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Etat mental particulier (tics psychiques

î. Mouvements anormaux. — Le tic convulsif est défini par G. Guinon « un mouvement convulsif, habituel et conscient, résultant de la contraction involontaire d'un ou de plusieurs muscles du corps, et repro-

1 Gilles de la Tourette ; Archives de Neurologie, i885, n"1 26 et 27.

2 Letulle ; Art. Tic, in Nouveau Dictionnaire de Médecine et de Chirurgie pratiques, i885.

J G. Guinon; Revue de Médecine, 1886, I, 1887, pag. 5oo; — Gazette des Hôpitaux, 1887, pag. 949; — art. Tic convulsif, m Dictionnaire encyclopédique.

Depuis ce dernier article de Guinon, de nombreux travaux ont paru, parmi lesquels nous citerons :

Charcot; Leçons du Mardi, 1887-88 ; — Annales médico-chirurgicales, janvier 1889.— Un travail de ce Maître avait déjà paru, antérieurement à i'article du Dictionnaire, dans la Semaine médicale (1886, n° 37) ;

Dana; New-York med. Rec, 1887 ;

De Ranse ; Union médicale, 1888 ;

Oppenheim, Bernhardt; Berl. kl. Woch., 24juin 1889, pag. 575;

Descroizilles ; Reoue mensuelle des maladies de l'enfance, 1890, tom. VIII ;

GATiiON ; Thèse de Paris, mars 1890 ;

Bergonzini ; Rasseyna di Se. med., janvier 1891 ;

Stembo; Berl. kl. Woch., i3 juillet 1891 ;

Janowicz ; Thèse de Paris, 1891 (tics chez les enfants);

Hammond ; New-York med. Rec, 27 février 1892, pag. 236 ;

Brunon; Normandie médicale, 1 avril 1892 ;

André ; Les nouoelles maladies nerveuses, Traité, 1892 ;

Chabbert ; Archives de Neurologie, janvier 1893, n° 73 ;

Sciammana ; R. acad. med. di Roma, 1893 (anal, in Revue Neurologique, 1893, n» 17, pag. 478);

Noir ; Thèse de Paris, mars 1893.

Voy. enfin nos leçons sur Un cas de maladie des tics..., in Aivhives de Neurologie, 1890, pag. 27 ; — et Clinique médicale, 1891, pag. 466.

Grasset, 4° édit., tom. II. 38

duisant le plus souvent, mais d'une façon intempestive, quelque geste

réflexe ou automatique de la vie ordinaire 1 ».

Pour compléter la définition du tic, il serait nécessaire, nous semble-t-il, d'insister sur deux éléments qui ont, au point de vue séméiologique, une importance capitale : i° la brusquerie de l'acte, qui distinguera par exemple les mouvements en question de ceux de la chorée : 2. leur arythmie, c'est-à-dire la durée inégale de l'intervalle compris entre deux mouvements successifs, empêchant ainsi de confondre la maladie des tics avec certaines manifestations rythmées de l'hystérie2. — Les secousses sont, de plus, systématisées, c'est-à-dire limitées à un nombre déterminé de muscles, et se reproduisent suivant une progression définie ; enfin elles se répètent, dans la maladie qui nous occupe, sous forme de crises de durée variable, séparées les unes des autres par des intervalles de repos absolu ou relatif.

Les tics convulsifs occupent de préférence la face ou le cou. Du côté de la face, c'est tantôt un mouvement saccadé d'occlusion des paupières (clignotement), tantôt un rictus provoqué par le déplacement en divers sens des commissures labiales (le spasme est quelquefois accompagné d'un bruit de sifflement); d'autres fois, ce sont des allernatives d'ouverture et d'occlusion de la bouche, Ja projection brusque de la langue, des mouvements de mâchonnement, de crachottement. de reniflement, le grincement des dents, etc.

Du côté du cou, on observe le plus souvent des spasmes du sternocléido-mastoïdien, provoquant un mouvement de flexion de la tète en masse quand les deux muscles se contractent en même temps. « Brusquement et comme mue par un ressort, la tète se fléchit sur la poitrine, sans déviation latérale, arrive au voisinage du sternum et se redresse non moins brusquement pour reprendre la position normale ». Quelquefois, au contraire, la tête est projetée en arrière par le spasme des muscles de la nuque, ou encore elle s'incline latéralement.

