‹ Thérapeutique des maladies du cœur et de l'aorteChapitre 48 sur 112 · OPIUM · texte numérisé non relu

OPIUM

Dose : I à 2 cuillerées à café dans une infusion aromaiique.

Potion <!<• uilritc Ac sodium.

Eau distillée m gv.

Sirop d'écorces d'oranges améres 25

Nitrito do sodium ^

Dose : 1 à 2 niilhréos à soiipfi par Jour.

Opium.

ACTION PHYSIOLOGIQUE. — Les propriétés stimulantes de l'opium sur la circulation sont connues depuis fort longtemps; l'opium est un excellent cordial, disait Sydenham; il élève le pouls, le dilate, le rend plus souple... et quelquefois plus fréquent, disait Bordeu. Cullen reconnaissait que « les narcotiques, au lieu de se comporter toujours comme des sédatifs ou de diminuer l'action du cœur, sont souvent de puissants stimulants pour cet organe, et quand ils commencent à agir, ils augmentent souvent sa force et sa puissance ». De même, Hufeland trouvait dans l'opium un excitant de l'appareil circulatoire. Plus récemment, Vibert (1875), Gubler {Indicat. comparât, de la morph. et de la di^jit. dans le cours des afect organ. du cœur, Journ. de thérapeutique 1877), Bordier, Laborde [Soc. Biolog., 1877), Picard {Acad. des Se 1878), ont bien mis en lumière les résultats favorables qu'on peut attendre de l'emploi de r opium dans certaines affections cardiaques.

De ces différents travaux, il résulte que V opium et la morphine produisen t trois phénomènes importants : la stimulation des battements du cœur, la dilcdaiion des vaisseaux et Vaiaîssmmtde la tension sangume. L'atome yasculaire n'est point seulement bornée aux.capil-

UI'IUM

laires péripliériques, elle s'élend aussi aux artères el le dévoloppeniciil, du pouls dépend à la fois de la force d'impulsion cardiaque el du défaut de résistance de la paroi artérielle. Outre celle triple action l'opium jouil encore de la propriété si importante de caïmer la d//.y»u'e (A. Renault, IHIA).

Indications tuérapeutiolks. — Par son action multiple, l'opium répond aux grandes indications fournies par les maladies aortiques (lésions sigmoïdiennes, aorliles, angine de poitrine vraie); il diminue ou fait disparaître les accès de dyspnée il calme les douleurs d'angor pectoris, et, de plus combat l'anémie cérébrale (vertiges, lipothymies)' en determmanl un état congestif de l'encéphale. '

Cette dernière action physiologique entraîne la contre-indication formelle de l'opium dans les affections mitrales; son action serait nuisible au malade en augmentant la congestion passive encéphalique si fréquente en pareil cas, etcontre laquelle lesbromures alcalins et le chloral luttent avec tant d'avantages.

PHARMACOLOGIE. POSOLOGIE. - Le meilleur mode d'administration de l'opium consiste à employer la morphine et spécialement le f7i/or%f?ra^e^/emo>p7i?Vîe eninz/ections som-n,fanées. Celles-ci peuvent être dosées de différentes façons : au centième, au cinquantième, au vingt-cinquième qui représente la limite de solubilité de cette substance. La meilleure est certainement la solution suivante, au cinquantième.

Solalion de chlorhydrate de morphine.

Eau distillée de laurier-cerise 50 gr

Chlorhydrate de morphine . , i '

La seringue tout entière, qui contieni 1 gramme de

POSOLOGIE 175

blinde, renferme 2 centigrammes ih chlorhydrate do morl'hine.

Au début, on fera bien de s'en tenir au quart de la seringue, soit 5 milligrammes de chlorhydrate de morphine, et d'augmenter peu à peu les doses si besoin est. Celte solution doit être préparée avec de 1 eau distillée de laurier-cerise, de préférence à l'eau distdlee simple dans laquelle des mucidinées ne taraient pas à se développer, et la solution s'altère. Avec l'eau de laurier-cerise, on n'a pas à craindre >cet mcident, et la solution peut se conserver intacte I |)endant fort longtemps.

Quelques malades supportent mal la morphine et -sont pris rapidement de vomissement dès que l'injjoction a été pratiquée. Dans ce cas, on se trouvera 'bien à' associer V atropine à la moriMne, qui, loin de présenter un antagonisme thérapeutique, donnent par leur association un excellent résultat. On formuilera :

Solution de chlorhydrate de morphiue et de sulfate d'atropine.

