COMPOSITION DES CALCULS
Au point de vue chimique, on peut diviser les calculs biliaires en deux grandes catégories, suivant qu*ils contiennent ou non de la cholestérine.
Dans la première catégorie nous trouvons les calculs formés de cholestérine pure et ceux dans les- <iuels la cholestérine est associée à d'autres substances.
Ceux-ci sont assurément beaucoup plus fréquenls ?ue tous les autres.
D'après Ritter, la composition habituelle des cal- <^uls est la suivante :
Cholestérine 70.0
Matières organiques 22. 9
Matières inorganiques 6.4
Voici une analyse de Rittmann :
Eau 7.41
Cholestérine 70.88
Graisse 0.08
Sels biliaires I» . :Î8
Matières coioraDtes 2. G7
Matières inorganiques li . 23
Harley, analysant douze calculs, y a constaté ^0.08 % de matières solides et A.0± d'eau.
Dans 100 parties de matières solides il y avait :
Cholestérine 06. 25
Pigment et mucus l) . uO
Sels minéraux . 1.2.)
L'analyse, déjà ancienne, de Planta et Kékulé se rapproche de celles-là :
Eau 4.80
Cholestérine 90. 82
Graisse saponifiable 2 . 02
Sels biliaires 0.79
Matières colorantes . 20
Mucus 1.33
Sels 0.28
202 LA LITHIASE BILIAIRE
Inutile de multiplier les citations. On voit, d*après ces chiffres, Ténorme quantité de cholestérine que renferment les calculs. A côté d*elle, la proportion des sels biliaires et des pigments d'origine biliaire est toujours très faible.
Dans la seconde catégorie, qui comprend les rares calculs privés de cholestérine, nous trouvons lescalculs de pigment pur (les pigments sont instables et se concrèlent dans les mêmes conditions que la cbolestérine), ceux qui contiennent du pigment et du carbonate de chaux. Catégorie beaucoup moins importante que la première, et, au point de vue pratique, négligeable.
C'est surtout de la cholestérine qu'il faut se préoccuper.
Dans la lithiase biliaire nous devons étudier la prophylaxie à côté du traitement.
La maladie est de celles qu'on ne se vantera jamais d'avoir guéries d'une façon complète : les récidives sont fréquentes, difficiles à éviter.
Voici les indications :
1° Mettre obstacle à la formation des calculs biliaires;
2° Favoriser la dissolution des calculs ;
3*^ Favoriser l'expulsion des calculs;
4° Traiter la colique hépatique ;
S"" Traiter les complications de la cholélithiase.
Je ne me contenterai pas d'envisager ici tous les termes du problème clinique. J'étudierai dans un chapitre spécial, au point de vue pratique, la .diététique, l'hygiène, les cures hydro-minérales. Enfin la lithiase nécessitant l'intervention chirurgicale fera l'objet d'un dernier chapitre.
Op.l
stagnation de la bile 203
1** Mettre obstacle a la formation des calclls
biuaires
II ne s'agit pas seulement de préserver les sujets indemnes. Il faut servir les intérêts des candidats à la lithiase et conjurer, chez les cholélithiasiques, la formalion des calculs nouveaux.
Plusieurs précautions à prendre :
A. Empêcher la stagnation de la bile. — Les calculs existent parfois dans les canaux biliaires, mais ^^s sont beaucoup plus fréquents dans la vésicule, et c^ia parce que la vésicule a souvent de la peine à se débarrasser du liquide qu'elle contient.
L'importance de la stagnation biliaire a singulièrement grandi à nos yeux lorsque nous avons ^^nipris à quel point elle favorisait l'envahissement ^®s canaux par les microbes et du même coup le ^^tarrhe lithogène.
-4 Vétat physiologique^ le foie est abaissé, dans les ^^sindes inspirations, par le diaphragme et refoulé ^^ titre la masse intestinale. La chose s'accomplit ^^txs difQcullé chez l'homme. Chez la femme, au con- ^"^^îre, au lieu delà respiration costale inférieure, ^ ^st la respiration costale supérieure qui prédomine et, d'autre part, la constriction de la taille I^^r le corset s'oppose au jeu normal du diaphragme. ^^ compression de la vésicule est donc entravée et la pHe demeure stagnante, chose fréquente pendant ^ grossesse, chose fréquente chez les vieillards.
D'autre part, à la suite des repas, la vésicule, comprimée par l'estomac distendu, a une tendance naturelle à expulser la bile accumulée pendant le jeûne. Si les repas sont rares, l'expulsion est trop long-
20 i LA lithiase: biliaire
temps différée, la stagnation de la bile a pour conséquence la précipitation de la cholestérine.
Le médecin doit donc mettre ses clients en garde contre une inaction prolongée; il leur recommandera Texercice, la marche au grand air. La gymnastique respiratoire favorisera l'exonération de la vésicule en stimulant la motilité diaphragmatique. Le massage modéré de l'abdomen et de l'hypochondre droit produit des effets analogues.
On interdira les corsets, les ceintures trop serrées.
On interdira les repas trop copieux et trop éloignés; quatre repas par jour seront permis: deux grands (déjeuner et dîner), deux petits (matin et quatre heures après midi). Ces repas se feront toujours à des heures régulières. On se préoccupera d'ailleurs de la dyspepsie éventuelle.
Parmi les causes pathologiques de la stagnation biliaire, quelques-unes sont irrémédiables: cancer des voies biliaires, cancer de la tète du pancréas, etc. D'autres relèvent de la thérapeutique : hépatoptose, entéroptose, kystes hydatiques, tumeurs du rein droit, tumeurs abdominales, ascarides, etc.
B. Empêcher raccumulation de la oholestérine dans la bile. — Bien que, d'après Thomas, Kausch, Jankau, le régime demeure sans influence sur la proportion de cholestérine trouvée dans la bile, on écartera les aliments qui contiennent ce principe: substance cérébrale, sang, jaune d'œuf.
Les médecins qui attribuent les excès de cholestérine dans la bile à la surabondance des hydrocarbures alimentaires proscrivent Tusage des graisses. Bouchard les permet de préférence aux sucres et aux féculents.