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TRAITEMENT DES CONGESTIONS VISCÉRALES

par séances plus ou moins rapprochées. Enlin il faut en arriver parfois ù, l'emploi des vésicatoires, de grandeur moyenne, de 10 à 12 centimèlres carrés environ, et qu'on laissera en place six à huit heures environ, en ayant soin, après avoir lavé au savon la peau du malade, d'interposer entre celle-ci et la surface vésicante un papier de soie, ou mieux un papier huilé; on évite ainsi que des fragments de l'emplâtre détachés du vésicaloire continuent l'eflet vésicant. l^our éviter l'action fâcheuse du cantharidisme, on recouvrira le vésicatoire d'une large couche de camphre; si malgré tout, il se produisait du ténesme vésical, on y remédierait par un lavement d'eau tiède additionnée de dix à douze gouttes de laudanum (le Sydenham, ou encore par de larges cataplasmes très chauds, arrosés également de laudanum, placés sur le bas-ventre.

Lorsque le malade peut marcher et sortir un peu, quelques cliniciens conseillent, contre ces congestions pulmonaires des affections mitrales, l'emploi du bain d'air comprimé. La compression initiale devra s'opérer lentement, ne pas dépasser une demi-atmosphère au-dessus de la pression atmosphérique; la séance durera une heure environ et se terminera par une décompression lente. Au sortir de la cloche , les malades éprouvent une sensation de froid, dont ils doivent être prévenus d'avance, pour qu'ils se couvrent en conséquence. L'air comprimé, soit on comprimant et en déplissant les vésicules pulmonaires, soit par action chimique en fournissant à l'hématose une plus grande quantité d'oxygène sous un même volume, ou par cette double action, « combat eflicacement les congestions pulmonaires chroniques » (Peter) des cardiaques. Sans nier les heu-

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reux effets de ce traitement, je ne saurais le conseiller d'une façon ferme; peut-être pourrait-on en rdserver l'emploi pour les congestions pulmonaires ([ui surviennent passagèrement dans le cours de la |)ériodc liyposystolique, mais, en tous cas, on ne saurait y songer pour les asystoliques qui tous d'ailleurs sont alités ou non transportables.

La mèdimtion interne comprend surtout les expectorants et les balsamiques. Chez les individus jeunes, on peut prescrire, au début, l'ipécacuanha à la dose de 1 gramme à, 1 gr. 30, qui aide l'expectoration en provoquant des efforts musculaires qui compriment le poumon, « comme on ferait d'une éponge », et en chassent ainsi le sang. On sait en effet que chez les animaux qu'il empoisonnait expérimentalement par l'émétine, Pécholier a trouvé les poumons exsangues. Chez les gens âgés on ne prescrira guère ce moyeu, car les efforts violents du vomissement peuvent exposer les vieillards à des ruptures vasculaires inlracérébrales. Dans le but de modifier la sécrétion bronchique, on peut prescrire avec avantage le kermès à une petite dose (5 centigrammes), l'oxyde blanc d'antimoine (1 à -4 grammes) peut-être moins actif, la gomme ammoniaque à la dose de 30 centigrammes à 1 gramme, dans une potion de 100 grammes, dont l'action aiiticatarrhale et expectorante, sans être considérable, peut être utile cependant. Dans le même but, on conseillera encore les balsamiques, les baumes detolu, du Pérou, la térébenthine, le goudron, les bourgeons de sapin, le benjoin, etc. Le baume detolu est prescrit directement à la dose de 50 centigrammes à 2 grammes dans une potion gommeuse de 120 gi'ammes, ou sous forme de sirop (30 à 30 gr.), ou de pastilles, une vingtaine par jour. On l'associe

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i iicore dans un julep, en parties égales (30 à ■4) grammes) au sirop de térébenlhine. Le baume du il*érou, liquide aromatique d'un brun foncé, est pres- .(Til en potion ou en pilules à la dose de l à 2 grammes. i()n recommandera la tércbentliine principalement -sous forme de sirop, à la dose de 50 à 100 grammes, .ou en pilules de 20 centigrammes : 4 à 10 par jour. iLe goudron végétal, dit encore goudron de Norvège, obtenu par la combustion du pin maritime, est ordonné sous forme de boisson aqueuse (3 grammes ipour 1 litre), de sirop ou de capsules de 10 cenli- -grammes (3 à 6 par jour). Les bourgeons de sapin -s'emploient en décoction (8 à 15 grammes pour 1 litre (d'eau) ou en sirop. Le benjoin est prescrit rarement ^en nature; on lui préférera l'acide benzoïque à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme, ou encore le Ibenzoate de soude à la même dose. Ce traitement ! balsamique se trouve résumé dans les pilules de Mor- I ton (gomme ammoniaque, benjoin, baume de tolu, -safran) dont on donnera 2 à 5 pilules de 20 centi- -grammes par jour. Chez ces malades, on pourra encore, suivant le conseil de Peter, recommander comme iiadjuvant léger des inhalations de sel volatil anglais (ammoniaque, carbonate d'ammoniaque et essences 'odoriférantes; ou suivant une formule plus simple, lune petite éponge avec de l'acide acétique glacial) ■ qui provoquent de fortes inspirations, et par là dé- ' congestionnent les vésicules pulmonaires en les déiplissanl puissamment. C'est encore comme auxiliaire précieux qu'on recommandera les inhalations d'oxygène ; leur emploi est d'autant plus indiqué que la plupart des malades asysloliques ont presque tous lide l'albumine dans les urines et des altérations réi.nales plus ou moins profondes; par suite la dyspnée

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cardiaque se complique de dyspnée uréinique qui réclame les inhalations d'oxygène.

