RÔLE DES MICROBES
des perturbations gastriques et de l'irritation gastro-duodénale envahissant le cholédoque.
Demiéville pense que le catarrhe de la vésicule, cause de la maladie calculeuse, doit être attribué à la ptôse des viscères abdominaux; il y a là, pour cet auteur, une action simplement mécanique.
Létienne s*appuie sur la fréquence des invasions microbiennes latentes dans les voies biliaires pour rapportera rinfection antécédente la majorité des cholélithes.
Dupré fait remarquer combien sont fréquentes, dans les antécédents des cholélithiasiques, les maladies infectieuses qui retentissent sur l'appareil biliaire, et spécialement la lièvre typhoïde. Dufourt insiste sur le rôle de la fièvre typhoïde et aussi de l'ictère catarrhal dans la genèse des calculs.
J'ai énuméré ailleurs les microbes- trouvés dans les voies biliaires. Ces microbes viennent pour la plupart de l'intestÎQ. Leur migration s'effeclue soit par l'intermédiaire des vaisseaux sanguins, soit par l'ascension dans le cholédoque [angiocholite infectieuse ascendante suppurative de Gilbert et Girode),. Parmi eux le coli-bacille et le bacille d'Eberth méritent la place d'honneur. On les a vus au centre des concrétions biliaires (Gilbert et Dominici, L. Fournier, Hanot, Létienne, Milian, etc.). Ils ont provoqué expérimentalement les calculs : Gilbert et Fournier ont obtenu, chez le cobaye et le chien, la production de petites concrétions en injectant dans la vésicule des colibacilles peu virulents; même chose chez le lapin en injectant les cultures d'un bacille typhique atténué. La lithiase coli-bacillaire a été déterminée par Mignot à l'aide d'un procédé expérimental analogue. Ces micro-organismes, on
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le comprend, ne forment pas d'agglomérations susceptibles de devenir des noyaux de cholélilhes. C'est leur action sur la muqueuse qui doit être le point de départ des pierres biliaires.
La théorie de l'angiocholile desquamative antécédente séduit assurément l'esprit. Elle n'a cependant pas rallié tons les suffrages. Bouchard la tient pour fort problématique. Il admet néanmoins que lacholécystite provoque la fermentation acide de la bile, laquelle favorise la précipitation de la cholestérine.
Pour Chauffard, l'analyse clinique ne démontre pas l'action lithogène de la fièvre typhoïde ; et même celle de Tictère catarrhàl, «une des seules infections biliaires protopathiques à autonomie incontestable », est exceptionnelle. L'infection biliaire ne produit donc ses effets que chez les sujets prédisposés par les conditions* héréditaires ou acquises de la nutrition générale.
Yoici un expérimentateur qui s'efforce de démontrer l'inanité de la théorie du catarrhe lithogène.
Marcanlonio ouvre la vésicule d'un chien et soumet la paroi cystique à un traumatisme sévère; puis il la referme par une suture ; au bout de quelques mois il sacrifie l'animal et ne découvre dans la vésicule aucune concrétion. Même résultat négatif chez un chien dont il a irrité la vésicule par une injection d'acide lactique, tandis que deux petits fragments de pierre ponce déterminent, dans le réservoir biliaire d'un autre chien, des concrétions importantes.
Comparées à celles de Gilbert et de Mignot, ces expériences démontrent simplement qu'il ne suffit pas d'une irritation banale pour créer un noyau chofélithique ; il faut une angiocholécystite spécialement disciplinée ; il faut certains microbes, certains