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s'impose (.l'emblée ; il sera suivi d'une façon continue pendant plusieurs semaines consécutives, et remplacé plus tard par des laitages, des œufs, des légumes, des fruits. L'alimentation végétale sera poursuivie le plus longtemps possible ; dans tous les cas, l'usage de la viande et du poisson devra être proscrit pendant une durée indéfinie.
b) La dyspnée toxique peut survenir encore à une autre période, et dans des conditions tout autres, sous l'influence de la toxicité urinaire. D'après Ducamp {MontpeUim- mèd.^ 189i), la toxicité des urines reste îi son taux normal dans les maladies du cœur qui ne s'accompagnent ni d'hypertrophie bien marquée, ni de troubles circulatoires périphériques. Dans l'hypertrophie, elle s'élève considérablement et dépasse le double de la toxicité normale; au contraire, dans l'asystolie, elle s'abaisse à peu près de la moitié de la normale. D'un autre côté, d'après Huchard {Soc. méd. hô;pit., 1892), certains malades atteints d'affections aortiques sont parfois exposés, dès le début de ces cardiopathies, même s'ils n'ont point d'albumine dans l'urine, à ces accès de dyspnée, que beaucoup de médecins désignent encore sous le nom d'asthme ou de pseudo-asthme cardiaque, si bien décrit cliniquement par Trousseau. Or cette dyspnée paraît être de nature toxique, causée par une insufFisance rénale précoce, avec imperméabilité relative du rein, qui élimine incomplètement les toxines développées ou introduites par l'alimentation. Comme conséquence logique de cette théorie, le traitement doit comprendre à la fois la suppression des substances alimentaires capables d'introduire des ptomaïnes dans le tube digestif, et leur remplacement par le régime lacté, et, d'autre part, l'emploi de certaines
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substances qui rnainlienneniranlisepsie iulcstiiiale : salicylale de bisinulli, bélol, salol, benzo-naplitol (4 à i grammes par jour, par cachets de 50 centigrammes). L'alimentation se composera de 3 litres de lait en moyenne par jour, pendant une huitaine en moyenne; puis des laitages, des œuls, des légumes, et plus tard des viandes ti'ès cuites. La charcuterie, les fromages avancés, les conserves, les bouillons de viande seront défendus. Cette dy.spnée, en dernière analyse, est d'origine urémique, un peu particulière à la vérité.
Ce serait une grande exagération, que de croire cependant que tous les cas de dyspnée paroxystique, intermittente, à forme de pseudo-asthme, des atfections aortiques, puissent être conjurés seulement par le régime associé aux antiseptiques des voies digestives. La toxicité des urhies n'est pasl'origine univoque de cette dyspnée; elle peut dépendre également d'une cause ner/'euse, et, comme telle, ainsi que Dujardin- Beaumetz et Ferrand l'ont remarqué, elle se trouve considérablement amendée par l'usage des bromures, alcalins; quelques faits négatifs ne sauraient diminuer rimportance réelle de cette interprétation. Cependant, de préférence à toute autre médication, on aura recours contre cette dyspnée au chlorhydrate de morphine dont l'action eupnéique estsi puissante : on le donnera surtout en injections sous-cutanées,, à la dose d'un demi à 1 centigramme, seul ouassocié a 1 milligramme de sulfate neutre d'atropine (voir p. 173) dans le cas oh la morphine, mal supportée,: donnerait naissance à des vomissements. Il n'est pas^ de médecin qui n'ait constaté l'heureux effet de cette médication dans les crises de dyspnée cardiaque, spé-^ (•ialemenl chez les aortiques. La médication demande^
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seuleraenlà élrc appliquée avec prudence, suiioull cliez les sujets dont le rein fonclionne mal, et qui ont de l'albumine dans les urines. Chez tous les malades^ li'ailleurs, on fera sagement de n'injecter que des doses petites comme celle que nous venons d'indiquer, car il sera nécessaire d'y revenir. On devra môme se mettre en garde contre les sollicitations du malade, qui réclamera souvent cette injection à la moindre -menace de dyspnée. En agissant sans mesure, on exposerait le patient aux accidents de la morpliinor manie. Nous avons indiqué enfin que les bains d'air comprimé pouvaient être utilisés dans quelques cas de dyspnée cardiaque bien déterminés. On pourra en- ••core prescrire des inhalations d'oxygène, et môme de chloroforme. L'éther, l'iodure d'éthyle sont également d'un utile secours ; quant aux inhalations de pyridine (dérivé du goudron de houille) qu'on a encore proposées, elles s'adressent bien plus à l'asthme vrai qu'à la dyspnée cardiaque ; il en est de même de la teinture de lobélie.
Lorsque les crises paroxystiques de dyspnée seront calmées, on s'adressera alors aux iodures. L'iodure de potassium ou de sodium, employé contre la ilyspnée des cardiopathies artérielles, sera prescrit tt la dose de 1 à 2 grammes par jour, suivant une des nombreuses formules que nous avons indiquées ^voir p. lo6), et en ayant soin d'associer à l'iodure une petite quantité d'opium. Ce traitement devra se prolonger fort longtemps avec des intervalles de repos, et, quand les accès sont atténués, le malade [•eut diminuer la dose.
Dujardin-Beaumetz a proposé, il y a quelques années, d'associer, pour le traitement de cette dyspnée, le bromure de potassium à la cimtine^ alcai-