TRAITEMENT DES VOMISSEMENTS
fère, si la révulsion parait indispensable, les sinapismes, qu'on peut renouveler, et les cataplasmes sinapisés. Les pulvérisations de chlorure de méthyle, faites directement ou à l'aide du stypage de Bailly, ont une action rapide et énergique.
Calmer les vomissemmits, telle est, après le soulagement apporté à la douleur, l'indication la plus urgente dans la colique hépatique, surtout chez les personnes excitables et chez les femmes enceintes.
Il importe d abord d'interdire tout aliment solide ou liquide, même le lait et le bouillon. On n'autorisera que l'eau de Vichy glacée ou l'eau de Seltz glacée avec quelques gouttes d'essence de menthe. Le Champagne, bien qu'étranger au régime habituel des cholélilhiasiques, sera permis à petites doses. Les malades auront à leur disposition de la glace en fragments. On leur recommandera d'ingérer le moins de liquides possible.
Les inhalations d'oxygène m'ont rendu service dans plusieurs cas.
J'ai l'habitude de prescrire le chlorhydrate de cocdijie sous l'une des formes suivantes :
Eau distillée S gr •
Chlorhydrate de cocaïne gr. 05
On donnera vingt gouttes de cette solution deux fois par heure dans une cuillerée d'eau glacée.
Eau distillée 60 gr.
Chlorhydrate de cocaïne gr. 10
Sirop de menthe 40 gr.
On donnera tous les quarts d'heure une cuillerée à café de cette solution.
h'eau chloroformée mélangée à parties égales à l'eau
MALADIES DU FOiR 14
distillée peut être donnée par cuillerées à café tous les quarts d'heure. Il faut se garder de la considérer comme pouvant remplacer la morphine en injections sous-cutanées ou le chloroforme en inhalations. Je ne la prescris, pour mon compte, que chez les sujets qui vomissent.
Je cite encore, pour mémoire, le menthol (une dose de 25 centigrammes toutes les 30 minutes, pendant deux ou trois heures), Voxaïate et le vaUrianate de cériiim (5 ou 10 centigrammes en cinq ou dix doses).
Les lipothymies^ le coîlapsus, les syncopes devraient être conjurés par les narcotiques si ces accidents résultaient uniquement de Texcessive douleur. Mais ils existent parfois sans que les malades aient ressenti de souffrances très vives ; on est donc forcé d'admettre un réflexe frappant le bulbe et les nerfs pneumogastriques. Il faudra toujours se préoccuper de l'état du cœur, du nombre et de Tintensitédes contractions cardiaques. Si le cœur paraît faiblir, il faudra, la douleur ayant été d'abord cpmbattue, stimuler Torgane à l'aide de la caféine injectée sous la peau. On aura recours au mélange de Dujardin- Beaumetz :
Eau distillée 3 grammes.
Benzuate de soude 1 —
Caféine 1 —
Les injections sous^culanées d'éther, que je repousse lorsqu'il s'agit seulement de calmer la douleur, sont indiquées contre l'adynamie cardiaque.
On pratiquera des frictions sur toute la surface du corps ; on appliquera des sinapismes, des cataplasmes sinapisés;on enveloppera les membres inférieuTs dans l'ouate.
LAXATIFS ET PURGATIFS 243
On administrera des boissons chaudes, des grogs chauds, du café.
La. fièvre^ extrêmement fréquente au cours de la colique hépatique, révèle l'angiocholite calculeuse, la résorption des agents septiques, l'infection biliaire. Inutile de s'adresser à la médication an ti thermique banale, inutile de donner, par exemple, Tantipyrine. Le sulfate de quinine ne serait utile que si l'on avait affaire à des paludéens.
Ici la véritable indication c'est de réaliser l'antisepsie des voies biliaires à l'aide du salicylate de soude. On se reportera à ce que j'ai dit de la médication antitoxique, des ictères fébriles, des. angiocholites aiguës.
Après la crise, il faut se préoccuper de l'élimination des calculs biliaires. En trouve-t-on dans les déjections, on peut supposer que la période des accidents aigus est terminée, sauf récidives. N'en trouve-ton pas, il faut prescrire un lavement purgatif ou même une purgation pour en précipiter l'expulsion.
Il convient de s'adresser aux purgatifs cholagogues : podophyllin, évonymin, rhubarbe, aloès, séné, coloquinte, calomel, ou plus simplement à l'huile de ricin, au sulfate de soude, au phosphate de soude. Mais j'insiste sur ce fait que les purgatifs prématurément administrés réveillent les douleurs sommeillantes et rappellent les crises. On agira donc avec une prudence extrême. On n'oubliera pas qu'un simple lavement purgatif peut susciter de vives douleurs. En cas de doute, on se contentera d'un lavement à l'eau de guimauve additionné de deux cuillerées à soupe de glycérine.
244 LA COLIQUE nÉPATIQUE
La conduite à tenir dépend d'ailleurs de la situalion présumée des calculs.
Avons-nous l'ictère avec la décoloration des matières fécales? Les calculs sont dans le canal cholédoque ou dans le canal hépatique. Les cholagogues seront requis pour augmenter la pression dans le système des canaux d'excrétion du foie et chasser ces hôtes incommodes.
N'avons-nous ni ictère ni décoloration des matières? Les calculs ne sont pas sortis du canal cystique ; ils sont enclavés dans ce canal ou retournés à la vésicule. Les cholagogues sont inutiles. Unsimple purgatif pour balayer l'intestin et décongestionner le foie.
Avons-nous vu l'ictère et la décoloration des matières exister pour disparaître ensuite ? Les calculs ont passé dans le duodénum. Ici encore les cholagogues sont inutiles. La térébenthine agira contre le catarrhe éventuel des voies biliaires.
La crise étant terminée, l'alimentation est permise. C'est le lait qu'il faut donner tout d'abord ; on permettra ensuite le bouillon dégraissé, les légumes verts, les fruits peu sucrés. Les eaux alcalines sont indispensables. Pas d'alcool.
Les crises prolongées (coliques à répétition, coliques subintrantes, état de mal hépatique) ne comporteront pas la suppression des aliments que j'impose dans les paroxysmes éphémères. Il faudra profiter des périodes d'accalmie pour administrer du la^l ou du bouillon. En cas d'intolérance gastrique, les lavements de peptone seront nécessaires chez les sujets affaiblis et cachectisés. Gardons-nous surtout de différer l'intervention chirurgicale indispensable.