CHAPITRE III
Réactions phyalolog^iques du Tôle, producteur de glycog^ène.
Le parenchyme hépatique contient en quantité considérable une substance susceptible de se transformer en glycose : la matière glycogène, découverte en 1857 par Cl. Bernard.
Cette matière ne provient pas directement des aliments. Formée et emmagasinée par la cellule hépatique, est-elle déposée pendant la vie sous forme de granulations (Cl. Bernard), à Tétat amorphe (Bock et Hoffmann), ou à l'état liquide (Ranvier)? Faut-il admettre, avec Kupffer, qu'elle réside non pas dans le protoplasma vrai, mais dans Je paraplasma de la cellule? C'est surtout dans les cellules du centre du lobule qu'on la trouve ; moins abondante à la périphérie, elle semble constamment transformée et entraînée par le torrent veineux sus-hépatique. Elle représente une réserve hydrocarburée qui se transforme en sucre suivant les besoins de l'organisme.
Lorsqu'on parle de fonction glycogénique du foie, il faut donc comprendre deux choses : la fabrication du glycogène et la transformation du glycogène en sucre .
Cl. Bernard a démontré que le sang des veines sus-hépatiques est beaucoup plus sucré que celui de la veine porte; ce dernier varie avec Talimentation,
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du violet de mélhyle qui se fixe sur elle, mais n'empêche pas Taction des ferments diastasiques. Or le violet retarde ou empêche cependant la sâccharifîcation du glycogène hépatique après la mort Cest donc au protoplasma des cellules hépatiques qu'appartient Faction saccharifiante.
Chez le lapin et le mouton un court traitement par Taicool enlève au tissu du foie la faculté d'opérer la saccharification (Noël Paton).
Bouchard a calculé que, chezThomme, le foie devait livrer au moins i.8oO grammes de sucre en 24 heures.
Le foie fournit aux muscles le sucre nécessaire à leur activité; c'est au sucre et non pas aux matières azotées qu'est réservée la tâche d'entretenir la chaleur animale. Le foie représente donc la source principale de cette chaleur.
Si la piqûre du plancKfer du 4" ventricule (Cl. Bernard), celle de la protubérance, des pédoncules, des faisceaux antérieurs et postérieurs de la moelle, si l'excitation du bout central des pneiimo-gastriques, du nerf sciatique, du nerf dépresseur de Cyon, déterminent la glycosurie, c'est en exagérant Tactivité transformatrice du foie plutôt qu'en provoquant la surproduction du glycogène.
Inversement, la section des pneumogastriques au cou et la section de la moelle au-dessus du renflement cervico-brachial font disparaître le sucre et aussi le glycogène hépatique (Cl. Bernard).
Après la double vagotomie, la piqûre du bulbe produit encore la glycosurie; cela prouve que, si les pneumo-gastriques sont indispensables au maintien de la fonction glycogénique, ce n'est pas ei^ qualité de conducteurs de l'excitation bulbaire ; ils consti-
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raffinose, dulcite, qucrcite, érythrite, mannite, saccharine.
Môme augmentation à la suite des injections souscutanées de glycose.
Diaprés G. Voit, la lactose et la galactose ne peuvent donner de glycogène.
Cl. Bernard a constaté que le glycogène se rencontrait chez les chiens nourris de gélatine ou exclusivement de viande. Pour démontrer que le glycogène résulte bien de Tingestion des matières albuminoïdes que contient la viande et non pas des hydrocarbures qui y sont renfermés, WolflFberg et Naunyn ont donné à dés chiens de la viande privée d'hydrocarbures par une ébullition prolongée ; Kulz a donné de la viande qui avait macéré deux jours entre 30<* et 38°, et aussi de la fibrine, de la caséine, de l'albumine, du sang ou de l'œuf : dans tous les cas le glycogène se formait dans le foie. Donc l'opinion de Cl. Bernard est exacte.
Il faut savoir que les féculents favorisent plus que les albuminoïdes la glycogénie hépatique. Poggiale nourrit un chien avec de la viande pendant plusieurs jours, un autre chien avec des féculents. Trois heures après le detnier repas, il analyse le sang. Voici les chiffres :
Chien n° 1 :
Sang de l'artère crurale 0,02 % de sucre.
Sang de la veine cave 0,09 —
Sang des veines sus-hépatiques 0,13 —
Chien n^ 2 :
Sang de l'artère crurale 0,04 % de sucre.
Sang de la veine cave 0,15 —
Sang des veines sus-hépatiques..... 0,23 —
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que Textrait de foie modérerait la glycosurie alimentaire et aussi la glycosurie du diabète sucré (Gilbert et Garnot). Les fonctions glycogénique et antitoxique seraient exaltées par la bile (J. Teissier).
L'augmentation du glycogène s'effectue passagèrement chez les animaux dont on élève la température. II en est de même à la suite de la ligature de la veine cave inférieure au dessous du foie, opération qui provoque Tafïlux du sang veineux dans le système porte et la congestion du foie. Examinant le foie de divers sujets, Butte a constaté une grande quantité de sucre et de glycogène chez des individus enlevés par des hémorrhagies traumatiques ou puerpérales.
L'influence des médicaments sur la fonction glycogénique du foie mérite d'être étudiée : on verra que cette fonction est inséparable de l'action destructrice des poisons.