‹ Thérapeutique des maladies des l'intestinChapitre 16 sur 79 · TROUBLES DE LA SENSIBILITÉ · texte numérisé non relu

TROUBLES DE LA SENSIBILITÉ

de l'intestin que nous venons de passer en revue avec La diarrhée nerveuse; ici nous ne devons pas nous laisser aller adonner à cet exposé des dimensions exagérées, et nous allons, pour terminer, dire rapidement quelles sont les manifestations douloureuses qui peuvent accompagner les phénomènes de nervo-motricité déviée dont il vient d'être question.

Troubles de la sensibilité. — Ils sont souvent liés de la façon la plus manifeste aux troubles de la motricité, au mélange ou à la succession de spasme et d'atonie que nous avons précédemment examinés.

Quand prédominent l'atonie et la flatulence, il y a quelquefois une sensation de gonflement et de tension qui devient très pénible et même réellement douloureuse. Quelquefois, les malades ont la sensation de gaz emprisonnés clans les anses intestinales qui se déplacent plus ou moins lentement.

Les coliques représentent, les plus communes et les mieux connues des douleurs d'origine intestinale. Elles siègent au pourtour de l'ombilic lorsqu'elles ' dépendent de l'intestin grêle; elles sont transversales, au-dessous de la région épigastrique, au-dessus de l'ombilic, lorsqu'elles dépendent du côlon et plus particulièrement du côlon transverse. Parfois encore, elles suivent le trajet du gros intestin sur une grande partie de son étendue et encadrent comme lui l'abdomen. Il est assez difficile de définir la douleur qui caractérise la colique ; elle a quelque chose de tout à fait spécial, sut gemris. Souvent elle donne l'idée d'un tortillement pénible, douloureux. Quand les coliques deviennent plus intenses, elles amènent le malade à se courber en deux, à presser fortement l'abdomen avec ses mains ou avec ses avant-bras, comme pour immobiliser les anses intestinales. Cel te

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large pression procure du reste un certain degré d'amélioration.

Dès que les coliques prennent un certain degré d'intensité, elles s'accompagnent d'un sentiment marqué de malaise général et d'angoisse.

Les coliques se lient d'une façon évidente à la contraction péristaltique exagérée des anses intestinales. Les malades ont conscience de cette association ; on peut voir parfois se dessiner à. travers l'abdomen les mouvements péristaltiquesqui donnent naissance à la sensation douloureuse.

Les coliques vont assez souvent avec la diarrhée, elles accompagnent fréquemment la [purgation volontaire, et on se représente très bien que lepéristallisme exagéré et douloureux des anses intestinales rejette au dehors, sous forme de selles liquides, les substances alimentaires et les produits de la sécrétion de l'intestin et de ses glandes annexes.

Les coliques se présentent quelquefois aussi chez des individus constipés. Il y a alors une contraction exagérée et douloureuse de l'intestin au-dessusde l'obstacle, ou bien, peut-être, déplacement douloureux d'une certaine quantité de gaz emprisonné entre deux anneaux musculaires spasmodiquement coutrac té s.

Ventkalgie se traduit par des douleurs vives, qualifiées tantôt de coliques, tantôt de spasme, de brûlure ou de névralgie. Elles peuvent se localiser a la régionsusou péri-ombilicale ; mais, souvent aussi, elles suivent le trajet du côlon transverse et parfois encadreni presque complètement l'abdomen comme le côlon lui-même.

Les crises d'entéralgié sont parfois extrêmement douloureuses; elles peuvent persister pendant des

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heures et môme des journées entières. Assez souvent elles surviennent pendant la nuit, tardivement, vers deux ou trois heures du matin. Lorsqu'elles sont intenses, les malades sont dans un état de malaise et d'angoisse inexprimables; ils sont pâles, la figure contractée. Il y a de grandes analogies d'aspect entre cet état et les crises de colique de plomb; dans celles-ci, toutefois, le ventre est plus rétracté et présente une plus grande sensibilité à la pression limitée.

