‹ Thérapeutique des maladies du cœur et de l'aorteChapitre 96 sur 112 · POULS LENT PERMANENT · texte numérisé non relu

POULS LENT PERMANENT

tiges, des élourdissements, des attaques syncopales, apoplectiformes, enfin des accès épileptiformes. On observe encore des vomissements et de la dyspnée d'origine bulbaire. Cette affection, quoique persistant pendant do longues années, est fort grave et se termine par la mort, soit à la suite de syncope, d'attaque comateuse ou épileptiforme. Ainsi qu'il résulte des recherches de Charcot et d'Hutchinson, confirmatives de celles de Stokes, la maladie a une origine bulbaire (traumatisme, anémie, compression etc.); c'est du moins à la participation du bulbe qu'il faut rapporter le ralentissement du pouls, ce phénomène ayant été obsei'vé dans des traumatismes cérébraux d'origine expérimentale pratiqués par Duret (1878). Quant aux attaques épileptiformes, on a pu les rapporter souvent à des troubles urémiques secondaires.

Quoi qu'il en soit, la maladie de Stokes-Adams ne pardonne point, et la thérapeutique est jusqu'ici absolument désarmée en face d'elle. Le clinicien devra se borner à une intervention toute palliative. Pour atténuer les attaques syncopales, on aura recours aux inhalations de nitrite d'amyle ou d'iodure d'éthyle. La noix vomique, la strychnine, la trinitrine ont été quelquefois utiles, surtout les deux premières; quant aux crises épileptiformes et aux accès de dyspnée, accompagnés parfois de rythme de Cheyne-Stokes, leur origine souvent urémique les rend justiciables du régime lacté absolu. Ce dernier est d'autant plus indiqué que, chez certains malades, les troubles gastriques augmentent encore le ralentissement du pouls et qu'il est nécessaire de supprimer les réflexes gastriques, qui ont une importance si grande sur l'évolution (le la maladie.

SY.NCdl'K

Le ralentissomciil pcnnaiiciil du pouls, iiii des symptômes cai)ilaux do ratlticlion, persiste quoi (ja'oii lasse; l'électricité, la caféine, conseillées par plusieurs auteurs, n'ont point donné de résultats nets: je dois dire cependant que dans un cas récent, que j'ai suivi durant [)lnsi(Hirs semaines à l'hùjjilal Tenon, la caféine a relevé le pouls d'une façon très appréciable. G. Sée a proposé l'atropine et aurait vu, sous son action, les pulsations tripler de fréquence. A la période asystolique, la digitale et la caféine ontdoinié quelquefois une amélioration passagère.

TraitiMiicnt de la syne<»p«'.

Le traitement de la syncope comporte nécessairement la connaissance de la cause qui l'a provoquée. Or l'étiologie de ce grave accident est très ét(Midue. La syncope peut survenir par anémie profonde résultant d'une hémorrhagie abondante : saignée, blessures de guerre, traumatismes, accouchements, hémorrhagies internes, liémorrlioïdes, etc.; de même dans la convalescence d'une maladie longue et débilitante : telle est |)ar exemple la syncope qui arrive dans la fièvre typhoïde, la première fois que le malade quitte son lit. C'est. encore par anémie, suite du déplacement rapide d'une masse sanguine notable, que la syncope survient a])rès l'évacuation trop rapide d'une ascite, d'un épanchement pleural ou après un accouchement hop brusquement terminé.

La syncope est une complication redoutable des maladies du cœur; on peut l'observer toutes les fois qu'un obstacle se présente contre le bon fonclionnement du cœur : telles sont surtout la péricardile, les affections aorliqnes, la rupture du cœur, dans In-

SYNCOPR

(|iit'llerhémopéi'icar(lo coin prime rorloinenlle muscle cai'diaque. Signalons encore ioiiles les myocardilos maladies infecLieuses, lièvre typhoïde, etc.), la sclérose cardia(£ue el la dégénérescence graisseuse. Viennent ensuite les causes nombreuses agissant sur le système nerveux : les impressions sensorielles, la vue du sang, d'objets, d'animaux produisant une impression d'horreur vive el soudaine (reptiles), le toucher de certains objets répulsifs, ou encore certaines odeurs. Il faut signaler encore les syncopes émoiives : le coït, la peur, la colère, la joie excessive, les douleurs suraiguës, les coliques hépatiques et néphrétiques, le traumatisme violent à l'épigaslre.

La syncope peut se montrer encore dans le cours d(! certaines affections des centres nerveux : la paralysie glosso-labio-laryngée, la sclérose latérale auiyotrophique, au moment de l'envahissement de la région des noyaux du nerf pneumogastrique; de même dans la maladie de Stokes-Adams on la région bulbaire est intéressée.

Enfin la syncope peut naître encore sous l'iniluence d'un germe infectieux agissant sur le bulbe : accès pernicieux de l'impaludisme, grippe, etc., ou p;i,r le fait d'intoxication par les agents niédicamenieux : digitale, aconit, véralrine, muscarine, les anesthésiques, le chloroforme, l'éther, le bromure d'éthyle.

La syncope étant due «à la cessation momentanée des fonctions cérébrales par suite de l'interruption de l'arrivée du sang artériel dans le cerveau » (Cl. Bernard), il résulte (jue, pour combattre la syncope, il faut favoriser l'alTlux du sang vers le cerveau, en l>laçant brusquement le malade à l'air frais dans le décubitus dorsal, la tête plus basse que le corps et

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les membres inlérieurs un peu relevés. La ijoilriu»; et le cou seront dél)arrass(is de toutes les entraves : corsets, ceintures, cols, cravates, et le patient sera soumis aux frictions excitantes, irritantes môme : vinaigre, térébenthine, eau de Cologne, alcool camphré. Uniment ammoniacal, ou encore aux lavements salés ou vinaigrés. On y joindra des aspersions d'eau froide sur la face, les tempes, la région épigastrique. On pourra encore frotter vigoureusement la paume des mains, la plante des pieds, et on excitera la muqueuse nasale et le fond de la gorge par une barbe de plume.

