ESTOMAC CARDIAQUE
les vingt-quatre heures; ces préparations pourront être répétées plusieurs jours de suite, et pour combattre l'hydrargyrisme qui pourrait en résulter, on joindra aux prescriptions le chlorate de potasse. Ces préparations, et en particulier le calomel, ne sont point cholagogues comme on l'a dit. Ce dernier cependant facilite l'excrétion biliaire, l'exagère même, par son action péristaltique sur l'intestin.
Le podophyllin, les purgations salines au sulfate de soude ou de magnésie, les eaux purgatives de Montmirail, de Pullna, de Miers, sont d'un utile secours, de même que les lavements quotidiens d'eau froide, qui provoquent des selles bilieuses et décongestionnent le foie.
Quant à l'ascite qui peut survenir h la suite de la rin-hose cardiaque, nous avons indiqué déjà la conduite à tenir en pareil cas.
Outre l'augmentation de volume du foie, décelée par la palpation, on perçoit encore quelquefois à la Tuain, au niveau du foie des cardiaques, des battements isochrones au pouls radial et au pouls veineux vrai des jugulaires; ils sont l'indice d'une insuffisance de la valvule tricuspide, qui réclame un traitement que nous indiquerons ultérieurement (voir p. 339).
Estomac cartiîatiue. — La stase sangume qui accompagne l'hyposystolie et surtout la période asystolique, se fait sentir sur l'estomac comme sur les autres viscères; elle produit des perturbations sur la nutrition de ses parois; par suite la sécrétion gastrique se trouve altérée, et des troubles dyspeptiques en sont la conséquence. Mais comme ces troubles s'observent également dans le cours des affections aortiques, encore qu'ils reconnaissent là un autre
ASYSTOI.IE
mécanisme, nous en renvoyons la description et le traitement au chapitre où sera étudiée la thérapeutique des dyspepsies cardiaques (voir p. :{07).
Con^et^tion i-éiiaie. — Le rein participe également aux phénomènes de congestion passive qui se montrent dès que la compensation est rompue. Au début, les accidents so manifestent par la diminution des urines, mais la congestion n'est point la cause unique de cette diminution, qui s'explique surtout par la présence de l'infiltration œdémateuse des extrémités. I^es malades retiennent dans leurs tissus l'eau de l'urine, ce qui a permis de dire qu'ils n'urinent point parce qu'ils sont hydropi(iues. Pour favoriser cette diurèse, c'est à la digitale qu'il faut s'adresser de préférence, conjointement au régime lacté ; les autres diurétiques peuvent être utiles également, mais à un degré moindre.
Mais le véritable signe de la congestion rénale c'est la présence de l'albumine dans les urines; en faible quantité en général, du moins au début, elle peut devenir ultérieurement très abondante; la congestion rénale n'est alors qu'un acheminement à la néphrite. Le traitement de la congestion rénale d'origine cardiaque [rein cardiaque) consiste dans la révulsion locale : cataplasmes sinapisés, ventouses sèches ou même scarifiées (ces dernières en petit nombre, et seulement dans les cas où il n'existe point d'oedème de la région lombaire), des badigeonnagesde teinture d'iode, application de coton iodé, des pointes de feu en séries, etc. L emploi des vésicatoires est absolument contre-indiqué, à cause de l'action fâcheuse bien connue de la poudre de cantharide sur le rein. A l'intérieur, les diurétiques (surveiller attentivement l'aciion de la digitale et sa tolérance par l'organisme ; en