‹ Thérapeutique des maladies du cœur et de l'aorteChapitre 88 sur 112 · ENDOCARDITE AIGUË · texte numérisé non relu

ENDOCARDITE AIGUË

rélrigérant a même, pour résultat de réprimer en peu de temps la violence de Pôtat féhrile, et d'abaiss(M- l;i l'vûi\iwm:(' du pouls au-dessous de son rythme normal. » Ce procédé ne parait pas cependant avoir nnr influence aussi heureuse dans l'endocardite <|iir dans les cas de péricardile : c'est pourcjuoi certains auteurs lui ont substitué l'emploi de larges vêsiratO'ires, loco doîmti, que l'on pourrait panser, ainvi que le faisait Bouillaud, avec 30, 40 centigramm.-s depoudre de digitale. On peut encore se contcnl< r d'une large friction, répétée tous les jours deux avec de la teinture de digitale.

3° Traitement général. — Dans le but de diminuer la formation des dépôts plastiques valvulaires et d'en , favoriser la résorption, Jacccoud aconseillé rem[.ioi du tartre stihié à la dose de 40 centigrammes clic/, l'homme et de 30 centigrammes chez la femme, pris par cuillerée à bouche toutes les heures. Le traitement est poursuivi pendant deux ou trois jours, suivant l'effet obtenu, en ayant soin de mettre un iulei valle de vingt-quatre heures entre chaque jour de médication; dès la seconde ou troisième potion, ccl auteur a constaté souvent la diminution et même la disparition des phénomènes stéthoscopiques. Toulcfois ce traitement ne convient qu'aux individus robustes et pleins de vigueur; chez la femme, l'enfant, et les sujets affaiblis, il est formellement contre-indiqué.

Stokes et Graves ont vanté l'usage des j^rèparations mercurielles, mais cette médication ne paraît pas avoir donné de résultats formels; bien plus, elle n esl pas sans danger, c'est pourquoi elle est tombée jus tement dans l'oubli.

Lorsque la fièvre est intense, le pouls fréquent, et

tkaiti:me.nt ^^"^

niuo les phénomriècs d'éréthisme cardiaquo sont doiininants, il iauL alors avoir recours aux modérateurs .du cœur, et dans ce cas la digUnU est le premier iniédicament auquel on doive s'adresser. Sous -son inlluence. l'activité exagérée du cœur se calme irapidemeut, les contractions se ralentissent et se I régularisent; on évite ainsi, dans la mesure du pos- ■sible, que des dépôts phlegmasiques se détachent I des valvules et aillent former des embolies secondaires. La forme et les doses suivant lesquelles on id(uuiera le médicament diffèrent un peu suivant les ! auteurs. C. Paul accorde la préférence à la teinture 1 de digitale à la dose de 1 gramme. Mais comme le médicament met au moins vingt-quatre heures pour faire sentir son action, il faut attendre deux jours avant d'augmenter la dose; une fois l'effet obtenu, au bout de trois à quatre jours, on diminue ou suspend tout à fait le médicament, que l'on reprendra dès que son action commencera à disparaître. Cependant bon nombre d'auteurs croient préférable de remplacer la teinture par l'infusion de feuilles de digitale à la dose de 20, 40, GO centigrammes (quelques-uns portent la dose jusqu'au delà de 1 gramme, ce qui est excessif) par jour pour 130 ou 200 grammes d'eau, qu'on prendra en quatre fois, ou mieux encore par cuillerée à bouche, d'heure en. heure, en ayant soin de faire édulcorer le mélange avec 23 à 30 grammes dé sirop. Cette médication donne d'excellents résultats : le pouls se ralentit, les battements du cœur sont moins violents et par suite l'oppression se calme peu à peu; mais chez certains malades, l'intolérance ne tarde pas à se manifester :• il survient des vertiges, des nausées, des vomissements, des sueurs froides et parfois une tendance

<J3() ENDOCAKDITKS INFECTANTES

syncopalo, qui obligent le médecin à renoncer ioiil de suite à, un aussi précieux médicament. Dans (•<■ cas, et surtout dans les formes apyrétiques, on se trouvera bien de substituer à la digitale l'usage des bromures a/mlim^ de potassium ou mieux encore de sodium, à la dose de 2 à 4 grammes par jour, ou encore la valériane et surtout le valérianate d'ammoniaque, dans le but de calmer l'éréthisme du cœur.

