‹ Thérapeutique des maladies du cœur et de l'aorteChapitre 87 sur 112 · TIIAITKMKNT DK LA PÉiRICARDITI · texte numérisé non relu

TIIAITKMKNT DK LA PÉiRICARDITI

exemple, lo Irocart le plus fin de l'appareil Potaiii. el non l'aiguille qui peut écorcher le cœur avec s;i pointe, après que le liquide a été évacué. L'aspiration doit être pratiquée avec lenteur; dès qu'elle esl terminée, on applique un pansement antiseptique par occlusion. C. Paul est d'avis de ne pas prali(}ii(;r d'aspiration, qui déterminerait, pense-t-il, une symphyse cardiaque après que la plus grande y)arlie de l'épanchement est évacuée et oblige à. cesser l'aspiration. D'après lui, il serait préférable de laisser la canule en place pendant une heure environ, car il y a constamment des adhérences qui empèchenl le liquide de s'écouler rapidement; de plus, en ne pratiquant pas l'aspiration de suite, on verrait le liquide sortir d'abord en jet saccadé correspondanl au pouls, puis en bavant; ce caractère établirai! qu'on est bien dans le péricarde et non dans la plèvre. Malgré ces raisons qui ne manquent point de valeur, nous pensons qu'il est préférable de recourir à l'aspiration pratiquée lentement avec les trocarts capillaires, et avec toutes les précautions antiseptiques d'usage. Cependant, le liquide une fois évacué peul se reproduire ; pour l'éviter autant que possible, on pourrait, suivant le conseil d'Aran, faire suivre l;i ponction d'une injection de teinture d'iode iodurée.

Quelle est la valeur thérapeutique de la ponction du péricarde? C'est la question que nous devons nous poser maintenant ; la statistique va nous donner la réponse.

H. Roger (187r3),surl 4 observations de paracentèse péricardique, a noté que C fois la mort était survenue de un à cinq jours après l'opération; 3 fois, au boul de quelques semaines. Un seul cas de guérison avait été définitif. Cette statistique ne se-

THAITEMEiNT DE l'h YDROPÉHICARDE

rail guère encoiirageanle si on devait s'en lenir à cUo exclusivement, mais des faits plus récents modilient heureusement cette impression première. Dans un travail paru en 1879, llindenlang [Deutsck. Airh.f. KUn. med., t. XXIV) relève, sur Go observations, 21 cas deguérison ou d'amélioration, ce qui donne une statistique de 32 pour 100 de succès. En résumé, la ponction du péricardedoil être considérée seulement comme une ressource d'urgence, pour les cas graves avec menace de suffocation imm édiate pour le malade ; avec les moyens dont nous disposons acluellement. l'opération ne peut plus être redoutée, et permet d'espérer la guérison dans le tiers des cas environ.

L'/iydropéricarde sera traité par les révulsifs et les diurétiques, en ne perdant pas de vue, dans les indications du traitement, la cause qui lui a donné naissance : mal de Bright, tuberculose, etc. En cas d'abondance extrême du liquide épanché, et devant l'insuccès des autres moyens, on songera à la paracentèse du péricarde, en suivant les règles exposées iplus haut. Sans doute, les résultats en sont moins beaux que dans le cas de péricardite avec épanchemenl, de nature rhumatismale, mais on a vu plusieurs fois survenir la guérison locale sans empêcher, bien •entendu, les progrès de la tuberculose pulmonaire -causale ; les observations d'Aran, de Trousseau, de Lasègue(18o4)etde quelques autres sont très nettes à ce double point de vue.

Vhèmopéricanh ne comporte rien de spécial dans son traitement qui est généralement impuissant; on devra cependant, dans le cas de paracentèse, se borner à une évacuation partielle, car la décompression rapide pourrait amener des ruptures vasculaires.

■J^4 TKAlI KMIiiNT DKS ENDOCARDITES

nouvelles el une hémorrhagie menaçante (Mathieu,.

Dans \ es ciiH de périmrûiie piindmte, les ponctions répél()(îs sont parfois nécessaires ainsi queles lavages anliseptiquos; c'est pourquoi certains médecins onl <3té amenés à inciser largement le péricarde p..ur obtenir l'évacuation totale du liquide, el permellrc les lavages répétés et le drainage (Rosenstein, IHSl • Davidson, J891; Kœrte, 1892). D'après un travail cent de Sievers {Zeifsrà. f. Kli7i. med.,XXm]^ sur S cas opérés, i lurent suivies de guérison. Pour cci auteur, l'incision du péricarde doit être pratiqué.' dans le -i" ou o" espace, à quelques centimètres du bord gauche du sternum ; il est quelquefois nécessaire de pratiquer au préalable la résection du segment costal, mais on doit autant que possible éviler cette complication.

Le traitement de la s//j)iph//se cardiaque sehornevA a remplir les indications découlant de l'état général «lu malade, et àrelever ses forces par tous lesmovens appropriés. L'iodure de potassium a été emploi c comme résolutif, mais sans succès appréciable, et les révulsifs cutanés sont le plus souvent impuissants. Ce (ju importe avant tout, c'est de surveiller l'état du muscle cardiaque et de retarder, autant (|uc possible, l'aflaiblissement et la dégénérescence qui le menacent. Les toniques généraux, la spartéine el la caféine sont itidiciués ici très nettement.

Trallemeut des endocardites.