Les crises entéralgiques peuvent se rencontrer dans des maladies de l'axe cérébro-spinal comme le tabès, dans des névroses comme la neurasthénie et l'hystérie, avec certaines ptôses viscérales et en particulier la néphroptose, le rein mobile. Il est certain que l'état névropathique du malade peut jouer et joue ordinairement un rôle important dans sa production. Les contractions intestinales sont-elles ici encore la cause habituelle de la douleur? C'est difficile à dire. On a invoqué aussi un véritable état de névralgie des plexus ganglionnaires de l'abdomen, dont l'existence, quoique très vraisemblable, est difficile à démontrer d'une façon irréfutable. • Certaines crises entéralgiques paraissent, nous l'avons dit, avoir le côlon pour siège. On les voit en effet survenir de préférence chez des malades qui présentent la corde colique ascendante transverse ou descendante, ou àlafoisla corde colique et des signes d'entérite muco-membraneuse. Dans ces conditions, on trouve dans la localisation de la douleur, clans son apparition assez tardive après le repas, dans sa coïncidence avec des évacuations muqueuses ou muco-membraneuses, des éléments de diagnostic différentiel dont il faut bien reconnaître l'importance.

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Traitement. — Nous pouvons toul d'abord dorner comme indication préalable et comme loi générale que, pour le traitement des troubles nervo-moteurs et des troubles de la sensibilité de l'intestin, il conviendra, au début, de soigner l'état morbide d'où dérivent les manifestations digestives, ou qui, tout au moins, en favorise nettemment l'éclosion. On dirigera donc contre la névropathie plus ou moins bien déterminée, plus ou moins nettement stigmatisée, contre la neurasthénie, l'hystérie, la chlorose, l'anémie, la goutte, le diabète, etc., le traitement qui convient à chacun de ces états morbides.

On traitera suivant ses indications particulières la maladie organique principale, lorsqu'il y aura lieu : maladies du foie, maladies du cœur, etc.

On s'efforcera toujours de supprimer, soit la cause même de la maladie principale, soit la cause occasionnelle des phénomènes dyspeptiques ; c'est ainsi qu'il sera d'une importance capitale de supprimer le surmenage physique ou intellectuel qui a sur la production de la dyspepsie gastro-intestinale une influence si manifeste. Nous avons vu, par exemple, que la l'orme si curieuse de névrose intestinale qu'a décrite Cherchewsky a été relevée par lui exclusivement chez des personnes adonnées aux travaux intellectuels d'une façon trop assidue, ou bien chez des personnes qui avaient à porter une lourde responsabilité.

On sait combien les émotions vives, les chagrins ont d'influence sur le fonctionnement de l'appareil digestif, de l'intestin plus encore que de l'estomac.

Nous ne pouvons naturellement entreprendre de donner ici aucun renseignement sur le traitement qu'il convient de faire aux maladies chroniques gé-

nérales ou localisées d'où peut dériver une viciation du fonctionnement de l'intestin; nous nous contenterons de fournir quelques indications relatives à la thérapeutique des états de névropathie constitutionnelle que l'on rencontre si souvent derrière un état de dyspepsie gastrique, intestinale ou gastro-intestinale en apparence protopathique et indépendant. Dans certains cas de dyspepsie nervo-motrice gastro-intestinale, l'hygiène générale a certainement une importance au moins aussi grande que la médication. Nous y avons assez insisté dans le volume consacré aux maladies de l'estomac, pour qu'il nous soit permis de traiter ici cette question d'une façon beaucoup plus brève.

Pour beaucoup de ces malades, on aura recours avecavantage àla climatothérapie,al'hydrolhérapie, à l'électrothérapie, au massage, à la gymnastique suédoise.

La climatothèrapie comprend les voyages, les déplacements, le séjour au grand air, à la campagne, à la mer, à la montagne. Les malades abandonnent pour quelque temps leurs occupations et leurs préoccupations habituelles. Ils vivent au grand air, au lieu de vivre dans un air confiné ; ils font de l'exercice musculaire, au lieu de s'immobiliser dans les occupations sédentaires; ce sont là des conditions excellentes pour le traitement des états névropathiques et pour le traitement des déterminations gastro-intestinales qui en dérivent.

Bon nombre de personnes, constipées à la ville, cessent de l'êtredès qu'elles arrivent à la campagne, dans desconditionsd'hygiène nouvelles etmeilleures.

