‹ Thérapeutique des maladies des l'intestinChapitre 29 sur 79 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Oiai-rliée (i).

Il ne peut pas être question de faire ici l'histoire complète de la diarrhée; une semblable étude, comprenant l'étiologie, la physiologie et la séméiologie de ce syndrome réclamerait une place dont nous ne disposons pas. Elle sortirait du reste du plan de cet ouvrage.

Nous nous bornerons à des indications générales sur la thérapeutique de la diarrhée.

Cependant, les principes d'intervention thérapeutique que nous formulerons, à propos de la diarrhée considérée en général, pourront trouver leur application dans le traitement des diarrhées considérées en particulier et nous aurons l'occasion d'y renvoyer dans d'autres chapitres.

Définition. ■ — La diarrhée consiste essentiellement dans l'élimination par l'intestin d'une quantité d'eau venue de l'intestin grêle notablement supérieure à la normale.

Lorsque l'eau vientexclusivement du gros intestin, il y a une fausse diarrhée, comme dans certains cas de colite muco-membraneuse et dans la dysenterie.

(1) Ce qui concerne le traitement de la diarrhée ne peut pas être complètement séparé de l'antisepsie intestinale. On trouvera donc plus loin, sous ce dernier titre, des données complémentaire d'une grande importance.

Cette eau peul provenir directement de l'alimentation et être éliminée par un péristallisme excessif de l'estomac et de l'intestin, ou résulter d'une sécrétion exagérée du tube digestif ou de ses annexes. L'eau ainsi rejetée entraîne avec elle un mélange le plus souvent complexe de substances de nature et d'origine dissemblables. La prédominance de telle ou telle de ces substances, la bile par exemple, peut donner à la diarrhée une qualité prédominante : ainsi se caractérisent certaines variétés séméiologiques.

Nous allons passer rapidement en revue les facteurs principaux de l'étiologie et de la pathogénie de la diarrhée; nous nous étendrons peu sur ce point, mais il est impossible de faire une étude générale du traitement, si on n'a pas une idée suffisante des causes et du mécanisme de cephénomène pathologique.

Étiologie géuéralc de la diarrhée. — 11 y a, u une

façon générale, quatre grandes causes de maladie : 1» Les actions extérieures d'ordre physique ou

mécanique (traumatisme, chaleur, froid, etc.) ; 2° L'infection; 3° L'intoxication;

4° Le mode de réaction vitale particulier à telle ou telle catégorie d'êtres vivants et, surtout, l'excitabilité morbide du système nerveux (arthritisme,

nervosisme).

Assez souvent plusieurs de ces causes combinent leur action de telle sorte que, dans un cas particulier les éléments étiologiques demeurent très complexes, et toujours entre enjeu le mode particulier de réaction des individus, en présence de telle ou telle cause morbide.

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Chacune des catégories générales de facteurs étiologiques que nous avons énumérées peut être la fcausejpremière ou principale de la diarrhée, et, en se plaçant à ce point de vue, on pourrait distinguer :

1° Des diarrhées de causes physiques (froid, chaud, etc. I :

2° Des diarrhées infectieuses;

3" Des diarrhées toxiques;

4° Des diarrhées diathésiques (diarrhée nerveuse).

Il faut donc savoir reconnaître la nature de ces facteurs, l'importance de leur rôle dans tel ou tel cas, et apprendre à les supprimer ou tout au moins à les combattre d'une façon particulière.

Mais c'est là une vérité banale que, dans toute maladie, il faut supprimer les causes, et il est tout aussi important, pour faire œuvre louable de thérapeutique, de rechercher quel est le mécanisme de la diarrhée; ici nous rencontrons une question des plus discutées, qui se confond avec cette autre : Quel est le mécanisme de la purgation?

Deux camps opposés sont en présence : pour les uns il y a sécrétion exagérée du liquide intestinal, et, pour les autres, l'intestin chasse et expulse trop rapidement les aliments, les liquides fournis par la boisson et les sécrétions, de telle sorte que la résorption n'a pas le temps de se faire, et que le contenu de l'intestin ne peut pas subir, avant son expulsion, le dessèchement progressif auquel il est soumis dans les conditions physiologiques. C'est là un mécanisme très simple.

