‹ Thérapeutique des maladies de système nerveuxChapitre 62 sur 114 · CONVULSIONS DES MUS'JLES RESPIRATOIRES · texte numérisé non relu

CONVULSIONS DES MUS'JLES RESPIRATOIRES

surtout transversalement; l'épigastre et les hypochondres se soulèvent; la sulïocation est extrême. Le malade respire le plus possible par le haut de la poitrine, la tête renversée en arrière, les épaules élevées ; tous les muscles extraordinaires de la respiration entrent enjeu. Puis ces mouvements de respiration s'affaiblissent, se ralentissent, et l'asphyxie se développe. Si la contracture se prolonge, la mort est inévitable. — La contracture de la moitié du diaphragme gêne fortement la respiration, mais n'amène pas l'asphyxie.

Les causes le plus souvent notées sont: le refroidissement, le rhumatisme, la tétanie, etc.

Il faut employer un traitement énergique et immédiat : inhalations de chloroforme, morphine, et surtout applications électriques galvaniques, ou mieux faradiques (?).

La convulsion clonique du diaphragme constitue le hoquet , dont l'étude appartient plutôt à la séméiologie pure. Larcher le définit : une tension subite du diaphragme, immédiatement suivie d'une bruyante éructation, d'une respiration incomplète et d'un mouvement naturel d'expiration. Erb y voit des contractions brusques, énergiques et courtes du diaphragme, accompagnées d'un bruit inspirateur qui est coupé tout à fait subitement par la fermeture de la glotte.

Il y a, du reste, des variétés symptomatiques très grandes. Les secousses sont plus ou moins vives et généralisées, plus ou moins rapprochées ; elles durent plus ou moins longtemps et s'accompagnent d'un bruit d'une intensité variable.

Gomme étiologie et valeur pronostique, on trouve aussi, entre les divers hoquets, des différences énormes. D'un côté, c'est un état physiologique très fréquent chez les enfants, qui chez l'adulte accompagne quelques digestions difficiles ou peut même se produire sans cause connue ; quelquefois il naît par imitation, et certaines personnes peuvent l'avoir à volonté. D'un autre côté, c'est un signe d'agonie dans beaucoup de cas. Entre ces deux extrêmes, on trouve le hoquet comme symptôme de bon nombre de maladies diverses du diaphragme et de son voisinage ( péritonite , péricardite , pleurésie diaphragmatique , tumeurs du médiastin ; affection du foie, de l'intestin, de l'utérus, des voies urinaires, hystérie).

Nous croyons inutile d'insister ici sur la valeur clinique et le traitement1 de ce symptôme.

1 Regoni a fait disparaître un hoquet tenace (survenu à la suite d'une indigestion) par des pulvérisations d'éther au creux épigastriquc et sur chaque côté du cou (London med. Record, juin 1879. — Comjiend. Therap. de Bouchut, 1880, pag. 184).

Gibson (Edinb. med. Journ., 1887) le combat par l'éternuement obtenu en excitant la muqueuse par des titillations.

Dresch (Progrès médical et Gazette médicale de Paris, 1888) conseille de

A côté de ces formes classiques et bien connues des convulsions des muscles de la respiration, Erb en décrit quelques autres.

Le spasme inspirateur est une convulsion spasmodique et plus ou moins fréquente, non seulement du diaphragme, mais de tous les muscles inspirateurs, même extraordinaires'. Il en décrit des observations. L'expiration est ensuite naturelle.

Chez les hystériques, on observe aussi une forme de spasme caractérisée par des respirations courtes et fréquentes [lachypnée], comme celles d'un chien haletant.

h'éternument est une forte inspiration accompagnée d'une sensation particulière dans le nez, suivie d'une violente expiration explosive, pendant laquelle l'air s'échappe surtout par la bouche. Il peut se produire très souvent, des centaines et des milliers de fois de suite, dans quelques cas particuliers, physiologiques ou pathologiques (hystérie par exemple)2.

Dans le bâillement, il y a une série plus ou moins grande du mouvement suivant : inspiration profonde, lente, bruyante, avec bouche ouverte et contraction particulière des muscles de la cavité buccale et de la gorge, suivie d'une expiration assez sonore et traînante.

La toux est une expiration brusque, convulsive, avec relâchement du diaphragme et fermeture de la glotte.

Les rires, les sanglots, sont aussi des spasmes expirateurs.

Les détails que comporteraient ces questions appartiennent à la physiologie et à la séméiologie, et ne sont nullement du ressort de la pathologie médicale.

Appendice. — Maladie des tics.

Il est une névrose curieuse, de description récente, synthétisant un certain nombre des notions que nous avons exposées dans ce Chapitre, et dont Gilles de la ïourette, sous l'inspiration de Charcot, a donné le premier, en i885, une étude complète dans un mémoire intitulé : Affection nerveuse caractérisée par de l'incoordination motrice accompagnée

fcrmci" avec les doigts les deux conduits auditifs et de boire en même temps, à petites gorgées, quelques cuillerées de liquide que présente une personne de l'entourage; le hoquet cesse instantanément.

On a également recommandé les grands efforts avec occlusion de la glotte, les irrigations d'eau froide dans le pharynx, les révulsifs cutanés, l'électrisation du phrénique ; à l'intérieur, le bromure, la belladone, l'opium, le haschisch et l'atropine (Stiller, Le Nobel ; Centr. f. kl. Med., 1892) ; les injections calmantes, etc.

Voy. enfin Liégeois ; Le traitement du hoquet, in Revue générale de clinique et de thérapeutique, 1892, n° 38, pag. 594.

' Voy. sur le spasme inspirateur des muscles autres que le diaphragme:

De Renzi; Riv. clin, e terap., avril 1880 (anal, in Revue des Sciences médicales, XXVII, pag. 526) ;

Schapiro ; Zeits f. kl. Med., 1886 (Ibid.).

2 Wertheimeu et Surmont ; Société de Biologie, 21 janvier 188S.

d'écholalie et de coprolalie '. — La même année, Letulle lui consacrait un Chapitre dans le Dictionnaire de Médecine et de Chirurgie pratiques2 ; les années suivantes, la « maladie des tics » ou « maladie de Gilles de la Tourette » faisait l'objet de plusieurs remarquables articles de G. Guinon, auxquels nous emprunterons une bonne partie des éléments de cette étude3.

Symptômes. — La maladie des tics est caractérisée par quatre phénomènes principaux, qui peuvent se présenter à l'état d'isolement ou associés entre eux, et que l'on peut grouper hiérarchiquement de la façon suivante :

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