‹ Thérapeutique des maladies des l'intestinChapitre 28 sur 79 · HÉMORRHOÏDES · texte numérisé non relu

HÉMORRHOÏDES

a l'ait des irrigations continues à l'aide d'appareils plus ou moins ingénieux.

Il ne faut pas oublier que l'irréductibilité des hémorrhoïdes tient, souvent pour une grande pari au resserrement du sphincter anal, resserrement dû lui-même aux phénomènes douloureux, à la présence d'érosion, de véritables fissures. On cherchera donc à calmer cette irritation de la sensibilité, en dernier terme on fera, si besoin, la dilatation forcée de l'anus.

On a conseillé, en cas d'irréductibilité complète, l'application de sangsues, les piqûres à la lancette : ce sont là des procédés dangereux, susceptibles de devenir le point de départ de l'inflammation di s hémorrhoïdes et de la phlébite. Les piqûres de sangsues, rebelles à toute antisepsie, sont particulièrement dangereuses. En cas semblable il faut avoir recours à l'intervention chirurgicale.

Nous parlerons plus loin de certaines complications amenées quelquefois par l'irréductibilité et l'étranglement herniaire : l'inflammation, l'ulcération, la gangrène.

On attribue à certains médicaments la propriété de diminuer la congestion hémorrhoïdaire en amenant la rétraction des veines dilatées : citons l'hamamelis virginiea, le capsicum, l'hysdrastis canadensis et l'ergot de seigle.

L'ergot de seigle est un médicament dangereux quand l'usage doit en être continué; il n'a pas sur les varices rectales d'action bien prononcée. Il vaut beaucoup mieux le laisser de côté.

Le capsicum annuum (piment) a été très vante depuis quelques années; on paraît en avoir exagère les bons effets; il s'emploie sons forme de pilules ou

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m poudre à la dose de 75 centigrammes à2 grammes par jour, ou bien à l'état d'extrait aqueux à la dose uY 50 à 80 centigrammes, moitié le matin, moitié le soir (Dujardin-Beaumetz).

L'hamamelis virginica, tout au moins inoffensive, a la prétention de guérir toutes les varices, y compris les hémorrhoïdes. On donne la teinture à la dose de 10 à 30 gouttes (5 à 10 gouttes trois fois par jour). En Amérique, la préparation la plus employée est l'extrait fluide que l'on donne à la dose de 4 à 8 grammes dans du sirop. Un extrait sec, connu sous le nom impropre d'hamameline se donne à la dose de 5 à 6 centigrammes en pilules (Soulier).

On trouve dans le commerce, sous le nom d'hamameline, des solutions qui renferment surtout les produits résineux, seuls véritablement actifs d'après certains auteurs. Cette solution peut sans inconvénient se prendre à doses très élevées. Elle parait avoir, en tout cas, une action réelle en cas d'hémorrhagie.

L'extrait fluide d'hydrasties canadensis, dont l action est comparée à celle de l'hamamelis virginica, se donne à la dose de 30 à 40 gouttes plusieurs fois

par jour. .

On a vanté encore la mille-feuille, la petite cheli-

doine et bien d'autres simples.

La présence des hémorrhoïdes, l'irritation de la peau anale et de la muqueuse rectale qui les accompagne, la survenue assez fréquente d'exulcérations ou de fissures, la congestion veineuse, l'inflammation même des tissus sont souvent la cause de douleurs vives qu'il faut combattre. Il s'y joint souvent, ce qui est un élément important d'aggravation, un certain degré de contracture du sphincter. Il y a

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donc lieu d'intervenir fréquemment pour calmer la douleur.

Les applications chaudes ou froides, chaudes surtout, y réussiront parfois. On pourra employer aussi les suppositoires calmants à la belladone, à l'extrait thébaïque,àla morphine, à la jusquiame(l). M. Reclus recommande tout spécialement les applications répétées d'eau très chaude (45-50°) et l'introduction flans l'anus de petits bourdonnels de ouate hydrophile imbibés de solution de cocaïne au 1/50, L'eau chaude tend à la fois à combattre la douleur et à amener la décongestion.

La cocaïne calme très bien la douleur : ce procédé très simple donne d'excellents résultats. Il facilite beaucoup la réduction en cas d'hémorrhoïdes procidentes et turgescentes.

Souvent en cas d'hémorrhoïdes, il y a une inflammation marquée de toute la région, et cela se traduit en particulier par un écoulement leucorrhéique plus ou moins abondant, des démangeaisons plus ou moins intenses, de la cuisson et même des douleurs vives. Il faut toujours chercher à empêcher cette irritation de s'établir, la combattre lorsqu'elle existe. Comme moyens préventifs, il faut surtout recommander les soins minutieux de propreté. Il faut que les malades tiennent toute la région dans un état aussi parfait que possible de netteté. Ils doivent se laver après chaque selle : le papier habituel ne suffit plus dans ces conditions spéciales, il a même des inconvénients sur lesquels il est utile d'insister.

Il sera bon que ces lotions soient faites avec des solutions légèrement antiseptiques ; mais l'eau bouil-

1 1 Voir le formulaire.

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lie est suffisante ; elle a l'avantage de ne pas être irritante.

