‹ Thérapeutique des maladies du cœur et de l'aorteChapitre 39 sur 112 · KOLA · texte numérisé non relu

KOLA

En fait, le café verl eslpeu diurûLique, car son graiti est très dur et se laisse difncilemenl pénétrer pjir l'eau en infusion (Crinon).

Kolu.

La kola, originaire d'Afrique, dont la graine ou noix de kola a été introduite il y a quelques années dans la thérapeutique [G. Sée, Lapicque (189()j, Combemale, etc.], est un tonique du cœur et un tonique général. La noix de kola renferme une grande quantité de caféine, une faible quantité de Ihéobromine, du tannin et un produit particulier dit rouge de kola.

Un élève de Dujardin-Beaumetz, Monnet, lui a consacré une thèse intéressante (1884) dont les conclusions établissent que la noix de kola agit par la caféine etia théobromine qu'elle contient; c'est un Ionique du cœur, dont elle accélère les battements et régularise les contractions; elle relève les pulsations radiales, en augmente l'amplitude. Comme corollaire de son action sur la tension artérielle, on voit la diurèse augmenter, mais en faible quantité, on pourrait donc l'employer utilement dans les cardiopathies avec hydropisie. Enfin la kola est un tonique général, véritable modérateur de la dénutrition.

La kola s'administre à l'état torréfié, en infusion, en teinture, en alcoolature, en élixir, on extrail.

Stropliantus.

Le strophantus est un médicament cardiaque récemment étudié, que quelques-uns considèrent déj;t

STROPIIANÏUS

comme l'émule de la digitale; mais, à l'heure présente, il est encore prématuré de se prononcer sur la valeur absolue de ce médicament, car il existe près de vingt espèces de strophantus dont la composition et les effets thérapeutiques sont mal séparés les uns des autres.

Les strophantus (Apocynacées) viennent d'Afrique, d€s Indes et de Java; ce sont des lianes de grande hauteur croissant dans les fourrés épais ; les fleurs apparaissent plusieurs mois avant les graines. Quelques variétés du strophantus produisent le poison des Pahouins, Vinée ou Vouage, dont les naturels imprègnent l'extrémité de leurs flèches de guerre.

Les premiers travaux entrepris en France sur le strophantus sont dus à Pelikan (1865), puis à Vulpian, Polaillon et Carville {Arch.de Physiolog. 1871-72). Ces derniers auteurs paraissent avoir employé le sfroj)7iantus glabre du Gabon ; il résulte de leurs recherches que le strophantus est un poison énergique qui paralyse le cœur. Fraser, d'Edimbourg qui a étudié le strophantus avec soin, désigne la variété dont il s'est servi sous l'épilhète àliispidus^ alors que, d'après Hayem, il aurait employé probablement l'espèce la plus commune ou strophantus Jcornbé.

Le principe actif du stropliantus esi\si strophantine ; mais ici encore nous nous trouvons en présence de plusieurs espèces, et nous ne savons point encore celles qui doivent être employées de préférence dans la thérapie cardiaque.

On distingue en effet, à l'heure présente :

1» La strophantine de Fraser, très amère, très soluble dans l'eau, très peu dans l'alcool, insoluble dans l'éther et le chloroforme ; elle est extraite de la variété kombé ;

' STHOI'IIANTUS

^2" La slrophaiiline de Hardy et Gallois, extraite des graines, qui ne serait, d'après eux, ni un glucoside ni un alcaloïde ; elle a été récemment perfectionnée dans sa préparation avec le plus grand soin ])ar Catillon ;

3° La stroplmntine cristallisée d'Arnaud, extraite du slropliantus kombé ; c'est une substance blanche, amère, cristallisée en paillettes étoilées, peu soluble dans l'eau, très soluble dans l'alcool.

Knfin le principe actif, d'après Mairel, Combemale et (irognier [Soc. de Biolofj. 1887), serait encore contenu dans l'extrait alcoolique et dans l'exirait aqueux.