Eau distillée de laurier-cerise 10 or.

Chlorhydrate de morphine 0 10

SuJfate neutre d'atropine 0,01

La seringue tout entière renferme 1 centigramme de- •hlorhgdrate de morphine et 1 milligramme de sidfate d'aopine.

Dose : une demi-seringue d- abord.

Pour les malades qui reculeraient devant l'injec- ■ion sous-cutanée, on aura recours simplement aux )ilules à'extrait thélaiique de 1 à 5 centigrammes, pourrait prescrire encore l'opium sous forme de

J7fi ATUOriNK

sirop dans une infusion aroniali-iue ou dans une pulion. On choisira le ^irop </ùirode ^20 grammes on 1 cenligranime d'extrait d'opium), le sirop théhaïqn" (->0 grammes ou 4 centigrammes d'extrait d'opium . le sirop de chlorhi/drate de morphine (20 grammes on 1 centigramme de chlorhydrate de morphine), ou encore le sirop de rodêiiie (20 à 40 grammes ou 'i ii 8 centigrammes de codéine).

Atropine.

Dans un travail où il a réuni soixante-cinq observations, avec tracés sphygmograpliiques et mensurations au sphygmomanomètre, Cardarelli [Gaz. dnjL Osped., 1890) a établi que l'Atropine estun dépresseur de la tension artérielle. G. Sée n'admet cette action ([ue si le médicament est donné à haute dose ; an contraire, à la dose d'un demi-milligramme à deux milligrammes en injections hypodermiques, l'atropine manifeste constamment son action sur le cœur el élève la pression vasculaire. De plus elle amoindrirait en partie la fonction modératrice du pneumogastrique , et comme conséquence, on observerait une accélération constante du rythme cardiaque, précédée, dans quelques cas, de ralentissement transitoire.

L'indication de l'atropine se trouverait réalisée, suivant certains auteurs, dans les cas de pouls leni permanent, avec vertiges épileptiformes et attaques

syncopales graves. De nouvelles recherches s.miI

nécessaires à ce sujet.

Aconit.

L'\conit et l'.\conitine ne sauraient être considérés comme des médicaments cardio-vascula.res

ACONIT l'ï'ï

proprement dits, néanmoins leur action sur la tension vasculaire pourrait être utilisée parfois pour diminuer le travail du cœur.

En effet, les modifications éprouvées par la tension sanguine, sous l'intlucnce de l'aconit ou de l'aconitine, consistent d'ahord emme élévation plus ou moins p/tssaffère de cette tension, à la période d'excitation fonctionnelle générale; j!?!tts, et finalement, en mi al>aissementi^\ns ou moins rapide au milieu d'un certain nombre d'oscillations (Laborde et Duquesnel : Des Aconits et de VAconitine. Paris, 1883).

l^HARMACOLOGIE. — POSOLOGIE. — Les préparations les plus employées sontles extraits, les teintures el les «/coo?r/i«/re.s- ; les deux premiers l'emportent en activité sur les dernières. On se rappellera que les préparations faites avec les racines sont d'une activité bien autrement grande que celles que l'on fait avec les feuilles ou les fleurs.

, L'alcoolature est la préparation la plus usitée, mais alors que l'alcoolature de feuilles fraîches ne jouitque d'une faible activité, l'alcoolature de racine, au contraire, possède une action puissante. On se souviendra que l'aconit provenant de Suisse possède une supériorité toxique incontestable sur l'aconitdes Vosges.

Quinine.

I^a quinine, sans être un médicament cardiaque proprement dit, possède une action cardio-vasculaire évidente mise en évidence par Briquet; elle se résume en un ralentissement du cœur avec conservation (le sa viyvMir et en une diminution de la jn-ession vasculaire, due probablement à un affaiblissement direct des vaisseaux périphériques. La quinine peut avoir

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une certaine utililé dans les arythmies nerveuses. On la prescrira (le p ré fr renée sous la (orme de bronihijdniic.

lY. — MÉDICAMENTS DIURÉTIQUES

I^a digitale et la caféine sont de puissants diurétiques ; à un degré moindre, le strophantus hispidus provoque une diurèse appréciable. Déjà nous avons relevé avec détail celte action thérapeuliq utimportante dans l'étude consacrée à chacun de ces agents cardiaques, c'est pourquoi nous n'y insisterons pas davantage ; l'étude des médicaments diurétiques se trouvera par suite limitée au lait, à la scille. il la lactose, à la Ihéobromine et au calomel.

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