EFFETS SUR LA SÉCRÉTION URINAIRE
n'est que plus tard qu'elle a^it sur le cœur luimême.
A doses modérées^ la digitale est sans conteste un agent de régularisation et de ralentissement des battements du cœur (Bouillaud, Cliauveau, Siredey, Legroux, Gubler), soit d'emblée, soit après une période d'accélération préalable (Laënnec, Ilirtz), En même temps, elle accroît l'énergie des contractions cardiaques et augmente la tension artérielle; cette dernière résulte à la fois de l'augmentation d'énergie d\i muscle cardiaque et de la contraction des artérioles et des capillaires périphériques.
A doses toxiques ou lorsque son action est trop longtemps continuée, la digitale, par un effet contraire, ramène la précipitation et l'arythmie dans les battements du cœur; plus lard elleprovoque une véritable pai'alysie circulatoire, primitive pour les uns (Stannius), secondaire pour les autres (Bouley etReynal).
C. Effets sur la sécrétion urinaire. — Contrairement à ce que croyaient Witliering, Hutchinson, Bouillaud, Murray et Trousseau, la digitale n'active point la diurèse cliez l'homme en bonne santé. Bien plus, quelques auteurs ont prétendu que, si on donne ce médicament à dose élevée, on note une diminution très sensible dans la quantité des urines; mais cette déclaration est trop exclusive, etFonssagrives (Z)<r/. enr.ydop. scienc. mêd., p. 417, t. XXIX, 1884) a fait remarquer avec juste raison que les observations d'empoisonnement accidentel par de fortes doses de digitale, signalent toutes l'abondance des urines comme un symptôme constant. Quoi qu'il en soit, si à l'état physiologique l'action diurétique de la digitale est nulle (Traube, Jlirtz), elle est au contraire, à l'état pathologique, un des diurétiques les
plus puissants, ainsi que l'ont établi Ncuniann, Vassal [Dissert, sur les eff. de la dkiit. pourjrr. dans Vhydrapme, 1809), Strohl {Gaz. méd., Strasbourg 1849) et surtout Lorain et Lozes [Contrih. à Tact. j)hys. et thérap. de la dkjit.^ 1875). Mais comment la digitale produit-elle la diurèse? La digitale est sans action sur le rein, déclare Ilirtz {Nouv. Dkt. mèd. et cliirury. lirai., t. XI, p. 538, 1872), et d'ailleurs la digitale est trop diluée pour exercer une action irritante sur cet organe (Gubler). Legroux et Trousseau pensent (fue cette action est due à xme modiûcation dans la circulation intra-rénale. Mais si on se rappelle qu'un des effets les plus certains de la digitale est d'élever la tension artérielle, et que d'autre part, toute augmentation de pression vasculaire, ainsi que l'a montré Liidwig, est une cause de diurèse, on peut expliquer aisément l'action diurétique de la digitale; c'est ainsi que Vulpian l'avait compris. Toutefois la diurèse ne paraît pas être proportionnelle à l'exagération de la tension artérielle, comme l'ont prouvé LauderBrunton et Power, de Londres [Dixrelisch. Wir1c. der Dù/it. Cenfralhl.j n° 1874), dans ime curieuse expérience. Ils introduisent une sonde dans l'urèthre d'un chien, puis lui injectent une certaine quantité de digitaline: ils constatent alors que la diurèse ne survient pas immédiatement alors que la pression artérielle s'élève, mais quelques heures après, au moment où t;elle-ci commence à baisser. 11 y aurait même, au début, une diminution de la sécrétion urinaire que ces auteurs attribuent au spasme artériel général auquel prennent part les artérioles du glomérule de Malpighi; dans la suite, ce spasme disparaît, les artérioles se relâchent, et c'est alors que se produit la diurèse.