SYPHILIS ACQUISE
A. Déterminations hépatiques de la syphilis secondaire. — Il ne faut pas attribuer à la syphilis tout ictère survenant chez un individu récemment infecté. Avant rictère, qui d'ailleurs peut faire défaut, on voit apparaître l'hypertrophie du foie. Delavarenne insiste sur l'intégrité des fonctions digestives au début. L*urine renferme des pigments biliaires. L'ictère dure en moyenne six semaines (Labadie- Lagrave), mais la persistance de l'hypertrophie hépatique s'affirme beaucoup plus longtemps. Tout dépend, d'ailleurs, des prédispositions individuelles, des diathèses, des désordres antécédents; l'influence de l'alcoolisme est facile à prévoir.
Le meilleur parti à prendre, c'est d'instituer une cure mercurielle sérieuse.
Si l'estomac tolère mal les pilules deprotoiodure, les pilules de sublimé ou la liqueur de van Swieten, on prescrira les frictions à l'onguent napolitain. Mieux encore, on pratiquera quelques injections
l'a LA SYPHILIS UÉPATIQUE
intFa-musculaires d'huile grise ou de biiodure àe «^ mercure. Sous l'influence de cette médication, ofl |:i pourra faire disparaître, au bout de quelques semaines, l'ictère et la tuméfaction du foie, en même temps que les syphilides de la peau et des muqueuses.
Si le foie restait volumineux, on administrerait pendant deux ou trois périodes de cinq jours le calomel à doses fractionnnées ; on devrait encore avoir recours au sirop de Gibert ou à l'iodure de potassium. Il faut se garder de faire prendre ce dernier médicament d'emblée : on commencera toujours par les mercuriaux.
Les eaux minérales ne devront être prescrites qu'après quelques mois de traitement. Les sulfurées sodiques (Bagnères-de-Luchon, Barèges) et les sulfhydriquées (Aix-les-Bains) favorisent la rapide élimination du mercure absorbé, mais il faut savoir qu'elles donnent aussi un coup de fouet aux manifestations de la syphilis secondaire. On ne les utilisera qu'avec une extrême circonspection.
B. Déterminations hépatiques de la syphilis tertiaire. — La syphilis hépatique tertiaire est souvent latente; si les malades échappent à la surveillance du médecin, ils risquent fort de dépasser la période où un traitement approprié serait encore efflcace contre les gommes ou la cirrhose commençante. Et ce n'est pas seulement la sclérose du foie qu'il faut craindre, c'est la dégénérescence amyloïde, lésion irrémédiable.
On sera rarement conduit à traiter isolément la syphilis hépatique tertiaire ; il y aura, d'habitude, coïncidence avec d'autres manifestations viscérales, avec des lésions du squelette ou du système nerveux.