‹ Thérapeutique des maladies du foieChapitre 59 sur 103 · MÉDICAMENTS ANTISEPTIQUES · texte numérisé non relu

MÉDICAMENTS ANTISEPTIQUES

poisons, certaines toxines, de même qu'il faut certaines modifications chimiques et physiques pour appeler la cristallisation autour du noyau.

D'ailleurs, je n'ai pas besoin de faire à Tinfection et au catarrhe des voies biliaires la part du lion. Il me suffit de savoir que langiocholite infectieuse contribue, dans certaines conditions, à la formation des pierres biliaires pour affirmer qu'il importe de la conjurer et de la combattre.

J'ai indiqué ailleurs les procédés dont nous disposons pour combattre l'infection et le catarrhe des voies biliaires. En voici le tableau :

Antisepsie des voies digestives : lavages de l'estomac et du gros intestin, calomel, sels de bismuth, charbon, salol, etc.; régime végétarien, lait.

Antisepsie des voies biliaires: salicylatede soude, salol (l'acide salicylique passe dans la bile).

Catarrhe de l'intestin : calomel, purgatifs.

Catarrhe des voies biliaires ; térébenthine, salicylate de soude, bicarbonate de soude, eaux alcalines.

J'ajoute ici les médicaments susceptibles de stimuler l'activité biligénique, c'est-à-dire les cholagogues dont j'ai fourni la liste complète dans la première partie de cet ouvrage. Mention spéciale à la bile de bœuf, à la térébenthine, au bicarbonate de soude, aux eaux alcalines, au salicylale de soude, dont les indications sont multiples. Mention spéciale aux cholagogues purgatifs : évonymin, podophyllin, etc. Ces médicaments se retrouveront lorsqu'il s'agira de l'expulsion des cholélithes.

212 la lithiase biliaire

2*" Favoriser la dissolution des calculs

Possédons-nous de véritables lithontriptiques et pouvens-nous même nous flatter de dépouiller les calculs, ainsi que Tadmet Bouchard, d'une partie de leur cholestérine ? Pouvons-nous répéter, avec ce médecin, que le vieux remède de Durande ait tenu sa promesse au point de vue de l'atteinte portée à l'intégrité des calculs qui deviendraient rugueux, poreux, friables?

Déjà Valisnieri avait traité la colique hépatique avec un mélange d'alcool et de térébenthine lorsqu eu 1773 Durande eut l'idée d'associer ce dernier médicament à Véther. Il fit d'abord un mélange à parties égales, puis mêla deux parties d'essence de térébenthine à trois parties d'éther. Les résultats de sa pratique furent communiqués par lui à l'Académie de Dijon en 1782.

« Ce dissolvant, écrivait Durande, est très subtil, très pénétrant. Il doit, dans le canal intestinal, se résoudre en vapeurs capables de pénétrer dans le canal cholédoque et de là dans la vésicule, et peutêtre même se transsuderàtraversles parois de l'intestin et de la vésicule ... Il arr i ve que ce mélange séjourne longtemps dans l'estomac et les intestins grêles, car les malades se plaignent d'en avoir des renvois pendant cinq, six et même dix à douze heures, ce qui est assez incommode pour eux, mais ce qui prouve que ce remède peut pendant très longtemps se résoudre en vapeurs subtiles toujours prêtes à en filer les voies

étroites par lesquelles elles doivent passer Après

un long usage d'humectants et de délayants (sixsemaines à deux mois) , on donne le dissolvant despierres

DURANDE ET TROUSSEAU 213

i>iliaires à la dose de 4 grammes (un gros) tous les 'ïiatins, en faisant prendre par-dessus une écuelle de Petit-lait ou d'eau de veau avec la chicorée. Si ce **emède agile, s'il échauffe trop les malades, si la Région du foie devient douloureuse, on saigne et Ton

^orilinue les bains On insiste plus ou moins sui-

"Vant Tanciennelé et Topiniàtreté de la maladie, mais ^ssez généralement les malades doivent prendre SOO grammes du mélange d'élher sulfurique e l d'huile Volatile de térébenthine. »

Aux assertions de Durande les objections n'ont pas manqué. On, a fait remarquer avec raison que le remède préconisé n'avait pas guéri les lithiasiques de Durande; il a simplement calmé leurs coliques, et cela avec une rapidité merveilleuse; mais pour ce qui concerne la dissolution des calculs elle n'est en aucune façon démontrée par les observations du médecin dijonnais. Plusieurs de ses clients n'étaient peut-être même pas des calculeux; ils avaient un état bilieux et du catarrhe gastro-intestinal.

« Pouvons-nous espérer, dit Trousseau, prévenir les coliques hépatiques en agissant sur les concrétions qui les occasionnent de façon à les désagréger, les réduire en fragments assez peu volumineux pour qu'ils puissent traverser les canaux cystique et cholédoque sans provoquer des accidents? Si je parle d'après mon expérience personnelle, je répondrai à cette question par la négative. Je m'empresserai toutefois d'ajouter que mon honorable collègue M. le docteur Barth, dont l'autorité scientifique est du plus grand poids, a publié sur ce sujet des faits intéressants qui sembleraient en opposition avec ma manière de voir. M. Barth, en effet, croit avoir démontré qu'on pouvait agir sur les calculs contenus

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dans la vésicule de manière à les désagréger et à faciliter leur passage dans Tintestin, sans que ce passage amenât les phénomènes de la colique hépatique.

a Cette même thèse a été soutenue par d'autres médecins qui, pour arriver à ce but, ont préconisé les alcalins. Les alcalins, disent-ils, s'ils n'ont pas une action dissolvante sur la cholestérine, s'emparent du moins des matières grasses du sang, lesentrainent en les saponifiant et empêchent leur dépôt dans la bile; de plus, les alcalins, en dissolvant la matière colorante et le mucus, empêchent la formation des concrétions et désagrègent celles qui s'étaient formées, en leur enlevant ces deux éléments; dételle sorte que. la cholestérine reste isolée et réduite en petits fragments.

« C'est sur le principe de cette dissolution des calculs qu'était fondé le fameux remède de Durande. Tout récemment encore des médecins proposaient sérieusement l'administration intérieure du chloroforme, parce que M. Gobley avait démontré que les calculs hépatiques étaient plus solubles dans cet agent chimique que dans tout autre.. .

« Je rejette ces théories chimiques de la dissolution des calculs hépatiques comme je rejette celle delà dissolution des calculs rénaux par les eaux de Contrexéville, de Vais, de Fougues ou de Vichy. Ce que la médecine peut faire, c'est de solliciter l'expulsion de ces calculs en sollicitant les sécrétions biliaires et urinaires dont les produits tendront à entraîner les sécrétions qui se sont formées. Ce qu elle peut faire surtout, c'est de prévenir le mal qu'elle est impuissante à guérir, d'empêcher la production des calculs en soumettant le malade à un traitement ré-

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