Le tic porte plus rarement sur les membres supérieurs; dans ce cas, il consiste le plus ordinairement en un mouvement d'élévation brusque d'une ou des deux épaules; d'autres fois, ce sont de fréquents mouvements de grattage, sur lesquels insiste Guinon dans son article du Dictionnaire.

La localisation sur les membres inférieurs est la plus rare ; elle se traduit soit par l'acte de frapper violemment du pied sur le sol, soit d'étendre brusquement la jambe comme si on voulait donner un coup de pied,

1 Charcot a bien mis en relief le caractère coordonné de ces secousses, qui aboutissent à la production de mouvements usuels, d'ailleurs parfaitement inopportuns. « Le mouvement complexe du tic, dit-il, n'est pas absurde en soi; il est absurde, illogique, parce qu'il s'opère hors de propos, sans motif apparent ».

2 On se rendra un compte exact des caractères que présentent les mouvements anormaux des tiqueux par l'examen des tracés contenus dans le récent mémoire de Chabbert (/oc. cit.).

soit encore de sauter. La malade dont nous avons publié l'histoire dans nos Leçons avait, à une époque, présenté des mouvements de cet ordre.

Tous les mouvements dont il vient d'être question peuvent n'occuper qu'un côté du corps, ou envahir symétriquement et simultanément les groupes musculaires homologues des deux côtés. Pour les membres, en particulier, les manifestations sont fréquemment unilatérales. Enfin il peut arriver (notre cas en fournit la preuve) que la crise de tics soit suivie d'une paralysie passagère des muscles en jeu.

Le tic est souvent multiple, c'est-à-dire peut porter, au cours d'un même accès, sur des groupes musculaires très distincts et quelquefois fort éloignés les uns des autres. Dans ce cas, les convulsions se font généralement suivant une succession définie et se reproduisent toujours dans le môme ordre : notre malade, par exemple, exécutait d'abord un brusque mouvement de flexion de la tète, puis un mouvement très prononcé d'extension, ensuite un haussement d'épaules; et la triade se reproduisait à l'infini, conservant une hiérarchie immuable. — Enfin, Kahler 1 a rapporté récemment un cas de tic généralisé.

En opposition avec la brusquerie, l'intensité et l'arythmie de ces mouvements anormaux involontaires, les mouvements voulus sont, au contraire, parfaitement normaux ; les actes les plus délicats s'exécutent sans saccades et sans aucun trouble. Trousseau raconte l'histoire d'une jeune fille qu'un tic, fort accentué pourtant, n'empêchait nullement déjouer du piano. Les sujets atteints d'un tic du membre supérieur portent sans dommage à leur bouche un verre plein de liquide ; l'écriture n'est point modifiée. « Nous avons nous-même, écrit Guinon, observé deux malades très gravement atteints, dont l'un jonglait sans broncher avec un couteau, et dont l'autre dansait sur une des grandes scènes de ballet de Paris, sans que le moindre mouvement, la plus légère contraction involontaire, lui fissent faire une grimace ou un faux pas ».

D'autre part, le malade a conscience des gestes anormaux qu'il exécute : ces mouvements sont involontaires, mais non inconscients. Presque toujours il cherche à fournir à son entourage, pour éviter des moqueries, quelque excuse plus ou moins plausible : c'est un col de chemise gênant, une ulcération de la lèvre ou de la bouche, auxquels il s'efforce de rapporter les convulsions du cou ou du visage. Mais bientôt ces explications ne trouvent plus créance, et le malheureux tiqueux, irrésistiblement poussé à des actes dont il comprend le ridicule, s'abandonne à la tristesse, recherche l'isolement, s'efforçant de dérobera tous les yeux une infirmité qu'il déplore sans la combattre, et dont souvent aussi il s'exagère la portée.

Les mouvements anormaux sont exagérés par diverses circonstances : une émotion, une contrariété, toute cause brutale de saisissement, un interrogatoire, un examen, la période menstruelle. Au contraire, le tic

1 Kahler; Soc. impér.-roy . des médecins de Vienne, décembre 1891.

est interrompu par le sommeil, par une maladie fébrile intercurrente, par une occupation cérébrale ou un violent effort de volonté . Cette dernière a donc une certaine action sur les mouvements du tiqueux ; elle peut même parvenir à les suspendre, pendant un certain temps, mais c'est toujours au prix d'une angoisse extrême et d'un malaise des plus pénibles.

