CARDIOPATHIES INFANTILES
Enfin, outre les accidents que nous venons de signaler, il ne faut pas oublier que la puerpéralité expose encore la femme à de graves complications d'une autre nature, nous voulons parler des endocardites infeclieuses , d'autant plus à craindre qu'il existe une cardiopathie préétablie.
]%Iénopauee.
Chez quelques femmes, arrivées à la période de la cessation des règles, on observe des troubles cardiaques complexes, tels que des palpitations, de l'anhélation, de la tachycardie, etc. Ces phénomènes, d'ordre purement nerveux d'abord, pourraient dans la suite dégénérer en véritables cardiopathies organiques (Clément). Il faudrait donc, à cette période de la vie génitale, éloigner toutes les causes physiques ou morales, capables de stimuler outre mesure le muscle cardiaque.
maladies du cœun chez les enTants.
Elles ne sont point rares (Rillet et Barthez, West, R. Blache, Cadet de Gassicourt, J. Simon, etc.), soit qu'elles résultent d'une malformation cardiaque congénitale, ou qu'elles succèdent à certaines afïections telles que le rhumatisme, la chorée, la scarlatine, etc. Dans tous les cas, il faut veiller à la suppression des exercices physiques brusques : gymnastique, saut, danse, course,, jeux violents. L'état sédentaire est ici nécessaire ainsi que le travail intellectuel modéré. Assez souvent les troubles fonctionnels n'apparaissent qu'à une époque éloignée, du début de l'affection cardiaque, quelquefois même après la puberté, sans
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doule parce que l'accroissement physiologique du cœur est capable d'établir une compensation suflisante pour maintenir l'équilibre circulatoire.
Quoi qu'il en soit, en mettant le petit malade à l'abri de tout ell'ort brusque et des émotions morales vives, on peut espérer une survie de longue durée ; bien plus, contrairement à ce qui arrive chez l'adulte, l'aCCeclion cardiaque peut guérir complètement si elle ne résulte point d'une malformation congénitale, si elle n'est pas de date trop ancienne, et si le jeune malade est soumis à une bonne hygiène.
Trouble» cardîatuies de la erolssance.
Nous avons déjà dit qu'au moment de la croissance il n'est pas rare de noter chez les adolescents, surtout chez ceux dont la croissance s'est faite rapidement, des palpitations assez violentes, et quelquefois des signes d'hypertrophie du cœur (R. Pfail;, qui se caractérisent par l'augmentation de la matité précordiale ; on note encore un souflle systolique à la pointe et un peu de gène respiratoire. En général de sept à douze ans le cœur reste stationnaire ; de quinze à vingt ans, il subit un accroissement rapide, devançant parfois le développement général, ou au contraire, suivant avec peine l'élongation du corps; quoi qu'il en soit les troubles cardiaques sont assez fréquemment accompagnés d'une céphalée particulière dite encore : céphalée de croissance. Pour obvier à ces troubles cardiaques, ou tout au moins pour ne pas les accroître, on veillera avec soin à écarter de l'adolescent tout ce qui peut exciter outre mesure le muscle cardiaque : jeux, exercices musculaires, violents, etc., etc.
ANESTIIKSIE CUIRURGICALE
Cai'diopathies des aliénés.
Sennert, Lieutaud, Guislin, et surtout Nasse (1818) ontafTirmé que l'aliénation mentale peut être le résultat d'une maladie du cœur. Burrows, en Angleterre, et Romberg, de Berlin ont fait la même remarque, qui a été surtout appuyée par le travail de Saucerotte (1844), celui de Limbo [Th. inaug. 1867-8), et le relevé intéressant de Dufour (1870) qui sur .soixante et une autopsies d'aliénés a constaté 44 cas de cardiopathies.
A côté de ces affirmations catégoriques, il faut signaler l'opinion divergente de Magnan, qui déclare qu'il n'existe pas de folie cardiaque, « c'est-à-dire une maladie mentale à caractères nettement définis, ayant une étiologie, une forme, une marche déterminées )). Si quelques cardiopathes délirent, ils doivent leurs troubles vésaniques non à l'affection du cœur, mais à la prédisposition propre à chaque individu, et la durée du délire et sa gravité sont en rapport avec la nature même de cette prédi.sposition. Au point de vue pratique, outre les indications relevant de l'affection cardiaque, il faudrait s'abstenir, d'après cet auteur, de la camisole de force, cause de ^êne pour la respiration et la circulation.
Anestlïésîe chirurgicale cliez les cardiaques.
En principe lorsqu'on doit pratiquer une opération chirurgicale chez les cardiaques, il faut s'abstenir de donner du chloroforme, surtout dans les cardiopathies qui exposent le plus aux lipothymies, aux syncopes, etc. : les maladies aortiques, l'angine de
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poitrine, rartériosclérose du coeur (cardiosclérose), et en général dans toutes les affections valvulaires. Mais en pratique, cette interdiction prête à des exceptions encore nombreuses. Cependant il est nécessaire de prendre des précautions importantes :d'abord il faut avoir recours à la « chloroformisalion goutte à goutte » (Nicaise, 1892). On ne donne au début que ([uatre à cinq gouttes de chloroforme sur le mouchoir plié en deux pour couvrir la bouche et le visage, puis dès que survient la période d'excitation, on élève la dose : dix à quinze gouttes au plus, jusqu'à la résolution complète. C'est alors qu'on continuera la chloroformisation goutte à goutte, sans arrêt, d'une façon continue pour entretenir l'anesthésie qui se produit au bout d'une douzaine de minutes environ, accompagnée de ses signeshabiluels : abolition du réflexe cornéen et myosis pupillaire.
Enfin il est nécessaire, avant d'opérer, que l'anesthésie soit complète. En agissant ainsi on évitera de provoquer la syncope due au contact des vapeurs chloroformiques avecles cordes vocales (syncope laryngo-réflexe), et celle qui peut résulter d'une- action toxique, par absorption trop grande de chloroforme.
Si, malgré toutes les précautions indiquées, !a syncope se produisait, on aurait recours aux inhalations de nitrite d'amvle et aux tractions rythmées de la langue (Laborde).