En cas d'irritation plus vive, de suintement marqué, on aura recours aux lavages et aux injections astringents (tanin à 1/3 ou 1 0/0). Rosenheim recommande les instillations de nitrate d'argent à 0,5 ou 1 0/0. Extérieurement, on peut appliquer des pommades siccatives ou astringentes, à l'oxyde de zinc, au tanin, avec ou sans sel avec ou sans adjonction d'extrait de belladone ou d'extrait thébaïque.

Rosenheim indique la formule suivante :

Lanoline 20 gr.

S. N. de bismuth 2 —

Extrait d'opium 0 3

On a fait sur les hémorrhoides les applications les plus variées ; on peut surtout essayer le dermatol, le calomel, les préparations iodées.

Reissmann (l)les touche avec de la glycérine iodée, tout d'abord avec une solution faible :

Glycérine 33 gr.

Iode 0 20 centigr.

Kl 2 gr-

et plus tard avec une solution plus concentrée :

Glycérine 35 gr.

* Iode ... 1 — "

Kl 6 —

Sous l'influence de ces attouchemenets, on verrait rapidement les hémorrhoides diminuer de volume, les ulcérations se cicatriser; la guérison serait obtenue en deux ou trois semaines même dans les cas les plus graves?

I Cité par Ozenne in Hémorrhoides. Biblioth. Charcot. Debove.

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Les Mmorrhagws sont une des complications des hémorrlmides qui réclament le plus souvent l'inlerve ntion tl 1 érapeu t ique .

Ces hémorrhagies peuvent être légères, intenses ou graves. Des hémorrhagies relativementpeu graves par elles-mêmes, si un les considère isolement, prennent de la gravité par leur répétition. Elles sont de nature àamener une anémie qui peutdevenir extrême ; elles nécessitent alors l'intervention chirurgicale et la cure radicale.

Les hémorrhagies légères peuvent être traitées à l'intérieur par l'hamamelis virginica ou l'hydrastis canadensis, localement par des lavements froids, des applications froides, ou, mieux encore, des applications d'eau très chaude. On pourra faire des applications locales et des injections internes de solutions astringentes : tanin à 1-2 0/0; alun 1 à 3 0/0. nitrate d'argent, 0,50 àlet même 3 et 5 0/0, dans les cas plus graves.

On pourra encore essayer des injections de solution d'antipyrine à 1/20, des instillations de solution d'hamamelis. (Hamaméline du commerce.)

Unna et Kossobudskji ont recommandé vivement la chrysarobine. On enduit plusieurs lois par jour le bourrelet héniorrhoïdal avec la pommade suivante :

Chrysarobine 0 80 centigr.

Iodoforme 0 30 —

Extrait de belladone 0 60 —

Vaseline 15 gr.

Contre les hémorrhoïdes internes, on emploie des suppositoires.

Chrysarobine 0 10 centigr.

Beurre de cacao i à 3 gr.

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On y ajoute, au besoin :

Tanin 0 06 centigr.

Iodoforme 0 20 —

Extrait de belladone 0 02 —

OU

Extrait d'opium 0 02 —

L'emploi prolongé de la chrysarobine amènerait non seulement la disparition des hémorrhagies, mais ta diminution de l'irritation et même la régression des hémorrhoïdes.

En cas d'hémorrhagie plus grave, on fera le temponnement avec du coton ou de làgazeiodoformée. Le perchlorure de fer a été souvent préconisé en solution de 1/15 à 1/20, mais là, comme partout, il a de grands inconvénients, il vaut mieux ne pas s'en servir.

Landowski (1) a réussi à arrêter une hémorrhagie hémorrhoïdale très abondante en plongeant le malade dans un bain qui de 35° fut porté à 45°; l a nus était maintenu béant par un spéculum à clairevoie.

Les hémorrhagies par ulcérations sont rapidement graves, elles réclament L'application du fer rouge ou la ligature.

L'inflammation des hémorrhoïdes estime de leurs complications les plus graves : elle peut amener la production d'abcès, d'ulcérations, de phlébite, de pyléphlébite, les abcès du foie, la pyohémie; elle est souvent liée à l'étranglement et à l'irréductibilité.

On devra combattre celle inflammation au début parles applications de glace, les bains de siège, les applications et les injections chaudes. Autrefois, en

(1) Revue de Chirurgie, p. 500. 1881.

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cas semblables, ou appliquai! volontiers des sangsues. Celle pratique a causé de nombreux accidents, les piqûres de sangsues devenant le point de dépari d'une phlébite. Si l'on voulait se servir quand même de sangsues, il faudrait les placer non sur lé bourrelet hémorrhoïdal lui-même, mais à distance, sur la région fessière. Les calmants précédemment indiqués seront naturellement de mise

Tels sont les éléments du traitement médical des hémorrhoïdes.

Dans certaines conditions on devra recourir au traitement radical, et le médecin passera la main au chirurgien, à moins qu'il ne soit lui-même doublé d'un chirurgien. Il ne nous appartient pas de dir,e ici en quoi devra consister l'intervention chirurgicale, quelles seront les indications respectives de la dilatation forcée et de la cure radicale, ni de discuter la valeur des différentes méthodes préconiser. On trouvera tous les renseignements voulus dans la partie chirurgicale de cette collection,

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