2. Anomalies du langage. — Des troubles du langage peuvent coexister avec le tic convulsif (qui en a généralement précédé l'apparition] ou lui survivre. Au degré le plus atténué, c'est l'exclamation involontaire (ah!, hem!, ouah!, cris d'animaux, motsou lambeaux de phrases quelconques, pourvus ou non de signification intrinsèque, que le sujet profère brusquement, sans raison, et dont il émaille aussi le langage courant). — D'autres fois, il s'agit de mots orduriers (coprolalie), que le sujet répèteincessammentd'une façon aussi involontaire que consciente, et auxquels répugnent le plus souvent ses goûts personnels et son éducation ; telle cette marquise de Dampierre, citée par tous les auteurs.qui reçevait ses invités avec des termes dont il eût été plus que malséant de se servir en sa présence. — Enfin, 1' écholalie (Gilles de la Touretle) consiste dans la prononciation par le sujet, un nombre de fois déterminé, des dernières paroles que l'on vient d'émettre devant lui. Le nombre de syllabes empruntées, le nombre de fois qu'il est nécessaire de les redire, tout cela varie suivant le cas, suivant la période et le degré de l'affection. «Le malade répète involontairement, comme un écho, les sons qu'il entend émettre autour de lui, et, de même que l'écho, il est plus ou moins complet, c'est-à-dire qu'il en répète plus ou moins long» (Guinon). Certains malades sont invinciblement poussés à utiliser leur écho au profit de leurs propres phrases, et à répéter, une ou plusieurs fois, le ou les derniers mots de chacune de leurs périodes.

3. De l'écholalie nous- rapprocherons l'échokinésie (Charcot), ou imitation des gestes et mouvements réalisés en présence du sujet.

Les affections décrites sous le nom de jumping (États-Unis) , latah (Malaisie), mgriachit [Sibérie] , dont O. Brien en particulier a rapporté de nombreux exemples, rentrent donc dans le cadre de la maladie des tics 1 .

Marie désigne du nom d'échomatisme l'état spécial, caractérisé par la tendance à l'écholalie et à l'échokinésie, où sont placés les sujets hypnotisés chez lesquels, à la phase du somnambulisme, on applique la main sur le vertex.

4- État mental. — ■ Les tiqueux présentent habituellement une dimi-

1 Gilles de la. Tourette ; Archives de Neurologie, i885, VIII, pag. 68.

Tokarski (Neurol. Ceatr., 1 novembre 1890 ; anal, in Seinaine médicale, 29 avril 1891, pag. 184) a étudié plus récemment, sous le nom de nyriaehit, une affection observée parmi les troupes sibériennes, caractérisée par l'imitation d'actes et de paroles, survenant sous l'orme épidémique, et accompagnée de troubles mentaux qui, d'après cet auteur, différeraient de ceux de la maladie des tics.

nation de l'attention volontaire, un état d'instabilité psychique, qui les empêche de se livrer à toute occupation un peu prolongée (lecture). Le plus souvent, en outre, ils sont obsédés par des idées fixes, qui nous paraissent bien mériter le nom de « tics psychiques », et qui peuvent aboutir à la réalisation impulsive d'actes plus ou moins illogiques.

Dans les cas les plus simples, il s'agit d'une obsession par des pensées souvent futiles (préoccupation de retrouver un nom, un mot ou un air de musique) .

A un degré plus accentué, on se trouve en présence de phobies, analogues à celles que nous avons décrites au chapitre de la neurasthénie : agoraphobie, claustrophobie, topophobie, etc. Nous signalerons encore: la folie du pourquoi, qui oblige le sujet à rechercher la raison des choses les plus simples ; — • la folie du doute, avec délire du toucher dans laquelle le malheureux ne peut réaliser certains actes que dans des conditions déterminées (nécessité de se laver les mains à tout instant, de tout disposer suivant un ordre préétabli dans son esprit, de faire précéder tout acte de tel ou tel geste, de telle ou telle opération mentale) ; — ïonomatomanie- , ou obsession par un mot; — Yarithmomanie, ou obligation de calculer à l'infini, etc.

Quelle que soit la variété de troubles à laquelle on ait affaire, le sujet atteint de tic psychique, comme le sujet atteint de tic moteur, a parfaitement conscience du trouble dont il est atteint et en face duquel il constate l'impuissance de sa volonté. On a donné, dès lors, à juste titre le nom de folie raisonnante à ces manifestations psychiques.

