‹ Thérapeutique des maladies infectieuses [electronic resource]Chapitre 100 sur 180 · VINGT-DEUXIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

VINGT-DEUXIÈME LEÇON

(31 mai 1888.)

RECHERCHE DES ÉQUIVALENTS TOXIQUES ET THÉRAPEUTIQUES TECHNIQUE DES INJECTIONS IN TR A- VEINEUSES

Définition de l'équivalent toxique. — Variations de la toxicité suivant les espèces animales, les âges et les individus. — Distinction entre l'équivalent toxique et l'équivalent thérapeutique. — Désavantages de la voie digestive en physiologie pour expérimenter la toxicité des substances. — Inconvénients de la voie sous-cutanée : exemples tirés des injections sous-cutanées de quinine, de naphtol et de naphtaline. — Raisons qui m'ont déterminé à employer l'injection intra-veineuse ; ses avantages. Distinction entre les injections faites dans les veines périphériques et dans le système porte. Technique des injections intra-veineuses. Quantité de liquide (eau distillée, sérum artificiel) qu'on peut injecter sans inconvénients dans le système veineux.

J'ai indiqué la nécessité d'établir les équivalents antiseptitiques et précisé les détails de la méthode qui permet de le faire avec quelque rigueur. J'ai montré quelle était la valeur antiseptique de 10 substances sur h microbes et que cette valeur variait suivant le microbe et suivant l'antiseptique. Nous savons par exemple que pour un microbe déterminé, le staphylococcus aureus, 0sr,0Zi de bichlorure de mercure agit comme 0gr,05 de biiodure, comme 0ër,12 de naphtol a, 0sr,15 de naphtol (3, et comme !\ grammes de naphtaline.

Ce sont là les doses qui permettent d'empêcher le développement du microbe dans un milieu inerte; mais leur connaissance est absolument illusoire au point de vue des applications thérapeutiques, si nous ne déterminons pas aussi la dose de ces

substances qui n'est pas nuisible à l'homme. La connaissance de V équivalent toxique doit suivre la notion de l'équivalent antiseptique.

Depuis longtemps déjà on a comparé les activités toxiques des médicaments et on a reconnu qu'il faut prendre pour termes de comparaison les doses qui agissent sur l'unité du poids du corps, c'est ce que j'ai appelé équivalents toxiques. Il ne suffit pas en effet de dire qu'il faut plus de poison pour tuer un éléphant que pour tuer une souris ; il ne s'agit pas de savoir quelle est la dose de poison qui peut tuer l'homme en général ; il faut rechercher quelle quantité tue un kilogramme de matière vivante.

Et ce n'est pas suffisant encore ; car tout est complexe en thérapeutique. La dose qui tue un kilogramme de matière de telle espèce animale n'est pas celle qui tue un kilogramme d'un animal d'autre espèce ; il y a des espèces qui offrent une résistance spéciale à certains poisons (le lapin à la belladone et à la morphine).

Le degré de toxicité varie suivant les âges et suivant les individus. Il varie chez un même individu suivant les jours. Il y a des poisons auxquels l'homme peut s'habituer très rapidement ; l'accoutumance à la morphine est telle qu'on peut arriver au bout de quelques semaines, après avoir commencé par 1 centigramme, à en tolérer 1 gramme par jour. J'ai vu deux médecins qui s'en injectaient 3 grammes par jour sans éprouver aucun phénomène physiologique d'intoxication actuelle, sans narcose, sans vomissements.

La détermination de la toxicité d'une substance ne doit pas être limitée seulement à la recherche de la dose qui tue. J'ai systématisé cette étude et j'ai indiqué la nécessité de tenir compte de la dose qui provoque les premiers symptômes physiologiques, les premiers troubles fonctionnels ; en d'autres termes, outre les équivalents toxiques, il faut rechercher les équivalents thérapeutiques ; ceux-ci sont naturellement représentés par des chiffres toujours inférieurs aux premiers.

Quand on fait une injection intra-veineuse d'un médicament,

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