Ceux qui invoquent en première ligne l'hypersécrétion intestinale l'expliquent d'une façon diiïérente : il y aurait, pour les uns, une véritable intlam-

malion catarrhale plus ou moins marquée de la muqueuse intestinale, pour les autres sécrétion exagérée par turgescence vaso-motrice réflexe, pour d'autres enfin exhalation de cause physique par

exosmose.

Peut-être y a-t-il du vrai dans toul cela, et la question est-elle surtout «le déterminer le facteur prépondérant de la diarrhée dans tel ou te] cas. L'hypersécrétion semble se joindre assez souvent a l'exagération de la motricité.

Motilité excessive, vaso-motricité troublée, ce sont les deux éléments fondamentaux. Il est probable que le premier se traduit surtout par des coliques; il en résulte que ces douleurs ont une importante signification au point de vue de l'intervention thérapeutique. C'est par les calmants et surtout par l'opium qu'on les combattra.

Recherchons donc comment les causes générales agissent, pour produire la diarrhée, quel est le mécanisme par lequel elles la provoquent; cela nous donnera des indications sur le traitement qui leur convient.

Parmi les causes physiques, le froid est le plus important. Il agit certainement par voie réflexe, de façon à stimuler soit la motilité, soit, par suite d un trouble vaso-moteur, la sécrétion intestinale.

Le froid agira d'autant plus facilement que la susceptibilité personnelle sera plus grande. Son etfel est surtout marqué chez les nerveux et les arthritiques que Landouzy appelle si .justement les neuroarthritiques. Certaines personnes ont. du reste, une prédisposition particulière à la diarrhée : elles oui. comme on dit. l'intestin sensible, et c'est par la diarrhée que se I raduit chez elles l'efiet d'un reftoi-

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dissement toul aussi bien que d'une émotion. Il y a là une équation personnelle dont il faut tenir grand compte.

En parlant des 'purgatifs, nous avons, en somme, dit des causes toxiques toul ce que nous voulions en dire ici. Nous ajouterons seulement qu'on dehors des toxiques d'origine infectieuse dont nous allons parler, il y a des substances purgatives fournies par l'organisme lui-même. C'est ainsi que la bile est, comme on dit, un laxatif physiologique et que l'hypersécrétion biliaire s'accompagne presque forcément de diarrhée. La diarrhée n'est pas rare non plus dans l'urémie, et elle parait due à l'élimination par l'intestin de substances auto-toxiques : c'est donc une diarrhée qu'il faut respecter.

Le mécanisme par lequel les infections provoquent la diarrhée est certainement très complexe.

Il faut distinguer dans les diarrhées infectieuses, deux grandes catégories de faits :

1° L'agent infectieux reste localisé dans l'intestin. Il provoque son irritation, son inflammation, directement ou par les produits toxiques qui résultent de sa présence.

2° L'agent infectieux pénètre lui-même dans l'organisme et amène une infection générale comme cela a lieu dans la lièvre typhoïde.

Dans le premier cas. les substances toxiques, produites par l'agent infectieux ou sous son influence, peuvent agir à peu près exclusivement sur l'intestin. OU bien, si elles ont été résorbées, si elles ont échappé à l'action destructive du l'oie, elles donnent lieu à des manilestations générales de nature puretneni toxique. Ces! le cas dans ces états morbides qu'on appelle du nom commun d'embarras gastri-

que. 11 conviendrait, dans ces conditions, d'éliminer par voie rectale le poison qui se trouve formé dans l'intestin, de détruire l'agenl zymotique qui lui a donné naissance de favoriser L'élimination par les urines du poison résorbé, pour amener la guérisoo de la maladie, si toutefois il ne s'est pas fait, une entérite trop intense.

Dans le second cas, les mêmes indications se posent encore, mais ici il intervient un autre élément. La bactérie pathogène continue son évolution dans l'organisme, et c'est son existence qui règle surtout la marche et la durée de la maladie. Les phénomènes intestinaux passent en seconde ligne : c'est le cas dans la lièvre typhoïde.