D'autres médicaments dépresseurs du cœur, tels que la, vêratrine, ont été encore recommandés, mais leur action n'a rien de comparable avec celle di;s substances précédentes.

Le traitement général sera complété par certaines prescriptions lu/cjiéniqim de première importance, le malade gardera le repos absolu, on éloignera de lui toutes les causes d'émotion ou d'excitation cardiaque, le bruit, les conversations, les visites^ seront rigoureusement proscrits ; enfin un régime alimenfaire doux et d'une digestion facile sera institué dès le début : le régime lacté, les bouillons, des boissons fraîches légèrement acidulées, en feront tous les frais.

Des que la sédation des accidents du début aura été obtenue, il faudra alors faire intervenir la médication tonique : l'extrait de quinquina, le vin, les stimulants énergifiues tels que l'éther, la liqueur d'Hoffmann, l'acétate d'ammoniaque et même certaines préparations ferrugineuses rempliront toutes les indications. Il sera encore utile à cette période de s'opposer à la formation des produits plastiques par les préparations iodurées dont l'action fondante et résolutive connue depuis si longtemps, reste cependant dans ce cas trop souvent impuissante.

B. Endocardites infectieuses (îw/J-r/art/es de Hanoi .

. ENDOCARDITE ClIRONTOUK 33*

— Le traitement des endocardites infectieuses ne peut ctre que palliatif, la mort étant la terminaison habituelle de la maladie. Néanmoins les indications thérapeutiques à remplir sont de deux ordres. Les premières doivent tendre à relever l'état général si profondément affaibli; pour cela on aura recours à tous les agents toniques que le malade pourra supporter : le quinquina, le vin, les potions cordiales, le cognac, le vin de Champagne, etc., auxquels on joindra le sulfate ou mieux encore le chlorhydrate de quinine dans le but de diminuer l'élément fébrile.

La seconde indication a pour but de lutter contre l'élément parasitaire infectieux de la maladie, par l'usage d'une médication antiseptique appropriée. On a préconisé tour à tour le salicylate et le benzoale de soude, les sels de quinine, le musc, le carbonate d'ammoniaque, le bichlorure de mercure, etc., etc. ; aucun de ces agents thérapeutiques n'a donné de résultat et les endocardites malignes sont restées jusqu'ici absolument réfractaires à toutes les tentatives d€ l'art médical.

C. Endocardite chronique. — Son traitement se confond avec celui des affections valvulaires ou orificielles du cœur.

Traitement des affections valvalaires et orificIeUes»

La thérapeutique générale des maladies milrales et eelte des affections aortiques a été déreloppée avec de longs détails dans le (chapitre précédent (voir p. 239); nous nous bornerons ici à rappeler brièvement les quelques particularités du traitement que réclame chacune d'elles.

'•^'^'^ RKTHKCISSEMENT AORTIOUK .

Traitement du rétrécinNcmcnt aortiqne. — I),.

toutes les maladies organiques du rœur, le nHré risseinenl aoi-li.ine est celle dont la symptonialologie est le plus longtemps silencieuse; le slad.^ <le componsalion y est généralement long et 1,.^ troubles morl.idos nuls, ou k peine accusés durant •tette période, ne coinmencent à apparaître qu'au moment de l'aflaiblissement du muscle cardiaque c'est-à-du-e tardivement. La thérapeutique doit doncse borner surl<.ul à retarder le plus longt,.mps possible cette période lr(ud)lée. Pendant les premiers^ temps de l'affection cardiaque, le traitement doit se borner aux simples prescriptions d'hygiène età co,nbattre 1 état anémique si fréquent chez la plupart d<* ces malades.

Ceux-ci doivent se garder de toutes les causes Ut? surmènement et de fatigue pour le cœur; les efforts violents, les exercices musculaires prolongés doivent être évités; les professions manuelles seront abandonnées par ces malades qui rechercheront seulement les occupations sédentaires.

