INDICATIONS THÉRAPEUTIQUES
contre avec des états tout à fait opposés de cl 1 i misme gastrique. Elle coïncide volontiers avec des phénomènes de dyspepsie nervo-motrice, avec un mélange plus ou moins intime de spasme et d'atonie. Le spasme vers le côlon se traduit alors par l'existence d'une corde colique très accentuée. Les neuro-arthritiques et les neurasthéniques ysont surtout prédisposés. Dans les cas graves, la neurasthénie est encore exagérée par les manifestations abdominales.
L'entérite muco-membraneuse accompagne souvent aussi l'entéroptose. Si l'on veut se faire une idée exacte de l'entérite muco-membraneuse clans son ensemble, il ne faut pas perdre de vue ces relations, ne seraient-elles même que des relations de coïncidence pathologique.
Comment donc faut-il traiter les malades atteints de colite muco-membraneuse?
Les indications à remplir d'après l'exposé de séméiologie et d'étiologie qui précède sont assez nombreuses. Il faut :
1° Combattre la constipation ;
2° Combattre l'infection et l'auto-intoxication d'origine colique ;
3° Combattre la colite, chercher à modifier l'hypersécrétion muqueuse ou muco-membraneuse ;
4° Instituer un régime alimentaire et une hygiène convenable ;
5° Calmer les douleurs, s'il y a lieu ;
6° Modifier, améliorer l'état général ;
7° Traiter les complications ou les coïncidences morbides.
Voyons donc comment on pourra chercher à remplir ce programme.
Gomtipathn. — En dehors des crises, des débâcles passagères, la constipation est un phénomène constant dans l'entérite muco-niembraneuse. La constipation se révèle souvent, dans les formes graves surtout, par l'apparition de scybales ovillées ou de fragmentsplus oumoins irréguliers, des éclats de petites houles locales dures.
Cela va très bien avec la constipation spasmodique que Fleiner (1) oppose à la constipation ato nique. La constipation spasmodique résulterait d'un véritable resserrement, une véritable contracture du gros intestin. Tantôt les selles sont moulées el comme passées à la filière, tantôt elles sont ovillées : c'est ce qui se rencontre le plus souvent dans l'entérite muco-membraneuse. Il y aurait du reste souvent alternative d'atonie et de spasme sur des segments différents de l'intestin, alternative de zones contractées, resserrées et de zones relâchées.
Le spasme du gros intestin se traduit à l'exploration par l'existence de la corde colique dont Glénard fait, à tort selon nous, un des signes de l'entéroptose. Or, dans l'entérite muco-membraneuse on rencontre souvent la corde colique; elle occupe des segments plus ou moins étendus du gros intestin: les parties contracturées sont souvent douloureuse^ à la pression, ce qui est encore un argument en faveur du spasme colique.
Un autre argument peut être aussi invoqué en faveur de ce spasme intestinal. On a remarqué depuis longtemps (pie les fausses membranes rejetées pouvaient avoir l'aspect d'un véritable cylindre creux ou plein : or ce cylindre est souvent très inférieur
(1) Berliner Klin. Wochensch.. iv> 3, 1893.