Toutes les fois, en tout cas. que la diarrhée reconnaît pour cause un élément infectieux ayant pénétré dans l'intestin, il faut favoriser son évacuation et sa destruction. Le détruire, ou tout au moins réduire sa pullulation au minimum, c'est précisément là le bu! de ['antisepsie intestinale, à laquelle nous consacrerons une étude particulière. Ceci explique, en tout cas, qu'on unisse si souvent les antiseptiques aux antidiarrhéiques directs, qui, eux, ne s'adressent qu'à l'hyperpéristaltisme et à l'hypersécrétion.

V élément nèvropathique peut, par son action isolée ou prédominante, produire la diarrhée : c'est la diarrhée nerveuse, qui peut être passagère, comme à la suite d'une émotion, d'une peur, ou persistante. Cette dernière forme se voit chez des malades atteints d'une lésion de la moelle, comme les tabétiques, chez lesquels elle a été bien étudiée par le professeur Fournier, ou chez de simples névropathes, maladie de Basedow, neurasthénie, arthrilisme, hystérie.

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L'élément névropathique général, nous l'avons dit déjà, intervient souvent, dans une certaine mesure, dans la production des flux diarrhéiques de divers ordres.

Nous n'avons tenu compte jusqu'à présent que de l'élément physiologique et pathogénique ; il ne faut pas oublier qu'il peut s'y ajouter un élément anatomique, qu'il peut se faire de X entérite aiguë ou chronique suivant que les causes seront plus ou moins persistantes. L'entérite deviendra par elle-même un facteur de diarrhée, et, après avoir lutté contre la cause première, il faudra lutter contre la lésion de l'intestin qu'elle a laissée derrière elle.

Ce n'est pas tout, et le plan général de campagne contre la diarrhée que nous venons de tracer n'est pas suffisant ; il faut, de plus, pour pouvoir y remédier, connaître les conséquences nuisibles de la diarrhée pour l'organisme tout entier.

Par le fait d'une diarrhée abondante et persistante, les substances alimentaires sont éliminées sans avoir été digérées : de là une cause de véritable inanition, à laquelle le régime devra se proposer d'obvier.

Lorsque la diarrhée est très abondante, Xélimmation de Veau en quantité énorme peut amener des dangers particuliers, et se traduire par des phénomènes cholèriformes : l'a nu rie, la faiblesse du pouls, le refroidissement général, la cyanose. Il faut dire, il est vrai, qu'à l'élément mécanique se joint souvent un élément différent d'auto-i n loxication ; il n'en faut pas moins tenir grand compte de la perte d'eau subie dans ces conditions, ri agir contre cet élément morbide : de là les ingestions d'eau faites dans le choléra par voie veineuse ou hypodermique.

Maintenant que nous avons exposé quelles sont [es indications générales de La thérapeutique antidiarrhéique, il nous faut passer en revue les agents qui peuvent permettre de remplir ces indications. Nous devrons* successivement examiner :

r Le régime anti-diarrhéique :

2° Les médicaments qui paraissent agir surtout pour diminuer l'hyperpéristaltisme :

3" Les médicaments qui paraissent agir surtout pour diminuer L'hypersécrétion;

/i° Les moyens propres à combattre les effets fâcheux produits par une déperdition excessive d'eau.

Un chapitre particulier sera consacré à L'antisepsie intestinale, nous n'avons donc pas à lui donner place ici.

lo Régime. — L'indication générale est (I'' diminuer la masse alimentaire dans L'intestin, dediminuer surtout les résidus rebelles a la digestion, qui, comme la cellulose végétale, excitent plus ou moins vivement la contractilité intestinale, soit directement «soit indirectement, par les produits auxquels teur décomposition donne naissance. 11 faut donner une alimentation très nourrissante, sous un petit volume,

ce qui élimine les Légumes verts. 11 faut user de préférence de certains aliments qui jouissent de propriétés astringentes, et proscrire ceux qui jouissent de propriétés contraires. H y a. à ce point de vue, des idiosvncrasies dont il faut tenir grand compte.

Enfin, il faut tâcher, parla qualité el la quantité des aliments ingérés, de diminuer les fermentations intestinales el La quantité de toxines apportées deja toutes fabriquées par les aliments eux-mêmes.

Lorsque la diarrhée est passagère, quelle résulte, d'un simple embarras gastrique, on remplit pour le

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