Quantà la nature des phénomènes, elle a été approfondie et discutée par Guinon, qui conclut de la façon suivante : « Que nous ayons affaire à un tic, à un mot involontaire, ou à une idée fixe, le point de départ initial est toujours une opération de même nature, et l'on peut légitimement comparer avec Buccola l'idée fixe, véritable convulsion de l'idée, avec le mouvement spasmodique d'un muscle». Et, plus loin : « Le fait d'être sonstraits à l'empire de la volonté imprime à tous ces phénomènes (tics, idées fixes, imitation des mots et des gestes) un cachet tout particulier. Ce qui caractérise l'idée involontaire, c'est l'obsession ; l'acte ou le mouvement involontaire, c'est l'impulsion. Et, de ces deux facteurs:

' Voy. Raymond et Arnaud; Annales médico-psychologiques, août-septembre

L'haphéphobie, ou peur du contact, a fait également l'objet d'un intéressant et très récent travail de Weill et Lannois (Lyon médical, 19 décembre 1892).

2 Voy. Ségi.as ; Société médicale des Hôpitaux, 28 avril 1889.

Charcot et Magnan, qui ont consacré à l'onomatonomie deux importants mémoires (Archives de Neurologie, i885, n° 19, pag. 107 ; et 1892, n°' 70, 71 et 72) distinguent cinq formes principales : 1° recherche angoissante du mot ; 20 obsession par le mot, qui s'impose et que le sujet est forcé de projeter brusquement au dehors ; 3° terreur du mot, dont on évite l'usage ; 4° croyance inverse au pouvoir préservateur de tel ou tel mot ; 5" indigestion du mot, que le sujet rejette par des efforts d'expuition ou de crachement.

obsession el impulsion, résulte une sorte d'irrésistibililé : le malade est poussé d'une façon invincible à former son idée, à accomplir son mouvement ou son acte. En outre, si la volonté ne cède pas. si les idées, les mouvements, trouvent un obstacle à leur formation, à leur exécution, il en résulte un senliment d'angoisse. Au contraire, s'ils trouvent la voie libre devant eux, s'ils peuvent se donner carrière, le malade en éprouve immédiatement un sentiment très vif de satisfaction. Tels sontles caractères que Magnan el ses élèves ont assignés aux manifestations soustraites à l'empire de la volonté.

Marche, évolution. — Les phénomènes qui caractérisent la maladie des tics se succèdent d'habilude dans l'ordre chronologique suivant lequel nous les avons hiérarchisés dans notre description. Leticconvulsif est généralement le premier en date ; puis surviennent l'exclamation involontaire, la coprolalie, l'écholalie el l'échokinésie ; enfin apparaissent les idées fixes ou tics psychiques. — La marche de l'affection est ordinairement très lente ; elle évolue d'une façon continue, ou par poussées aboutissant chaque fois à une aggravalion persistante.

D'autres fois, la maladie est fruste et simplement représentée par l'un ou l'autre des symptômes décrits. Quand les idées fixes existent ainsi à l'état d'isolement, elles constituent une forme de vésanic : la folie raisonnante proprement dite, ou délire des héréditaires dégénérés de Magnan.

Le Pronostic est grave, non que l'affection menace l'existence, mais elle est habituellement incurable; témoin cette marquise de Dampierre, dont nous avons parlé plus haut et qui, à l'âge de 90 ans; n'avait rien perdu du lie coprolalique contracté dans sa jeunesse. La guérison est rare ei, dans ce cas, il faut toujours craindre la survenue d'une récidive. La maladie aboutit quelquefois à l'aliénation mentale. Souvent, enfin, le sujet s'affranchit par le suicide d'une infirmité dont il n'a que trop conscience.

Etiologie. — ■ La névrose tiqueuse frappe les deux sexes, peut-cire avec une légère prédilection pour le sexe masculin ; elle débute généralement de 6 à 12 ans.

On a signalé, parmi les causes susceptibles d'en provoquer l'éclosion: la peur, le traumatisme, l'imitation (contagion nerveuse). Mais ce ne sont là que des causes occasionnelles, au-dessus desquelles il faut toujours rechercher la prédisposition neuropathique , héréditaire ou acquise, avec ses facteurs variés. L'hérédité doit surtout être mise en cause, et on considère en général la maladie des tics, branche de la famille névropathique, comme la traduction habituelle d'une dégénérescence héréditaire.