Si la syncope est le résultat d'une hémorrhagie très abondante, la compression de l'aorte, la ligature des membres, la bande d'Esmarch, les injections souscutanées d'ergotine et même la transfusion du sang seront employées souvent avec succès. Enfin le traitement pourra se compléter par la respiration artificielle, l'insufflation de bouche à bouche, et aussi par les tractions rythmées de la langue avec un(^ pince hémostatique suivant la méthode de Laborde (1893). Celles-ci ont donné d'excellents résultats dans les syncopes chloroformiques.

Dès que le malade est revenu à lui, ce n'est que progressivement qu'on lui permettra de prendre la position assise et de faire quelques mouvements; si on ne prenait cette précaution, le malade pourrait être exposé à une nouvelle syncope peut-être mortelle; certains auteurs conseillent encore de faire boire au malade un verre d'eau fraîche ; cette pratique empirique ne paraît point mauvaise.

Grisolle a prétendu que, outre l'asphyxie par submersion, les noyés pouvaient encore périr par .syncope; cependant si elle se produit, c'est plutôt une

CYANOSE '^ol

circonstance heureuse, car, le cœur cessant de battre et la respiration se suspendant, les phénomènes d'asphyxie sont retardés ou n'ont pas lieu. Dans ces cas complexes, pour ramener le noyé à la vie, on essaiera, en plus des moyens stimulants généraux, le l)rocédé de Marshal-Hall et de Sylvester qui consiste à exercer des pressions rythmiques à la base de la poitrine, et en même temps à élever et h abaisser alternativement les membres supérieurs. On pourra encore recourir au procédé de Laborde, dans le but de provoquer le réveil durétlexe respiratoire. Cependant il ne faut pas oublier que ces moyens s'adressent plutôt à l'asphyxie par immersion qu'à l'état syncopal lui-même.

Traitement de !a cyasiose.

La cyanose ou maladie bleue est liée à des malformations congénitales du cœur ou à des anomalies dans la disposition et le calibre des troncs artériels ; par cela même, le traitement de cette maladie doit se borner aux seules médications symptomatiques.

Les malades doivent éviter les fatigues, les etforts prolongés, les émotions vives, les repas copieux : bref, tout ce qui peut être une cause d'excitation cardiaque. Dans le cours de la maladie, les accès de suffocation ne sont point rares :1e repos complet est alors indiqué; on aurait recours encore, suivant les cas particuliers, à la valériane, à l'opium, à l'acide cyanhydrique, et aux inhalations d'oxygène (A. Petit).

La dilatation aiguë du cœur et la gêne à la circulation de retour pourront trouver quelquefois un soulagement momentané dans la saignée et dans l'emploi des diurétiques et des drastiques; plus lard, les accidents

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asysloliqucs scroiil, coinballiis par la digilale, ol e(Mix de pai'ésic (■ar(lia(]ii(' pai- la calV'iiic. los iiijecli(;iis iVéihov.

Trailemcnl des iicciileiitN t;ravido- cardiaques.

Il a (Mr indiqué avec f^i'aiid soin par Polcr. Ces accidcnls, nous l'avons vu déjà, r('cf)nnaissenl j»(»ur cause : 1" raiif^menialion [)liysiol(»f^i(|ue de la niasse (in san^ ponulanl la grossesse; l'Iiyperlrophie du venirienle ganclie conséculive à eelle-ci. Celte dernière a pour consé(inence, dans le cas d'insuffisance mitrale, par exemple, d'angmerder à chaque systole le couranl rétrograde du sang, dn ventricule dans l'oreillette gauche; peu à i)en, il s'établit de proche en proche une stase sangnine dans l,out le système de la circulation pulni(niair(\ : d'où. « pléthore pulmonaire morbide i-écnrrente s'ajoulani à la pléthore physiologique de la grossesse ». De là des accidents graves : hémoptysies gravidiques, congestion pulmonaire suraiguë, catarrhe suflbcant, j)0uvant mettre en danger la vie de la mère et celle d(! l'enfant. Que fair<^ en pareil cas?

Fratiqu(u- d'abord niuî large déplélion veineuse par une saignée copieuse, complétée par des révulsifs énergiques sur le thorax : ventouses sèches en grande quantité, cataplasmes sinapisés, etc.; puis, si la dyspnée est extrême, presci-ire après la saignée un vomitif énergique, sans craindi-e de provoquer des secousses et de.s efiforts musculaires préjudiciables à l'état de gravidité de l'utérus.

Mais ces moyens peuvent cependant rester insuflisants, et si les accidents pulmonaires sont deveiuis très intenses, il .se produit un avorleinent spontané.

ACCrOENTS rUAVIIKl-CAIOHAOUES 38;{

vorilable « dolivrance cavtliaque » qui sauve souvent la fcniine. Dès lors, il y aurai l. lieu, souvent, de n(^ pas al tendre trop longtemps et d'imiter la nature : (juand les accidents deviennent périlleux, il faut t< songer à l'accouchement arliliciel, le proposer et h; pratiquer ».

Dans une leçon récente, Tarnier (189-4) a confirmé cette manière de voir; à cette question : Doit-on provoquer l'accouchement dans les cas d'asystolie menaçante et rebelle à tout traitement? il répond aftirmaiivement. Sans doute, l'accouchement prématuré présente de redoutables éventualités, mais à tout prendre, il ofl're moins de dangers de mort que l'accouchement à terme.

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