PRÉCIPITATION DE LA CUOLESTÉRINE
La cholestérine peut se produire en excès dans le cerveau, l'intestin, le sang, les tissus, le foie. On s'efforcera donc de maintenir Tintégrité des tissus, des organes et des humeurs et on se mettra en garde contre les exaltations fonctionnelles.
La cholestérine peut être insuffisamment brûlée dans l'organisme : cela arrive en cas de ralentissement de la nutrition. La nutrition peut être stimulée par l'hygiène, le régime, les remèdes.
C. Bmpèoher la diminution des savons et des sels biliaires alcalins. ~ La cholestérine se précipite, dit Bouchard (1), si elle ne trouve pas pour la dissoudre des savons ou des sels biliaires alcalins, si, par conséquent, les acides gras font défaut, soit par ^ insuffisance alimentaire des graisses, soit par maladie du pancréas, soit par acidité de rinteslin,soit même par saponification insuffisante dans le sang. Elle se précipite encore si les acides gras ou si les acides biliaires ne trouvent pas en proportion suffisante la potasse et la soude avec laquelle ils doivent former les sels alcalins,'si donc les alcalis manquent dans l'alimentation soit à l'état de carbonates, soit à l'état de sels organiques.
On remarquera la prédominance de la soude, à Tétat normal, dans les sels biliaires : taurocholate de soude, glycocholate de soude, phosphate de soude, carbonate de soude, chlorure de sodium. Les sels de soude forment plus de 90 0/0 des sels minéraux de la bile : le reste est constitué par le phosphate de chaux, le chlorure de potassium; quant aux autres principes minéraux (fer, cuivre, silice), ils ne s'y trouvent qu'à l'état de traces.
(1) BoucHA-RD. Maladies par ralenlissement de la nutrition. Paris, 1882.
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L'amoindrissement de Talcalinité de la bile, qui favorise la précipitation delà choleslérine, peulrésuller du défaut des alcalins alimentaires, de l'acidité du tube digestif, de la production excessive ou de rinsuffisante combustion des acides dansTorganismc (Bouchard).
Il faut donc que les alcalins existent dansl'alimentalion, soit à l'état de carbonates, soit à l'état de sels organiques.
Les végétaux et les fruits introduiront la potasse en large proportion dans le tube digestif.
En outre, on fera usage des savons, du savon médicinal, des carbonates alcalins, du bicarbonate de soude, du sulfate de soude, etc.
Pour favoriser les oxydations, pour activer la destruction des acides, pour empêcher raccumulation de l'acide carbonique, il faut stimuler les échanges respiratoires, c'est-à-dire conseiller l'exercice au grand air, déjà mentionné. On devrait, pour les mêmes raisons, interdire l'usage des boissons chargées d'acide carbonique ; mais certaines sont favorables à la nutrition.
D. Empêcher T accumulation de la chaux dans la l)ile. — Si la chaux prédominait dans la bile, elle y détruirait les savons et les sels biliaires alcalins et causerait, par conséquent, la précipitation de la cholestérine. Cette prédominance de la chaux peut résulter d^un excès alimentaire ou d'un obstacle à la fixation de la chaux par les tissus, ou d'une redissolution de la chaux des tissus, et ces deux dernières conditions sont favorisées lorsque les acides surabondent dans l'économie (Bouchard).
Voilà une indication nouvelle à la prohibition des acides.
CATARRHE UTHOGÈNE 207
Qaantàlâ chaux, elle existe dans les farineux^ dans les légumineuses, dans les végétaux, dans les fruits; on est obligé cependant de permettre l'alimentalion végétale dont je démontrerai les avantages. Elle existe aussi dans certaines eaux : les eaux calcaires sont à proscrire. A défaut d'une bonne eau de table, il faut recommander Teau distillée ou l'eau de citerne.
E. Conjurer rangiocholite et la cholécystite desquamatives. — Les médecins qui, au centre des concrétions biliaires, avaient constaté la présence de Pilotons muqueux et de cellules épithéliales, furent c<>nduits tout naturellement à l'hypothèse d'un catarrhe préexistant à la lithiase, d'un catarrhe U- ^^ogène, comme Ta dit Meckel. Lobslein, Bouisson, *^**erichs, et plus récemment V. Ollier, Zorner, ^^t insisté sur la valeur pathogène de rangiocho- ^^te et de la cholécystite.
Naunyn s'est fait le champion de l'angiocholite ^esquamalive préexistante.
Il ne s'est pas contenté d'exposer sa doctrine au Congrès de médecine interne de Wiesbaden, en 1891, ftt de provoquer une discussion à laquelle devaient prendre part Schrœder, Fïirbringer, M osier. Il l'a développée dans un livre sur la lithiase biliaire qu'il a dédié solennellement à son maître Kussmaul et publié en 1892.
D'après lui, les modifications du chimisnie biliaire qui semblent présider à la précipitation de la cholestérine n'ont pas la valeur qu'on leur a attribuée; il y a toujours dans la bile assez d'acides biliaires, de savons et de corps gras pour dissoudre la cholestérine; la décomposition de l'acide glycocholique est dénuée d'influence puisqu'à côté de cet acide il y
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a l'acide cholalique qui dissout fort bien la choieslérine. Pour ce qui concerne la chaux, il ne faut pas |j4u( croire qu'on puisse en introduire à volonté dans la |>rù bile parTalimealalion ou par les boissons; si elle y existe en excès, il faut attribuer le fait au catarrhe des voies biliaires et à l'hypersécrétion d'un mucus qui contient cet élément crislallisable. Quant à la bilirubine enfin, elle ne se précipite qu'au contact de la chaux pour laquelle elle a une affinité spéciale-
D'ailleurs, la cholestérine elle-même proviendrait en grande partie des cellules épithéliales desquaraées (Bristowe, Naunyn et Thomas, Doyon et Dufourt).
Dujardin-Beaumetz admet l'angiocholite desqu»-' raative de Naunyn. Elle résulte, d'après lui, de l'ii^llammation gastro-duodénale propagée aux co réduits excréteurs de la bile et aussi à l'infection cJ^ ces conduits; elle provient donc d'une alimentation trop abondante, ou d'aliments mal mastiqué^- (( Cependant, ajoule-t-il, laclinique nous montre qu'^ * dehors de ces causes occasionnelles la lithiase l>î" liaire est une maladie héréditaire. Chez certain^^ personnes, l'angiocholite desquamative peut suf^ venir en dehors des causes que je viens de signalée - Ce serait alors une véritable affection diathésiqu^ très analogue à ces eczémas que l'on rencontre che^ les arthritiques et qui apparaissent à certains moments de l'année. Il en serait de même pour le duodénum, qui serait alors le siège d'arthritides analogues à ces affections cutanées. C'est ainsi qu*à mon sens on pourrait expliquer l'influence de l'hérédilé et de la diathèse dans la production de la lithiase biliaire, »
Hayem professe que la cholélilhiase est le résultat