V hydrothérapie présente des ressources de divers ordres qui, convenablement employées, peuvent

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avoir les plus heureux résultats. Suivant que l'on prescrira l'eau froide ou l'eau chaude dans leurs diverses applications, on obtiendra des effets différents d'excitation ou au contraire de modération.

Véledrisation, et surtout l'électrisation statique, donne, on le sait, de bons résultatsdans le traitement de certaines formes de neurasthénie ; elle sera d'autant plus volontiers employée, qu'elle peut fournir des moyens d'exciter le tube digestif en cas d'atonie marquée : nous y reviendrons plus loin.

Le massage général a des avantages du même ordre ; quant au massage local, il interviendra surtout dans le traitement de l'atonie intestinale et de la constipation.

La gymnastique suédoise est indiquée dans bien des conditions différentes : chez les candidats à la goutte, au diabète, à l'obésité, chez les neurasthéniques, chez beaucoup d'anémiques. Elle a le grand avantage de fournir une série très variée d'exercices applicables à toutes les conditions, à toutes les aptitudes physiologiques, et de permettre un entraînement méthodique et régulièrement progressif. Elle permet aussi d'exercer particulièrement certains groupes de muscles, par exemple les muscles de la paroi abdominale dont l'atonie et le relâchement ont un rôle important dans l'établissement et la persistance de certaines constipations dues surtout à l'insuffisance de la musculature gastro-intestinale et abdominale.

Elle est souvent combinée avec avantage à l'hydrothérapie ; la douche froide ou chaude, suivant les cas, est administrée à la fin de chaque séance de gymnastique.

Nous ne pouvons pas, sans sortir de notre sujet,

insister davantage snr les indications et l'emploi de ces diverses méthodes thérapeutiques.

Nous terminerons ces réflexions générales, préliminaires, en présentant quelques considérations sur le régime.

D'une façon générale, on peut répéter ici ce que nous avons dit à propos de la dyspepsie stomacale considérée dans son ensemble. On éliminera de l'alimentation les mets irritants, fortement épicés ou faisandés: on donnera une alimentation bien divisée, très nutritive sous un petit volume; on emploiera volontiers les aliments sous forme liquide, le lait en première ligne, les laitages dans lesquels les graisses sont bien émulsionnées, les hydrates de carbone en solution ou en voie d'hydratation ou de dissolution déjà avancée ; les potages au tapioca, à la semoule, aux pâtes fines et bien cuites présentent précisément ces avantages. Cela accroît la valeur nutritive des aliments en augmentant leur utilisation et diminue d'autant le travail que doit fournir le tube digestif.

Lamise en oeuvre d'une hygiène convenable, l'emploi des méthodes physiques, l'ordonnance d'un régimeapproprié, tout cela pourra suffire dans certains cas pour rétablir l'équilibre dans le fonctionnement du tube digestif, mais cela ne suffira pas toujours. Il faudra aussi avoir recours assez souvent à des médications dont l'action plus localisée sera dirigée directement sur le tube digestif ou sur l'abdomen.

Ces médications, ces méthodes thérapeutiques peuvent être assez naturellement divisées en deux grands groupes : les unes lutteront contre l'atonie, elles auront pour but d'exciter la motricité et de remédier à son insuffisance ; les autres, au contraire

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seront destinées à atténuer l'excitation de la motricité et à calmer les phénomènes douloureux si souvent liés à l'irritation nervo-motrice.

Nous retrouverons ces deux indications opposées lorsque nous exposeronsle traitcmentde la constipation, due si souvent à l'atonie, et de la diarrhée due si souvent à l'exagération du péristaltisme intestinal; aussi, pour éviter les répétitions, allons-nous dire toul de suite le traitement qu'il convient d'instituer dans les principales formes cliniques que nous avons passées en revue au commencement du présent chapitre.

Dyspepsie iiervo-iiiotrice à prédominance intestinale. — Le traitement sera dans ses traits généraux très analogue à celui que, dans le volume consacré à l'estomac, nous avons indiqué pour la dyspepsie nervomotrice à prédominance stomacale. On aura recours ici, plus encore que dans les autres formes cliniques de cette dyspepsie, aux pratiques d'hygiène et aux méthodes physique de traitement auxquelles nous avons fait allusion plus haut.

