‹ Thérapeutique des maladies des l'intestinChapitre 49 sur 79 · CEINTURE OU SANGLE ABDOMTNALE · texte numérisé non relu

CEINTURE OU SANGLE ABDOMTNALE

nom de son inventeur, est faite, en somme, sur le modèle des ceintures de gymnastique ou des ceintures des pompiers. Elle est en tissu élastique d'une assez grande résistance. Elle se boucle par trois boucles superposées et indépendantes. On la fixe dans sa situation, soit par des sous-cuisses, soit par desjarretelles qui sont attachées en haut à la ceinture, en bas à la partie supérieure des bas.

La sangle se met assez bas, de façon à passer audessous de la crête iliaque, ses bords restant horizontaux et parallèles, on commence par fixer la boucle inférieure. La sangle doit être fortement serrée. Chez les malades qui ont plutôt le ventre rentrant que saillant, on peut en renforcer l'action en y ajoutant une ou plusieurs pelotes en peau de chamois ou en peau de daim rembourrées de laine ou de crin. Pour ma part, je fais volontiers faire un coussinet triangulaire aplati; plus épais en bas qu'en haut, destiné à se loger au-dessus du pubis, le sommet du triangle en bas, la base en haut. Même lorsqu'il existe un rein mobile, je ne me sers pas des pelotes représentées sur la figure : elles sont gênantes et inutiles.

M. Monteuuis a eu l'idée de faire faire une sangle abdominale constituée en avant par trois bandes élastiques séparées l'une de l'autre; cette sangle àbandes multiples en avant aurait l'avantage de se mouler beaucoup mieux sur l'abdomen. Nous avons fait des essais dans le même sens, pour appliquer le même principe; nous devons avouer qu'ils n'ont pas jusqu'à présent été très heureux.

Lorsque l'abdomen présente une saillie assez considérable, la sangle devient d'une application difficile. Dans ce cas, il est bon de faire porter une

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ceinture comprenant deux parties; une partie horizontale taillée comme la sangle de Glénard j>ass;in l au-dessous de l'oml)ilic, que son bord supérieur n'atteint pas. Elle est renforcée au-dessous par une seconde sangle placée obliquemment, en échappe, qui, par ses deux extrémités, va s'attachera la partie latérale et postérieure de la sangle principale, de la 'sangle horizontale. De cette façon, on obtient une contention beaucoup plus parfaite.

Ce n'est pas quelquefois sans une certaine difficulté qu'on obtient que la sangle soit portée avec un degré suffisant de constriction. Quelquefois, pour obtenir l'accoutumance, il faut, au début, ne la serrerque modérément. On peut aussi ne la faire porter que quelques heures dans la journée. Parfois, il est bon de protéger les épines iliaques contre la compression intense à ce niveau par un petit coussin de ouate.

Je fais toujours quitter la sangle au lit; les malades doivent la mettre avant de se lever, de façon à fixer les organes dans la situation que leur a rendue le décubitus dorsal.

Le port de la sangle rend un grand service à un certain nombre de dyspeptiques et de neurasthénique; elle leur enlève l'un des éléments de leur maladie, la sensation de malaise, de vide dans l'abdomen, de liraillement dans les reins; elle paraît dans bien des cas contribuer à améliorer l'état général et les troubles dyspeptiques.

Ces bons ell'ets montrent bien que le relâchement de la paroi abdominale, le défaut de la tensîbn consécutive, la tendance de l'intestin à la ptôse ont une réelle importance dans la constitution de certains étals complexes d'atonie gastro-intestinale et de neurasthénie.

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%°Béffime alimentaire.— Le régime que conseille Glénard présente une analogie marquée avec celui que nous conseillons dans le traitement de la dyspepsie nervo-motrice gastro-intestinale (1). Il met en première ligne dans ce régime la viande crue, les œufs, la viande grillée et rôtie, le jambon, les poissons maigres. Il rejette en seconde ligne la viande bouillie, le gibier, les légumes, le vin rouge; en troisième ligne, les sauces, les graisses, les fritures. Sauf quelques détails, nous accepterions volontiers l'ensemble de son programme culinaire pour le traitement de la dyspepsie nervo-motrice.

Il considère, nous l'avons dit déjà, l'intolérance pour le lait et le laitage comme un des signes principaux et caractéristiques de l'entéroptose. L'attention éveillée sur ce point, nous n'avons pas pu nous convaincre encore de l'incapacité à supporter le lait que [présenteraient la plupart des dyspeptiques à hypo- I tension abdominale. Beaucoup ne le prennent pas 'volontiers à cause surtout de son goût fade ; il nous -semble qu'il y là auto-suggestion plus que toute ; autre chose, souvent sinon toujours.

3 ' Laxatifs salins. — Les entéroptosés sont constipés, en règle générale; ils ont assez souvent, à un degré plus ou moins marqué, de la colite muqueuse, et quelquefois des débâcles diarrhéiques auxquelles il i importe d'attribuer leur signification exacte si l'on m' veut pas traiter comme diarrhéiques des malades qui sont en réalité constipés. Glénard conseille, • If préférence, à titre de laxatif, une eau minérale, I l'eau de Sedlitz ou ses succédanées, que l'on donne matin àpetiles doses, à doses suffisantes pour que

(1) Thérapeutique des maladies de Veslomac, p. 329.

