‹ Thérapeutique des maladies du cœur et de l'aorteChapitre 92 sur 112 · ANGINE DE POITRINE · texte numérisé non relu

ANGINE DE POITRINE

lement » dans sa clientèle. C'est, qu'en effet ce traitement est capable non plus de calmer, mais de produire de violents accès angineux ou encore des syncopes de la plus haute gravité.

Mais si la faradisation est dangereuse, les courante continus au contraire ont donné parfois de bons résultats. Fliess [Berl. Klin. Wochens. , 186S) a proposé, dans le traitement des affections aortiques, l'application de courants continus descendants, sur lepneumogastrique. Eulenburg, deBerlin, lesemploie enposani le pôle positif au sternum et le pôle négatif au cou sur le trajet du grand sympathique. Huebner (1874) arrête les accès angineux en galvanisant le sympathique et le plexus cardiaque ; Fluebuch (1873) et Lœwenfuld (1881) calment les accès en appliquant les courants continus à la région cervicale. Plus récemment, Armaingaud, de Bordeaux {Note sur Vang. de joa*^?*., 1877), a guéri une jeune femme d'une crise violente d'angor pectoris en appliquant le pôle positif sur le cœur et le pôle négatif à l'apophyse épineuse ■delà 6'' vertèbre cervicale. DuJardin-BeaumetzetPeter ont employé ce moyen avec succès, dans le cas suivant un peu anormal : un malade, avant d'éprouver l'angoisse précordiale, éprouvait d'abord une douleur de la main, puis de l'avant-bras et du bras ; ces auteurs employèrent la y)ile aux courants continus, dite de Gaiffe, usèrent de courants descendants. Le pôle positif était appliqué à la partie supérieure de l'épaule gauche, le pôle négatif à la partie inférieure d:u membre, et on faisait ainsi une série d'applications «n plaçant les deux pôles sur l'avant-bras, le bras, l'épaple, applications qui étaient renouvelées chaque fois que le malade ressentait les douleurs prodromiques de l'accès. Enfln Maurice Ilaynaud et Huchard

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amendaient les accès douloureux angineux par l'emploi des couranls continus; c'est donc là un moyen thérapeutique, auquel on aurait recours le cas échéant.

Les inhalations <i'o,77///è/'t' paraissent agir d'une façon médiocre. L'antipyrine (1 à 3 grammes) a réussi quelquefois, mais on se rappellera que ce médicament agit mieux dans les pseudo-angines que dan» l'angine de poitrine vraie par altération des artères coronaires.

L'accès angineux calmé, il faut chercher à prévenir son retour par des moyens hygiéniques appro-priés, un régime alimentaire réglé, et enfin par une médication qui s'adresse aux nombreuses causes qui ont fait naître l'angina pectoris.

2° Traltciuent prophylactique. — Le malade, si cela l'st possible habitera la campagne, à l'abri du vent, de l'humidité et du froid; sa vie sera régulière et méthodique, exempte de soucis et d'émotions. Les promenades régulières et sans fatigue sont utiles, à condition de ne point marcher vite, ni de faire d'ascensions. Tout exercice musculaire un peu violent est défendu au malade ; on insiste avec raison sur les mauvais effets des exercices exagérés du bras gauche, vers lequel se produisent les douleurs irradiées, ou qui peut, dans certains cas plus rares, être le point de départ même de ces douleurs.

Les repas devrontêtre substantiels, mais peu abondants ; il sera préférable de faire plusieurs petites collations par jour, pour ne point surcharger l'estomac, et éviter ainsi les accès angineux qui surviennent souvent après les repas, et principalement le dîner du soir. Ce dernier repas se composera d'aliments lé-r gers d'une dfgeslibililé facile : les laitages, les œufs.

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on pourra même très utilement recourir, do temps à autre, au régime lacté pendant plusieurs jours suc- (•^'ssifs. En général, on évitera les mets épicés, les sauces relevées el les boissons stimulantes : le thé, lo cale, ou fermentées, comme le vin de Champagne et les vins mousseux. Les liquides seront pris en petite quantité ; on choisirade préférence les vins blancs très légers du Bordelais (Barsac, Graves), ou encore ((uelques crus de Bourgogne, faibles en alcool el non aigres (Chablis) additionnés d'eau pure, ou d'eaux de table faiblement minéralisées, Evian,Alet. L'eau pure ou additionnée de quelques gouttes de cognac, pour eu combattre la saveur, constituerait encore une excellente boisson prise aux repas. Le tabac doit être proscrit à tout jamais; en outre, les malades doivent encore éviter de rester dans les espaces clos oti se trouvent des fumeurs (estaminets, cercles, wagons).

Les troubles dyspeptiques, s'ils se produisent, seront traités avec soin, suivant la médication propre à chacun d'eux : flatulence (naphtol, salicylates de magnésie ou de bismuth, craie préparée, charbon de peuplier, etc., c'est-à-dire les poudres antiseptiques); gastralgie (opium, cocaïne, eau chloroformée); vomissements (glace, opium, potion antiémétique de Rivière); hyperchlorhydrie ou hypochlorhydrie (bicarbonate de soude, ou acide chlorhydrique); dans d'autres cas, le lavage de l'estomac, le régime lacté, constitueront le traitement de choix.

3° Traitement médicanienteax. — Il est variable et dépend essentiellement de la nature et des causes de i'ajîginede poitrine; celles-ci sont très nombreuses et Huchard les a étudiées dans une très bonne monographie [Rev. de méd., 1883).

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A. La cause, sinon la plus fréquente, loul au moins la mieux connue de l'angine de poifrine, est le rc- Irécissement des artères coi'onaires, soit paralln'rome de l'aorte qui déforme et rétrécit l'orifice des coronaires, soit par altération du tronc même dr ces artères. Cette variété constitue Vangine d(; poitrine vrcm^orgaii'kjue des auteurs; elle reconnaît pour facteurs étiologiques : l'alcoolisme, l'artliritis, la goutte, la syphilis, le saturnisme et les causes dystrophiques qui engendrent l'artério-sclérose. Elle se montre surtout après 25 ans et présente son maximum de fréquence dans les carrières libérales : prêtres, médecins, avocats, écrivains, artistes. Au point de vue clinique, elle se manifeste par plusieurs caractères dont le principal est l'apparition de l'accès angineux sous l'inQuence de l'effort et de toutes les causes qui exagèrent la tension autérielle et augmentent le travail du muscle cardiaque : exercice musculaire, marche, émotions vives, etc.; l'accès naîi avec l'effort, dure autant que lui et cesse avec lui.

B. Nous trouvons ensuite le groupe si nombreux des jjseudo-anffmes de poifrine : il comprend les angines de poitrine d'origine nenmise^ réflexe^ diafJicsique et toxique.

1. Les angines de jjoitrine nerveuses s'observent principalement à la suite des névroses et des étals névropathiques. On les rencontre dans l'hystérie (Charcot, Marie, Bernheim, Liégeois), chez les neurasthéniques et dans la maladie de Basedow. Contrairement à l'angine de poitrine vraie, l'accès arrive spontanément, sans effort préalable, le plus souvent le soir, la nuit, quelquefois au lit en plein repos, et a une durée qui se prolonge.

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