Dans les formes à prédominance intestinale, qui doivent surtout nous intéresser actuellement, deux ordres de phénomènes prendront surtoutde l'importance : la constipation et la flatulence.

De la constipation nous dirons peu de chose ici, devant lui consacrer plus loin un chapitre spécial Comme, dans ces conditions particulières, il s'agira surtout d'une constipation par atonie ou insuffisance de la motricité, il conviendra d'avoir recours de préfé ren\ce aux moyens physiques de traitement, au massage, à l'hydrothérapie, a I électrisation, à la gymnastique abdominale.

Nous dirons plus loin, à propos de la constipation,

comment doit s'effectuer le massage dans ces conditions.

L'électrisation sera l'électrisation statique ou L'électrisation faradique. L'électrisation statique sera indiquée surtout dans les cas de neurasthénie avec dépression générale des forces. Le malade, on le sait, est placé sur un tabouret isolant et mis en contact avec le plateau d'une machine rotative. Pour exciter plus particulièrement l'intestin, on tire des étincelles de l'abdomen, principalement au niveau du cœcum, et sur le trajet du côlon. La faradisation aura pour avantage d'agir à la fois sur la musculature des parois abdominales et sur la musculature du tube digestif lui-même.

Flatulence. — Bien qu'on ne rencontre pas chez les dyspeptiques qui nous occupent le tympanisme énorme, la tympanite, que l'on voit parfois survenir au cours d'infections générales à détermination abdominale, la flatulence peut cependant prendre chez eux un tel développement, elle peut être si gênante que L'on est amené à la combattre directement.

Nous pensons avec Baumes, qui a consacré à ce symptôme un ouvrage particulier (1), que le régime alimentaire doit tenir la première place dans le traitement. Le principe de ce traitement se résumait pour lui dans cette formule imitée de la célèbre apostrophe de Danton : « Le régime, le régime et toujours le régime. » Étant lui-même « très venteux », il a donné de ce régime une formule naturellement assez personnelle.

(1) Traité des maladies venteuses, ou Lettres sur les causes et les effets de la présence des gaz dans les voies digestives. 2o édition, Paris, 1837.

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Nous donnons en note le régime de Baumes, qui n'est évidemment pas applicable à bien des cas (1). En semblable matière, il convient de tenir largement compte des prédispositions personnelles.

(1) Il signale parmi les aliments gazogènes : les plantes potagères, les herbages, les haricots, les choux, les lentilles, les pois, les fèves, les raves, les pruneaux, les pommes de terre, les scorsonères, les épinards, les betteraves, les salades crues, les crudités en général ; pour les fruits, les châtaignes, les pommes crues, les poires non fondantes, les abricots, les fruits a pulpe sèche, les raisins, etc.; les aliments féculents qui renferment peu ou point de gluten, les pâtisseries en tout genre, les pâtes non levées, non fermentées ; toutes les sauces en général, et surtout les sauces où il entre une graisse quelconque. Toutes ces substances doivent être évitées par les personnes sujettes à la flatulence.

Que doivent-elles donc manger? Voici la liste que donne Baumès : pain de froment pas trop nouvellement fait et bien cuit; soupe de pain au bouillon gras, ou au beurre frais (les soupes de pâtes de riz, de millet, d'orge, sont moins sûres relativement aux vents) ; bœuf, mouton, veau, chevreau, agneau (ces trois derniers quand ils sont assez faits), volailles, viandes blanches, en général, tout cela bouilli ou rôti, sans sauce autre que le jus de viande tout pur, en laissant de côté la graisse ; œufs à la coque, quelques poissons, tels que merlan, sole, raie, turbot, lotte, tanche, truite, brochet, carpe, rouget et un très petit nombre d'autres, le tout bouilli, apprêté, avec un peu de bonne huile d'olive, de vinaigre et de sel, ou frit au beurre frais, sans condiment ni sauce aucune; quelques herbages cuits, tels que chicorée, oseille, céleri; quelques plantes potagères, telles que carottes, cardons, bettes ou poirée, toujours au beurre frais ou au jus de viande sans graisse ; asperges, artichauts, petits pois, haricots verts (ces deux derniers seulement quand ils sont tout à fait nouveaux) ; fruits doux et fondants, tels que pêche, poire beurrée, prune, reine-Claude, fraises, cerises ; fruits cuits, prune, poire surtout; confiture : gelée de coings, de pommes, de groseilles, d'abricots.

