la méthode polaire.

Pour avoir des points de comparaison et apprécier les variations dans

l'excitabilité, on part du principe (qui est démontré) que les nerfs symétriques des deux côtés, ou bien que des nerfs différents mais placés à la môme profondeur sous la peau, réagissent en général de la morne manière sous l'influence du môme courant.

L'action des courants continus, à l'état physiologique, est assez compliquée. Erb l'a étudiée par la méthode polaire, que nous indiquions tout à l'heure. A l'état physiologique, il est indifférent d'agir sur le nerf ou sur le muscle. Les effets varient suivant l'intensité du courant employé et suivant la nature du pôle appliqué sur l'organe (négatif ou positifi ; enfin, il faut examiner séparément ce qui arrive au moment de la fermeture et au moment de l'ouverture du courant. On voit déjà qu'il y a plusieurs cas.

Voici ce qui se passerait dans ces diverses conditions :

1. Avec un courant faible, le pôle négatif donne une forte secousse au moment de la fermeture, tandis que le pôle positif ne donne rien.

2. Avec un courant moyen, le pôle négatif développe une forte secousse à la fermeture et rien à l'ouverture ; le pôle positif, une secousse faible à l'ouverture et à la fermeture.

3. Avec un courant fort, le pôle négatif développe une secousse tétanique à la fermeture et une faible secousse à l'ouverture ; le pôle positif, une vive secousse à l'ouverture et à la fermeture.

Pour abréger le discours, les Allemands représentent chacune de ces lois par une formule qui peut être facilement imitée en français. On appelle le pôle positif Anode, et par abréviation An; le pôle négatif Kathode, et par abréviation Ka. Nous désignerons par F la fermeture du courant et par 0 l'ouverture du courant ; enfin S voudra dire secousse et Te contraction tétanique.

Cela posé, si nous voulons exprimer qu'avec le courant faible le pôle négatif donne une secousse au moment de la fermeture du courant, nous écrirons KaFS. Les trois principes que nous avons énoncés plus haut se résumeront alors de la manière suivante :

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