Diagnostic. — La maladie des tics ne doit pas être confondue avec les

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convulsions siégeant dans le domaine d'an nerf déterminé et reconnaissant pour cause une lésion anatomique, périphérique ou centrale, du système nerveux. Ces convulsions, sur lesquellesnous avons insisté dans le précédent chapitre, sont caractérisées pardesmouvementsuniformes, d'amplitude médiocre, limités à un muscle ou à un groupe de muscles dépendant d'une même innervation.

Elle doit être également distinguée de certains mouvements involontaires et devenus inconscients à force d'être répétés facte de mordre ses lèvres, de tirer sa moustache, de saisir tout interlocuteur par le bouton de son vêtement), auxquels Letulle a donné le nom de tics coordonnés. Toutefois la barrière n'est pas absolue et, si le tic coordonné inconscient doit être dans bien des circonstances séparé du tic convulsif conscient, il est d'autres cas où le tic coordonné semble constituer la première manifestation de la névrose tiqueuse'.

Nous ferons, dans les chapitres qui vont suivre, le diagnostic de la maladie des tics avec la chorée de Sydenham, la chorée chronique et la chorée rythmée de l'hystérie.

Dans le paramyoclonus multiple2 , la face est rarement atteinte et, par contre, les membres inférieurs sont surtout pris ; il existe une dispersion, et même une généralisation des phénomènes, qui est loin d'être aussi marquée dans la maladie des tics. Les secousses n'aboutissent que dans certaines conditions à la production de mouvements, et ces derniers ne reproduisent pas des actes de la vie commune ; elles ne surviennent pas aussi régulièrement sous forme d'accès et, au contraire, sont provoquées par des excitations locales. Les troubles mentaux font défaut.

Enfin l'hystérie* peut affecter avec la maladie des tics des rapports multiples : tantôt elle la simule de toutes pièces (maladie des tics hystérique) ' et ne peut être dépistée que par la présence des stigmates et

1 Voy. Ghauvreau ; Des tics coordonnés. Thèse de Bordeaux, 1888.

Noir, dans sa thèse, distingue quatre variétés de tics convulsifs : i° tics convulsifs simples, reconnaissant une cause anatomique localisée, et dominés par l'élément moteur; 2° tics coordonnés, consistant en des mouvements plus lents, rythmiques ou arythmiques, d'amplitude et de complexité variables, fréquents chez les idiots, et le plus souvent symptomatiques d'une maladie cérébrale ; 3° Maladie des tics convulsifs ; 4° tics de l'idée, accompagnés quelquefois d'impulsions motrices.

2 Janowicz; Tic convulsif des enfants, paramyoclonus multiple et chorée électrique. Thèse de Paris, juillet 1891 ;

Schlesingîîr ; Club médical de Vienne, 1892 (Semaine médicale, 19 octobre 1892, pag. 419).

3 G. Guinon, Ghabbert ; loc. cit.

Pitres; Leçons sur l'hytérie et l'hypnotisme, 1891.

* Il ne faut pas confondre la maladie des tics hystériques et la chorée rythmée hystérique ; celle-ci, également caractérisée par des crises de mouvements reproduisant des gestes de la vie commune (formes malléatoire, saltatoire, rotatoire, etc.), offre un rythme régulier et cadencé, qui diffère des secousses brusques et arythmiques de la maladie des tics.

le cachet spécial de l'évolution morbide; tantôt elle lui est simplement juxtaposée, elle la complique, et, dans ce cas, l'évolution indépendante des deux névroses permettra seule le diagnostic.

Le traitement de la maladie des tics est le paragraphe le plus ingrat de son histoire. L'affection, avons-nous dit, est généralement incurable et résiste à tous les efforts de la thérapeutique.

Dans les périodes de crise, on obtiendra quelquefois une certaine sédation par l'emploi delà médication calmante (bromure de sodium, chloral, opiacés). Hammond1 a récemment proposé l'emploi delaconicine (5 à 5o gouttes d'extrait de ciguë) associée au bromure, ou de l'atropine à la dose de o,5à i,5 milligr.

Le traitement de fond consistera essentiellement, comme pour les grandes névroses, dans l'association de l'hydrothérapie et de l'isolement, auxquels on joindra l'usage des toniques et l'électrisation statique. Quant à l'hypnotisme, dont Burot 2 a constaté les bons effets, il ne saurait, nous semble-t-il, avoir d'action sur la maladie des tics proprement dite, et n'aura chance d'aboutir que dans les cas de simulation par l'hystérie de la névrose tiqueuse.

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