L'eau d'après Baumès est la meilleure des boissons pour les flatulents. A ceux qui ne pourraient s'en contenter, il conseille le vin de Bordeaux, les vins légers de Bourgogne, quelques vins du Beaujolais, quelques vins d'Espagne à très petites doses. Il faut éviter le vin blanc, les vins nouveaux, les bières trop vieilles ou trop nouvelles, les élixirs, les spiritueux, les liqueurs.

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On poura cependantly puiser quelques indications Intéressantes et utiles, à certains malades tout au moins.

La flatulence est favorisée surtout par une alimentation végétale mal divisée, riche en matières rebelles à la digestion. Les féculents et les amylacés tendent à augmenter notablement la production des gaz gastro-intestinaux, surtout lorsqu'ils sont grossièrement divisés et qu'on n'a pas dépouillé les graines (pois, haricots, lentilles, riz) de leurs enveloppes. Ils ont beaucoup moins d'inconvénients à ce point de vue lorsqu'ils sont réduits en purée ou en farine.

En dehors de cela, le régime des flatulents sera, d'une façon générale, celui qui convient dans la dyspepsie nervo-motrice.

Bien des médications ont été conseillées pour combattre la flatulence ; on s'est proposé d'absorber les gaz ou de les évacuer plus rapidement. Les poudres absorbantes les plus usitées sont la poudre de charbon et la magnésie calcinée. Dans ces dernières années, on les a volontiers mélangées à des substances antiseptiques comme le naphtol, le benzo-naphtol, la résorcine, le salicylate de bismuth, parce qu'on cherchait surtout alors à restreindre les fermentations gastro-intestinales qui avaient provoqué la mise en liberié de ces gaz. Kuhn a récemment indiqué le salicylate de soude comme la substance qui s'opposerait le plus puissamment à la production des gaz de fermentation dans l'estomac ■ il a. en particulier, conseillé de faire des lavages de çel organe avec des solutions salicylatées.

On ne peut nier l'influence de certaines poudres sur la flatulence. On obtient de bons effets d'un mélange à parties égales de charbon de peuplier por-

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phyrisé, de benzo-naphtol et de magnésie calcinée. En cas de diarrhée, la magnésie sera remplacée par de la craie préparée ou du salicylàte de bismuth.

Certaines substances, dites carminatives , ont depuis longtemps la réputation de combattre efficacement la flatulence gastro-intestinale : ce sont : l'anis, la badiane, l'angélique, les semences de fenouil, de carvi, de coriandre, d'aneth, de cumin. Les espèces carminatives renferment des fruits d'anis, de carvi, de coriandre et de fenouil en quantités égales (10 grammes de ce mélange pour un litre de tisane).

Ces espèces sont beaucoup moins usitées qu'autrefois; on leur préfère la noix vomique, la strychnine, l'ipéca à faible dose.

Il ne faut pas oublier que la flatulence est souvent liée à la constipation et qu'en combattant efficacement celle-ci, on arrive à faire disparaître celle-là.

Contre la flatulence on emploie aussi des moyens plus fréquemment usités contre la constipation : les applications d'eau froide, la ceinture et le maillot imbibés d'eau froide, le massage, l'électrisalion.

Contre les formes moyennes, habituelles de la flatulence gastro-intestinale, le traitement général a une importance très grande qu'il ne faut jamais négliger. Localement, on pourra mettre en œuvre le massage, les applications froides, l'électrisalion faradique. Dans les cas graves, on pourra avoir recours au lavement électrique que nous décrirons plus loin (voir Occlusion intestinale). Il ne faut pas oublier à ce propos que chez les vieillards (1) l'insuffisance musculaire de l'intestin peut amener des accidents d'occlusion paralytique, dont le meilleur traitement est

(1) G. Thibierge, Thèse de Paris. 1884.

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