REIN CARDIAQUE
cas d'albumine abondante, la supprimer à la moindre menace d'accident, et, en tout cas, ne la donner que pendant un temps assez court), scille, caféine, lactose, Ihéobromine, tisanes diurétiques : queues de cerises, uva-ursi, chiendent, fleurs de gènet, etc., et par-dessus tout le régime lacté exclusif. Plus tard ce régime sévère pourra être modifié progressivement : dix à douze jours de lait seront suivis d'une période équivalente de régime végétal, de lait en boisson ou en potages; plus tard on ajoutera les viandes blanches, les œufs en petite quantité, mais on s'abstiendra rigoureusement de vin, de viandes brunes, de poisson et de pain. Si le lait ne peut plus être supporté, on le supprimera de suite à cette période, de façon à pouvoir le reprendre intégralement à une époque ultérieure ; la boisson consistera alors en eaux minérales de table, surtout les eaux non gazeuses d'Alet, d'Evian, aiguisées d'un peu de vin blanc très léger.
D'autres moyens ont été employés quelquefois pour combattre l'albuminurie, mais leur action est bien effacée auprès de celle du régime lacté. Parmi les plus employés, citons le tannin ou mieux l'acide gallique en potion ou en pilules à la dose d'un gramme par jour en moyenne ; on a vanté récemment le lactate de strontium : -4 à 6 grammes en moyenne ; jc. l'ai expérimenté souvent ; toujours j'ai trouvé son action infidèle et surtout non durable.
Enfin à des périodes plus avancées dans le processus, si on est amené à reconnaître l'existence d'une néphrite, on tirera quelque profit de la médication iodurée.
Encéphaiopathie». — Les phénomènes de stase sanguine et de suffusion séreuse vers l'encéphale se manifestent par un état de somnolence, de torpeur
ASYSTOLIE
OU môme de demi-coma plus ou moins accentué; le malade semble indiflerent atout ce qui l'entoure et ses réponses sont lentes, mais l'intelligence reste intacte. Toutelbis, dans quelques circonstances, les accidents ont pris un caractère plus grave et quelques auteurs (Corvisart, Raynaud, Peter, et d'autres) ont vu des cas de délire avec excitation maniaque. Limbo, dans une thèse (1878) que nous avons signalée déjà, a résumé quelques-uns de ces faits d'encéphalopathie cardiaque qui se sont augmentés depuis de quelques cas intéressants : (Duplaix 1882. Parant, A7in. Med. fhsych.^ 1889, Fauconneau, 1890, etc.). On a observé ainsi du délire, des hallucinations nocturnes, des accès de manie, des impulsions, et même du délire de persécution. Ces accidents peuvent d'ailleurs se montrer en dehors des phases asystoliques; il est plus que probable qu'ils éclatent de préférence chez les individus prédisposés par l'hérédité nerveuse.
Contre ces troubles de congestion passive de l'encéphale, on se gardera de conseiller l'opium ou ses dérivés qui aggraveraient le processus congestif : c'est aux bromures aknlins qu'il faudra s'adresser. Ceux-ci agissent sur les centres nerveux, décongestionnent l'encéphale et produisent de l'hypnose; le sommeil n'apparait guère d'ailleurs que trois on quatre heures après l'ingestion du médicament. Sous l'influence du bromure (2 à 4 grammes) les accidents s'amendent peu à peu, et le malade peut compter sur plusieurs heures de bon sommeil; mais pour que cette action sédative persiste, il faut prolonger l'usage des bromures alcalins pendant deux semaines au moins, et y revenir si cela est nécessaire.
hliydrate de chîoraî (1 à 2 grammes en moyenne) ren-