CHAPITRE X
Xraitement; des an^lochollte» et de»
choléeystitee aiguës.
J'ai parlé du catarrhe de Tappareil excrétearda foie à propos de l'ictère catarrhal. J'ai dit que les éléments toxi-infeclieux pouvaient aborder le parenchyme hépatique par deux voies : la voie sanguine et la voie biliaire.
Il s'agit d'envisager ici d'une façon plus précise l'inflammation des canaux et de la vésicule.
Cette inflammation semblerait peu de chose si elle n'était pas liée à la présence des microbes. Que les microbes aient traversé d'abord le parenchyme hépatique ou qu'ils aient remonté au contraire le cours de la bile, on les trouve dans la lumière des cananx en même temps que les détritus épithéliaux, le mucus et les globules de pus. C'est à leur pénétration et à la résorption de leurs toxines qu'est due la fièvre intermittente hépatique, telle que la décrivait Charcot, en 1876, dans ses Leçons sur les maladies dufm.
Parmi ces microbes, le pliïs habituel est le colibacille (Bouchard, Netter, Renaut, Dupré, Gilbert et Girode,Rodet, Bignami, Marchiafava^Macaigne^etc.). Mais on peut citer aussi les staphylocoques, les streptocoques, le pneumocoque, le tétragène (Gilbert et Dominici), le bacille virgule du choléra (Nicati et Rietsch, Girode).
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biliaires ou qui s'ouvrent dans ces yoles, la tumé faction des ganglions du hile, les adhérences péritonéales, les ptôses des viscères, en un mot tout ce qui ralentit ou arrête la progression de la bile.
Le traitement des angiocholites aiguës, c'est en réalité le traitement des ictèresr infectieux. Je ne reviendrai pas sur la nécessité de pourchasser les microbes et leurs toxines dans le sang et dans le tube digestif ; j'insisterai seulement sur l'antisepsie des voies biliaires, réalisable uniquement, dans Tétat actuel de la thérapeutique, par V acide salicylique. Deux de ses composés peuvent être prescrits aux malades : le salol et le salicylate de soude; Tun antiseptique intestinal et antiseptique biliaire, l'autre antiseptique biliaire, antipyrétique, analgésique et cholagogue î Ce dernier sera administré par la bouche ou en lavements. J'aurai l'occasion de revenir sur ces remèdes au chapitre de la lithiase biliaire.
Comme adjuvant de l'acide salicylique, et pour combattre l'état catarrhal des canaux, on pourra donner la térébenthine qui, traversant le foie, passe dans la bile et stimule en même temps la fonction biligénique.
Les lavements froids, employés à côté des chola-. gogues, seront susceptibles de provoquer, suivant l'expression de Chauffard, une chasse .biliaire et de balayer les bouchons muqueux.
L'angiocholite suppurée est toujours une affection fort grave. Elle se complique souvent de pyléphlébite et d'infection purulente. Aussi doit-on la considérer comme une des plus redoutables conséquences delà lithiase. Lorsqu'elle est consécutive à l'obstruction calculeuse, elle résiste au traitement médical. On ne
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s*attardera donc pas à la combattre par les remèdes internes. On pratiquera la cholédocotomie ou l'incision des canaux hépatiques pour lever Tobstacle et pour favoriser l'écoulement de la bile et du pus; si ces opérations sont impossibles, on incisera du moins la vésicule biliaire.
La cTwlicystite aiguë accompagne presque toujours la cholédocite et Tangiocholite. En dehors de la lithiase biliaire, on Tobserve dans les maladies infectieuses, la fièvre puerpérale, la dysenterie, le choléra, les infections coli-bacillaires et slreptococciques, et surtout dans la fièvre typhoïde, généralement pendant le troisième septénaire.
Elle est difTicile àreconnaîlre, la vésicule ne formant pas une tumeur saillante et facile à délimiter, la péricystite accompagnant l'endocystite. C'est seulement à la suite de la perforation qu'on est éclairé, dans un grand nombre de cas, sur la nature des accidents.
Si la douleur, la fièvre, la notion de cause, l'ictère infectieux, la tuméfaction permettent le diagnostic en temps utile, il faut immédiatement instituer la cure chirurgicale, c'est-à-dire pratiquer la cholécystotomie : incision de la paroi abdominale sur le bord externe du muscle grand droit, suture de la vésicule à la paroi, incision, drainage, lavages de la vésicule. La cholécystotomie à sutures perdues ne convient pas ici.
Il serait utile, en outre, de rechercher les abcès hépatiques et les collections intrapéritonéales enkystées qui coïncideraient avec la cholécystite.