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les malades aillent à la selle une ou deux fois facilement.

Glénardfait prendre chaque matin en se levant, 15 minutes avant le premier repas, ou au premier réveil s'il est suivi d'une longue insomnie ique ce soit à 10 heures du soir, à 42 heures, à i heures ou à 6 heures du matin), l'un des laxatifs suivants : un paquet de sulfate de soude de 4 gr., de gr, de sulfate de magnésie, que l'on fail dissoudre dans un demi-verre d'eau, ou encore un demi-verre d eau de Janos, un quart de verre d'eau de Rubinat ou de Villa-Cabras , une cuillerée à café de Sedlitz granulé, une cuillerée à café de sel de Carlsbad.

Lorsque la constipation persiste ou que les selles sont trop aqueuses, il ne supprime pas le laxatif salin, mais il en corrige ou en complète l'action, par l'usage de l'aloès, et il formule :

Extrait d'aloès j ~a 5 cenligr.

— de rhubarbe )

pour une pilule ; en prendre tous les soirs une en se couchanl.

Ou encore :

Aloès ? cenlier-

Bicarbonate de soude 15 —

pour un paquet; un avant chaque repas.

Il affirme que, sous l'influence de l'aloès ainsi donné, les selles liquides provoquées par le laxatif salin tendent à devenir plus denses. Voici, a ce propos, la conclusion d'apparence paradoxale pd laquelle il résume sa pratique à cet égard.

« Lorsque les laxatifs salins, sulfate de soude ou magnésie, pris chaque matin à petite dose (6 a 8 grammes) provoquent des selles aqueuses, l'aloès

LAXATIFS SALINS Ml

pris concurremment tous les deux soirs à petite dose (5 centigrammes) augmente leur densité et leur rend une consistance presque ou tout à l'ait normale (1). »

Sous la double influence des laxatifs salins et résineux, on obtiendrait ainsi une selle quotidienne normale comme densité et comme quantité : c'est le but qu'il faut chercher à atteindre.

Il est incontestable que beaucoup de dyspeptiques constipés se trouvent très bien de cette purgation saline faible et répétée. Sous cette influence, ils voient diminuer leurs malaises locaux et généraux; l'appétit réapparaît, ils digèrent mieux, ils ont la tête plus libre, ils se sentent plus forts, moins fatigués.

Cependant cette médication laxative n'est pas toujours également bien tolérée. Chez quelques malades on est obligé, pour obtenir l'effet voulu, d'employer des doses trop considérables d'eau minérale, et il est à craindre qu'à la longue cette eau n'ait une influence dépressive marquée sur les fonctions de l'estomac. Chez certaines personnes, cette cure paraît provoquer des crises gastralgiques. Il y aurait lieu de rechercher, ce qu'on ne sait pas encore d'une façon suffisante, dans quelle mesure l'usage répété des eaux minérales purgatives peut devenir nuisible.

Il faudrait rechercher de quelle façon elle influence la sécrétion et la motilité stomacale, soit à bref délai, soit à distance, secondairement. Il y aurait lieu aussi de déterminer quelle est son action sur la digestion prise dans son ensemble et sur la nutrition. L'action sur l'utilisation des aliments des trois

(1) Exposé sommaire du traitement de l'entéroptose,?. 25.

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ordres, sur l'assimilation et la désassimilation aurai! certainement une signification beaucoup plus importante que l'action locale sur l'estomac

L'inconvénient de la purgation répétée, c'est qu'elle ne paraît guérir que les symptômes, non la maladie même. Dès que l'action laxative d'une dose d'eau minérale purgative se trouve épuisée, les malades restent plus constipés encore qu'ils ne l'étaienl auparavant. C'est donc indéfiniment qu'il leur faudrait faire usage des eaux ou des sels purgatifs.

Pendant combien de temps peuvent- ils s'en servir sans inconvénient? C'est une question à laquelle on ne peut guère faire qu'une réponse arbitraire, basée sur une appréciation subjective beaucoup plus que sur une démonstration objective. Pour notre part, nous supprimons cette médication au bout de quinze jours environ; tout d'abord, nous ne donnons plus l'eau purgative que tous les deux jours. Les joui s intercalaires, le malade cherche à aller à la selle tout seul, spontanément, en se présentant à la garde-robe précisément à l'heure à laquelle il a l'habitude d'y aller les jours d'eau minérale. On peut alors faire intervenir à ce moment le massage, l'électrisation du ventre, la gymnastique. Si cela ne suffit pas, on est obligé d'avoir recours à la série de laxatifs que nous avons étudiés ailleurs.

Médication alcaline. — Glénard recommande vivement l'emploi du bicarbonate de soude dans ce qu'il appelle la période gastrique de l'entéroptose : c'est une médication secondaire à laquelle il attribue, contre les phénomèmes de dyspepsie stomacale concomitante, une importance très grande.

Il recommande de boire aux repas soit de l'eau de Vais (Vivaraise, Précieuse, etc.), soit de l'eau de Vichy

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