Suivant l'usage, nous conserverons la distinction classi(jue entre les endocardites aiguës ou subait/uis simples et les endocardites infectieuses. Ce langage ce^ pendant a cessé d'être rigoureusement exact, dejmis

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<iuc les rechcrclies modernes oui moiilré (lue l'efidocardite simple elle-même est d'origine inlecUeuse. Pent-ètre vaudrait-il mieux, à, l'exemple de Hanot {Arch. gèn. de Méd.^ 1890), distinguer dans les endo- (■ardites ime forme infectieim atténuée ou bénigne et une forme infectante.

A. Endocardite aiguë et subaiguë simple [ou infectieim atténuée).

1° Traitement prophj^lactiqiie. — Lorsqu'on se trouve en présence d'un malade atteint d'une de ces nombreuses affections qui ont une si fâcheuse influence . pathogénique sur l'endocardite, est-il possible d'aller au-devant des accidents qui menacent le patient, et d'empêcher le développement de la maladie cardia(iue? C'est là un point qui a beaucoup exercé la sfigacité des cliniciens, justement convaincus de la faiblesse de nos moyens dès que l'endocardite esl constituée. Pour arriver à ce but, chez les rhumatisants par exemple, qui forment la grande majorité <les sujets exposés à l'endocardite, Jaccoud (1862) a insisté sur l'emploi de la médication alcaline donl les propriétés anliplastiques s'opposeraient à l'organisation des produits et à la formation des coagulalions intra-cavitaires. H. Danies (1804), toujours dans le même but prophylactique, préfère le traitement externe par les topiques et propose de couvrir les articulations malades de larges vésicatoires, de façon à prodniriî une dérivation énergi([ue du processus phlegmasi(]u(î. D'autres, comme Slriker, ont prétendu que le salicylate de soude est le véritable traitement préventif de l'inflammation de l'endocarde; nous ne voyons que trop, malheureusement, combien cet espoir est peu justifié. D'un autre cô(é, pour essayer

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(le dissoudre les dépôts librineux de reiidocarditc Ilic.hardson domiail le carbonate d'aniriionia(ju(? ;i l inlérieur et (ieriiardt a [)roposé les aspirations d'eau alcaline : de A k 10 grammes de carbonate d(' soude dans un demi-litre d'eau. Or, il faut bien lireconnaître, tous ces moyens sont impuissants pour prévenir la maladie cardia(pie : c'est pourquoi la plupart des médecins, à l'exemple de Trousseau, instituent le traitement du rhumatisme articulaire aigu sans se préoccuper de l'endocardite, mais toul prêts à agir dès la première alerte.

2" Traiteiueut curatif. — Mais que l'aire dès que la maladie est déclarée? Faut-il se borner à la simpli' expectation, à l'exemple de Bamberger, qui déclar.que la plupart des malades morts dans le cours dil'endocardite ont succombé non à la maladie, mais au traitement? Le médecin doit s'élever de toutes ses forces contre une assertion aussi blâmable (|u iiiexacte, car, s'il est vrai que nous ne pouvons pas guérir l'endocardite, nous sommes du moins en nn-sure d'en modérer les efifets d'une façon considérable. Il faut donc traiter les malades atteints d'endocardite; iu)us avons essayé ailleurs (art. J'J/u/nrardite^ Dict. Encydop. des Se. médic.) d'indiquei- les lignes générales de ce traitement pour lequel nous disposons de topiques locaux et de moyens généraux.

Topiques locaux. — Les antiphlotjistiques ont été préconisés surtout par Bouillaud et on sait avec quelle énergie! « Plus encore que la péricardite, dit-il. l'endocardite intense réclame impérieusement le prompt et puissant secours de la nouvelle formuir (les émissions sanguines; l'urgence d'un traitemeni est plus grande et plus llagrante dans le cas d'endo-

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, ardite que dans celui de la péricanlile, eur la première de ces maladies, lorsqu'elle est très violente, entraîne des altérations immédiates bien plus dan- {çereuses, bien plus prochainement mortelles que celles produites par la seconde. Toutefois, le nombre et la date des émissions sanguines générales et locales seront déterminés par l'intensité de la maladie, la force et l'âge des sujets, la complication. » Ce n'est que chez les sujets jeunes, vigoureux, pléthoi-i(iues, présentant une lièvre intense et un éréthisme cardiaque considérable, qu'une phlébotomie pourrait, dès le début, amener une rémission sensible; mais ta méthode des saignées abondantes a été abandonnée, car elle exagère considérablement l'anémie déjà si profonde dans le rhumatisme, et peut par cela môme favoriser la paralysie du muscle cardiaque.

On a substitué à cette pratique celle des ventouses sranftées au niveau de la région précordiale ; ce pro- ^cédé, qui ne saurait agir directement sur le processus irritatif ou phlegmasique de l'endocarde, produit néanmoins d'excellents effets : la dérivation locale t«t la perturbation nerveuse qu'il engendre, diminuent certainement la fluxion cardiaque.

Friedreich et Walsh (qui repousse le traitement par la saignée) donnent la préférence comme moyen local à y application de laylace^ jour et nuit, au niveau de la région du cœur, et Gendrin [Leç. sur les mal. du cœur et des gr. art., 1842, p. 548), bien avant eux, avait précisé l'indication de la « vessie de glace » en même temps qu'il en notait les heureux effets sur la maladie. « L'effet direct de ce topique est de diminuer immédiatement les douleurs locales, de calmer les battements tumultueux du cœur et l'anxiété extrême du malade; le plus souvent l'effet topique

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