ACTION PHYSIOLOGIQUE. - Le strophantus est un poison du cœur; les travaux de Polaillon et Caryille, de Fraser, et ceux plus récents de Paschkis el Zerner, ont montré que cette substance n'a point d'action sur le système nerveux et les vaso-moteurs, mais qu'elle abolit la contractilité des fibres musculaires striées ; le conir, plus rapidement imbibé par le toxique, est touché le premier, alors que les autres muscles conservent encore leur contractilité. D'après Gley et Lapicque [,Sor. de Bioloij. 1887), la strophantine diminuerait le 'pouvoir réflexe de la moelle ainsi que l'excitabilité des nerfs et des muscles ; elle produirait encore une vaso-constriction généralisée. Outre son action paralytique incontestable sur le cœur, Langgaard(rA^rrt;?. JA^/i^/A^A., 1887 admet que le strophantus agit également sur le système nerveux.

EFFETS THÉRAPEUTIQUES. -Hs ont été étudiés avec soin, d'abord par Fraser, qui a introduit le pre-

EFFETS TUÉRAPEUTIQUES 123

mier le slroplianlus dans le traitement des maladies du cœui- ; plus récemment, en France, Diijardin-Beaumetz, et surtout Bucquoy ont repris son étude et examiné son action sur le cœur et sur la diurèse {Acad. de i/erf., janvier 1889.) Citons encore les recherchesdeCatillon (1887), d'Arnaud, elles recherches cliniques de David Evans {Lancefj 1888), les travaux de Rosenbusch [Berlin. Klinilc. Worhensc. 1888), d'Egasse [Bidletiii de Thérap. 1889), etc. Fraser, très enthousiaste, pense que le strophantus est aussi efficace que la digitale ; d'après lui, cet agent médicamenteux régularise le pouls, relève la pression intravasculaire, active la diurèse, dissipe la dyspnée et les hydropisies. Il aurait môme sur la digitale un quadruple avantage :

1" Il agirait avec une rapidité plus grande et d'une façon plus durable; 2° il n'exposerait pas aux acci- ■denls qui résultent de l'accumulation du médicament dans l'organisme; 3" son administration, même prolongée, n'occasionnerait que très rarement des troubles gastro-intestinaux ; 4° le strophantus, enfin, ne provoquerait pas de contraction vaso-motrice, laquelle est nuisible au cœur, puisqu'elle augmente la résistance, et par conséquent l'effort que le myocarde est obligé de développer à chaque systole.

Le slophantus est un médicament de soutien pour l'action cardiaque, c'est un tonique du cœur dont il Augmente l'énergie des systoles. Il est très bien supporté et ne produit pas d'effet accumulatif comme la ■digitale; le seul symptôme d'intolérance est parfois une diarrhée sans coliques qui cesse dès que la médication est suspendue. On peut donner le médicament durantdix à quinzej ours consécutifs et peut-être davantage sans inconvénient ; déplus l'accoutumance

l^i STHOI'nANTUS

n'en détruit pas les effets, car l'action thérapeutique persiste assez longtemps encore après la cessation du médicament. Lenioine, en employant des extraits ou de la teinlun^ alcoolique, a constaté que le stroplianlus produisait des effets diurétiques. G. Sée a nié celte action, que d'autres auteurs cependant ont retrouvée. Bucquoy et Dujardin-Beaumetz, entre autres, ont insisté sur cet effet diurétique.

Toutefois la diurèse produite par le slrophantus n'est point comparable aux véritables débâcles urinaires produites parla digitale; elle se manifeste par une émission d'urine régulière, constante, toujours à peu près de la même abondance journalière, pendant la durée de l'administration du médicament.

Enfin le strophantus élève la tension artérielle, mais non constamment; le pouls devient plus fort et plus plein, se ralentit et se régularise (Zerner et Low, Wien. Mi'd. Wochenschr. 1887). De plus il po.ssède cette propriété précieuse de calmer la dyspnée, si pénible habituellement dans les maladies du cœur.

C'est surtout dans les affectiom mitrales que le strophantus s'est montré un agent thérapeutique vraiment actif.

Indications du strophantus. — Dans les Usions mitrales,le strophantus relève l'énergie des contractions cardiaques, lorsque la compensation est rompue ou tout au moins insuffisante. Dans ce cas, c'est un excellent médicament pour ralentir, renforcer ei régidariser le cœur. Le premier de ces effets est le plus rapide ; le dernier demande quelques jours pour se produire ; la dyspnée et les œdèmes sont promptement dissipés. La digitale, toutefois, est plus .sûre, car dans la plupart des cas où le strophantus a échoué elle s'est encore montrée efficace.

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