Les émotions morales vives, de même que tout ce qui pourrait, dans l'alimentation ou dans la manière de vivre, être cause d'excitation cardiaque sera écarté. Le café, le thé, l'usage habituel des boissons alcooliques et du tabac, les mets excitants seront défendus. Le malade devra, de préférence habiter un climat doux, tempéré, à l'abri des brusques changements de température et ne point s*éearter, dans sa manière de vivre, des règles d'hygiène que nous avons formulées. Si, malgré tout, il survient de temps à autre des accidents d'éréthisme cardiaque, des battements précipités avec oppression vive, on aura recours aux sédatifs du cœur, aux an-

INSUFFISANCE AOHTIQUE

itispasmodiques, aux nervins et principalemcnL aux [préparations bromurées, à la valériane et à ses coniiposés, à l'éther, et quelquefois à l'aconit. Enfin duirant la longue période d'état, l'usage des iodures, rsuivant la méthodn indiciuée déjà, devra être mis en .œuvre, et cela d'autant plus que le rétrécissement (de l'orifice aortique, plus fréquent chez le vieillard ique chez l'adulte, coïncide avec l'athérome et l'aoritile chronique.

L'état anémique sera combattu par le quiquina ; associé aux préparations ferrugineuses : le tartrate ferrico-potassique, le citrate de fer ammoniacal, le bromure de fer,riodure de fer, et aussi par quelques ! stimulants généraux. L'hydrothérapie peut rendre de très réels services à condition qu'elle soit bien supportée, et en veillant à ce que le froid humide n'éveille quelque poussée rhumatismale. Une alimentation tonique s'impose également, mais il faudra I éviter les repas trop copieux, et les aliments qui favoi'isent le développement de l'obésité.

Lorsque surviennent les accidents multiples de l'hyposystolie et de la période asystolique véritable, le traitement comprendra les moyens que nous avons indiqués à propos de la thérapeutique générale des cardiopathies artérielles : les toniques du cœur, les agents cardio-vasculaires, et en particulier la digitale (voir page 289), les diurétiques, les purgatifs, etc., en formeront la base; les accidents particuliers de dyspnée, d'œdème, de congestions viscérales, d'hydropisies des séreuses seront combattus parles moyens habituels.

Traitement de rjnsuffisance aopllqne. — Ce que nous venons de dire du rétrécissement aortique s'applique en partie au traitement de l'insufli-

'•i'M INSUl'KISANCK AOHTlUUIC

sance valviilaii-<î (Je cet orifiœ. Au début et pendant la période; de eompensalion, pas de lraitern(;iil actil"; les prescriptions hygiéniques siifïisent. Tout ce qui peut (îxciter h; cuiur et augmenter son travail musculaire : (tauses morales, fatigues })hysiqu(!s. sera évité avec soin ; l'iiabilation dans un climat tempéré, une alimentation réparatrice mais peu copieuse l'abstention des boissons stimulantes, café, alcool, ainsi que du tabac, la régularité des selles, voilà en quelques mots les principes d'hygiène auxquels le malade devra s'astreindre. Plus tard les poussées passagères d'excitation du muscle cardiaque seront enrayées par l'usage du bromure de sodium, de \:i valériane et de l'étlier sulfurique. Lorsque l'aflcclioii semble se développer progressivement, et d autr<part qu'elle coexiste avec les phénomènes généraux de l'artério-sclérose, il faut faire intervenir la médication artérielle par excellence : l'iodure de potassium ou de sodium, qui agit sur l'oriûce aortiquc. l'aorte elle-même, et s'adresse à la maladie artérielle tout entière. L'iodure sera prescrit journellement à la dose de 60 centigrammes à 1 gramme, associé ou non à une très faible dose d'opium qui en corrige les eflets fâcheux sur l'estomac; on prend le ton! durant ^0 à 25 jours consécutifs puis on cesse le médicament peiidant 8 à 10 jours, pour le reprendre pendant trois semaines. On le supprime de nouveau durant un septénaire pour le reprendre encore pendant 20 à 2.0 jours et ainsi de suite, pendant plusieurs mois consécutifs. L'iodure est un dépresseur de la tension artérielle, et ses succès en pareille circonstance ne sont plus à compter.

Le caractère prédominant de certains sympl«)n»ies réclame une médication jjarticulière. La djispjaée

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