Quelquel'ois, chez les asysLoliques par maladie mitrale, l'expecloration est teintée de sang; si celui-ci est peu abondant, le traitement ne présente aucune indication spéciale; dans le cas contraire, on aura recours aux révulsifs cutanés, à l'emploi, à l'intérieur, de l'ipécacuanha, de l'ergot de seigle, de l'ergotine ou mieux de l'ergotinine suivant les formules indiquées (voir p. i io).

La toux est un accident qui manque rarement, et devient parfois une complication réelle. On la combattra par certaines préparations calmantes qui renferment de l'opium à faible dose, car il faut, dans les affections mitrales, éviter les doses fortes d'opium ; on donnera le sirop diacode ou sirop d'opium faible (20 grammes représentent 1 centigramme d'extrait d'opium), ou même le sirop Ihébaïque (20 grammes représentent 4 centigrammes d'extrait d'opium), ou encore le sirop de codéine du Codex à la dose de 20 grammes, et on les prescrira dans une potion di; 120 grammes. Si l'on préfère les préparations solides, on peut donner une pilule de cynoglosse de 20 centigrammes, laquelle renferme 2 centigrammes d'opium et la même dose de poudre de jusquiame. Enfin d'autres médications : l'eau distillée de lauriercerise (i à 12 grammes), l'alcoolalure de racine d'aconit (20 gouttes en vingt-quatre heures), la teinture de belladone, pourront être utilisés en pareille circonstance.

Le traitement que nous venons d'indiquer convient aux fornu^s habituelles, moyennes, de la congestion pulmonaire passive des cardiaques, mais elle serait insuffisante dans certains cas graves d'emblée avec

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cyanose, pouls imperceptible .. oi'lliopnée , menace d'asphyxie. Ici, il faut agir vile en produisant une déplélion du système vasculaire, non par des ventouses scarifiées qui seraient iiisudisantes et répondent peut-être mieux, en général, aux poussées congeslives hypérémiques qu'aux congestions mécaniques par stase, mais en pratiquant une saignée de 200 à 300 grammes. Celle-ci terminée, le malade éprouve généralement du bien-être, le pouls reprend de la vigueur, et la respiration devient plus aisée. Le lendemain de cette déplétion veineuse, ou les jours suivants, on pourra donner alors de la digitale, et si le cœur ne répond qu'imparfaitement à son action, il faudra prescrire la caféine. L'intervention de la saignée est d'autant mieux justifiée en pareille circonstance, que les cardiaques à cette période présentent presque tous des signes d'urémie plus ou moins marquée.

Cong^estion du foie. Foie cardiaque. — La congestion hépatique est très fréquente dans la période troublée du cœur et dans l'asystolie. Le plus souvent c'est le poumon qui ouvre la scène et le foie qui suit; mais quelquefois, alors que le poumon est à peine atteint, on observe au contraire des signes très nets de congestion hépatique. En pareille circonstance, on trouve presque toujours chez le malade des causes individuelles qui prédisposent à cette congestion prédominante du foie, dont la plus fréquente est l'alcoolisme.

La congestion du foie chez les cardiaques se manifeste de deux façons : dans des cas nombreux, elle est découverte seulement par la palpation de l'abdomen, sans que le malade en ait éprouvé jusqu'alors la moindre gêne, tout au plus accuse-t-il un peu

278 AsysïOLii5 d'endolorissement au niveau de l'hypochondre droit au momenl de la palpalion. Dans d'autres circonstances, les signes sont plus nets : le sujet se plaint de pesanteur, de gône douloureuse dans la région hépatique, en même' temps qu'il existe un peu de subiclère appréciable aux sclérotiques et par la présence de pigments hémaphéiques dans l'urine, devenue d'une coloration brun foncé, analogue à celle de l'acajou vieilli. La percussion et surtout la palpation montrent que le foie est gros, et dépasse le rebord costal de plusieurs centimètres. A une période plus avancée des cardiopathies, il peut se produire non plus de la congestion simple, mais de la cirrhose hépatique d'origine cardiaque, avec ou sans poussées légères, et toujours subaiguës, de périliépatite ; il n'est pas rare alors de constater la présence d'une ascite concomitante.

Les troubles fonctionnels de cette congestion hépatique peuvent être nuls ou perdus dans l'ensemble symptomatique de la cardiopathie ; quelquefois cependant ils se manifestent par des troubles digestifs variés : digestions laborieuses, nausées, vomissements bilieux, etc.

Dans les cas de gêne douloureuse accentuée, on pourra, chez les malades non cachectiques, appliquer au niveau du foie quelques sangsues, ou mieux quelques ventouses scarifiées; le plus souvent cependant on pourra s'en tenir aux vésicatoires, aux pointes de feu répétées à plusieurs reprises. En même temps on donnera à l'intérieur des préparations mercurielles : le calomel (10 à 20 centigrammes en 3 ou 4 paquets), les pilules bleues (mercure éteint ; dose : 1 à 3), les pilules de Belloste (mercure, aloès, scammonée et jusquiame), à la dose de 1 à 3 dans

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