‹ Thérapeutique des maladies du cœur et de l'aorteChapitre 61 sur 112 · BAINS · texte numérisé non relu

BAINS

aif^ues (Canlal) et celles de Bagnols (Lozère), sulfurées calciques, ont une action curative sur l'hypertrophie ducœur, « lorsque cette lésionest undes efïels de ladialhèse rhumatismale ». Les malades soumis à ce traitemeril prenaient chaque jour un bain thermal d'une demi-heure suivi du séjour dans l'étuve et d'enveloppement dans la laine, pour provoquer la sudation ; le traitement se complétait par un à deux verres d'eau thermale, pris en boisson. Chez un grand nombre de malades, Dufresse de Chassaigne constatait, au bout d'un certain temps, la diminution des bruits de souffle, des palpitations, de la dyspnée et même du volume du cuîur. C'est ainsi qu'à Bagnols, A6 malades auraient obtenu leur guérison complète, due à l'action du sulfure de potasse et pour prouver cette action curative, Dufresse de Chassaigne a traité des cardiaques par ce médicament à la dose quotidienne de dix centigrammes pendant plusieurs mois.

L'heureuse influence du traitement thermo-minéral de Bagnols sur les affeclions cardiaques a été soutenue depuis par Hermantier [Th. Paris, 1879), Coulomb [Soc. de méd. Lyon, 1883); Gubian [eod. loc.) a noté des effets identiques avec les eaux de La Motte, près La Mure (Isère) ; Vernière (1852) avait réclamé de pareils résultats pour Saint-Nectaire. Il serait a souhaiter que ces recherches fussentcontrôléespar de nouveaux fails, car jusqu'ici, il nous semble difficile d'admettre cette action curative des eauxminérales sur les lésions organiques du cœur..

Résumé. — Jusqu'à nouvel ordre on fera bien de réserver le traitement sulfureux aux rhumatisants non cardiaques, et de diriger les rhumatisants cardiopathes vers les eaux thermales simples comme Néris ou Plombières, par exemple. En Allemagne,

PiNEUMOïnÉRAPIE ■^■^1

Jacob a proposé comme traitement curatif des maladies du cœur, les bains d'eau minérale de Cudowa (bicarbonatées sodiques) et Schott (1888), puis Benecke, ont vanté les eaux thermales chlorurées sodiques de Nauheim dans le traitement des endo cardites rhumatismales récentes, mais ici encore les résultats obtenus restent incertains.

Bains de vapeur. — Ils sont nuisibles aux cardiaques (Peter, Dujardin-Beaumetz). D'après C. Paul, cependant, il faudrait faire à ce sujet une distinction importante ; les bains de vapeur généraux, dans une éluve humide, font suffoquer les malades et précipitent les battements du cœur, mais les sujets pour-^ ront prendre des bains de vapeur simple ou aromatisée, enfermés dans une caisse, avec la tète en dehors, permettant de respirer l'air frais de la chambre, et à l'abri de l'air saturé de vapeur de l'étuve. Sans doute, ce procédé est plus pratique, mais Jious le croyons encore trop dangereux pour pouvoir être conseillé à la légère.

Bains romains (ou d'air chaud ou d'étuve sèche). — On a préconisé, dans les affections du cœur, les bains d'air chaud, suivis quelquefois de douches froides Frey); nous faisons à ce sujet les mêmes réserves ([ue pour les bains de vapeur.

Bains d'air comprimé. — Les cliniciens ne sont point d'accord sur leur action. D'après Ducrocq [Th. Paris, 1875), Fontaine [Th. 1877), Schnitzler (de Vienne) et le plus grand nombre des médecins, les bains d'air (■omprimé, excellents dans l'emphysème pulmonaire, sont contre-indiqués chez les cardiaques. Au contraire, Lambert [Etud. dm. et ex])ér. sur Vad. de l'air iwnprimé^ th. Paris, 1877) conseille la pneumothérapie par l'air comprimé dans les affections valvu-

IIYDROTIIKHAPIE

laires. D'après lui, l'air comprimé agirait comme la digitale; il rendrait la systole plus facile, diminuerait lo travail du cœur gauclio et augmenterait celui du cœur droit. On observerait encore la disparition des congestions pulmonaires et de la dyspnée, l'oxygénation avec décarbonisation du sang. Dans l'hypertrophie du ventricule gauche, l'air comprimé produii-ait l'abaissement de la tension artérielle. Peter, très aOTirmatir, déclare que le bain d'air comprimé avec pression de 30 à 32 centimètres au-dessus de la pression atmosphérique est bienfaisant dans les cas de lésions valvulaires avec congestion, pourvu qu'il n'y ait pas de fièvre. A la suite du bain, les battements du cœur se ralentissent et se régularisent, et le bienêtre persiste durant une grande partie de la journée. Le malade, qui fait un séjour assez long dans la cloche, doit éviter de s'y refroidir en se couvrant chaudement. Le bain devra être répété en moyenne tous les deux jours pendant un mois environ.

Hydrothérapie. — Bouillaud, Hirtz et Schutzenberger (de Strasbourg), Sieflfermann {De Vempl. de l'hi/droth. dans les mal. ducœw\ Gaz. méd. dé Strasi..^iH~2), et d'autres, ont recommandé l'hydrothérapie dans les maladies du cœur. D'après Fleury {7'rait. clin, et thérap. dliydrothérapie.^ 1866), .elle est surtout indiquée à la phase des congestions viscérales. Elle stimule et tonifie les vaisseaux de la périphérie dont elle combat l'asthénie ; elle diminue ainsi le travail du cœur el peut faire disparaître l'anasarque sans spoliation aucune.

La pratique la meilleure consiste à essayer d'abord la friction au drap mouillé et tordu, ou les lotions froides avec l'éponge imbibée, sur la partie antérieure du corps, les premières fois. Au boul de

Page 1