CHAPITRE V
Occlusion intestinale.
Les causes de l'occlusion intestinale sont très nombreuses. On peut distinguer (1) :
a) Les causes agissant en dehors de V intestin : Étranglement par des pseudo-ligaments, dans des
fentes ou des trous de l'épiploon ou du mésentère;
Étranglement par des diverticulcs, par l'appendice vermiforme :
Hernies internes ;
Compression de causes diverses par des tumeurs de nature très variable.
b) Les étranglements de l'intestin par torsion, formation de nœuds, par coudures (volvulus :
c) Obstruction de la lumière de l'intestin : Par calculs biliaires ;
Par un calcul intestinal; Par corps étrangers ; Par des matières fécales.
d) Obstruction par l'intestin lui-même. Invagination. Intussusception. L'invagination peut être .aiguë ou chronique.
e) Occlusion de V intestin par des lésions de ses parois. Ré tr éc issement cicatriciel.
(1) Peyrot, Th. d'agrégation, 1880. — Jalaguier, traite de chirurgie, t. VI. — Courtois-Suitit, Traité de médecine, t. III, p. 52!.'
Rétrécissement par lésion cancéreuse.
Quelquefois les phénomènes de l'occlusion intestinale se montrent sans Lésion, sans cause matérielle appréciable, par une sorte de paralysie des parois intestinales. Ce sont les pseudo-étranglements.
La place nous manque pour discuter ici comme il conviendrait, l'importante question du diagnostic de L'occlusion intestinale el de ses variétés si étroitement Liée à celle des indications thérapeutiques.
Nous ne pouvons guère cependant nous dispenser d'en donner un tableau sommaire: ce tableau ne sera que le résumé du chapitre consacré par Jalaguier au diagnostic de l'occlusion intestinale dans son excellent article du Traité de Chirurgie.
Rappelons tout d'abord que, suivant l'intensité de ses manifestations, l'occlusion intestinale peut être divisée en deux catégories principales : l'occlusion aiguë et l'occlusion chronique.
Les questions à résoudre sont les suivantes :
1° Les symptômes d'occlusion dépendent-ils d'un obstacle mécanique?
2° Ou siège cet obstacle ?
3° Quelle en est la nature ?
On doit tout d'abord rechercher s'il n'existe pas une hernie étranglée: il faut pour cela explorer avec soin toutes les régions qui peuvent être le siège d'un semblable accident.
Il faudra toujours aussi pratiquer le toucher rectal, el chez la femme le loucher vaginal.
Le choléra, certains empoisonnements, lescoliques hépatiques ou néphrétiques peuvent dans une certaine mesure simuler l'occlusion intestinale.
La péritonite aiguë ou chronique est d'un diagnostic beaucoup plus difficile, parfois presque insoluble, sur-
tout lorsqu'il s'agit du diagnostic de la péritonite aiguë et de l'occlusion aiguë.
Voici les signes différentiels d'après le professeur Duplay (1) :
Péritonite. — Vomissements féealoïdes plus rares. Constipation moins complète. Généralisation plus rapide de la douleur, qui est en môme temps très superficielle. Quelquefois matité dans les lianes ou à l'hypogastre correspondant à, un épanchement péritonéal. Température supérieure à la normale dans la péritonite, normale ou abaissée dans l'occlusion.
Siège de Voeclusiolù — Occlusion aiguë : intestin grêle; occlusion chronique : gros intestin.
La localisation du début, de la prédominance el du point de départ de la douleur correspond en général à la localisai ion de la lésion.
Tuméfaction limitée dans certains cas au niveau de l'occlusion. Déformation de l'abdomen : région ombilicale soulever, abdomen globuleux dans l'occlusion de l'intestin grêle. Ballonnement prédominant vers les lianes, dans l'occlusion du gros intestin.
Le ballonnemeut du csecum et du côlon indique un obstacle sous-jacenl du gros intestin (Bouverel . On reconnaît le ballonnement el la dilatation du csecum aux signes suivants : 1° Clapotement caecal à timbre amphorique; 2° au moment des contractions, soulèvement eu dos d'âne delà paroi abdominale allant de la losse iliaque vers le rebord costal; 3° météorisme plus prononcé à droite qu'à gauche de l'ombilic: V début des coliques par la losse iliaque droite: 5° maximum de la douleur spontanée et provoquée dans la fosse iliaque droite.
(I) Arch. générales de Médecine, 1876, p. 513.