‹ Thérapeutique des maladies infectieuses [electronic resource]Chapitre 99 sur 180 · COMPLEXITÉ DE L'ÉTUDE DES ANTISEPTIQUES · texte numérisé non relu

COMPLEXITÉ DE L'ÉTUDE DES ANTISEPTIQUES

Pour le résoudre, il faut être rompu aux difficultés de l'expérimentation. A cette condition seulement, on pourra, dans les questions de cet ordre, porter un jugement avec quelque autorité.

L'équivalent antiseptique variant pour une même substance suivant les microbes auxquels on l'oppose, vous devez, si vous voulez déterminer cet équivalent, nommer toujours l'espèce bactérienne qui vous aura permis de l'établir. Dans vos expériences, vous ajouterez des quantités variables de cet antiseptique au milieu inerte le plus favorable à la culture de ce microbe, dans les conditions de température où cette culture se fait le mieux. En procédant avec les précautions que je vous ai indiquées, on doit préciser successivement la dose qui retarde la germination des microbes, celle qui l'empêche d'une façon absolue, la dose qui ralentit son développement, celle qui l'arrête complètement, la dose qui stérilise le microbe tout en le laissant vivre (on peut vivre sans être capable de se reproduire), enfin la dose qui tue. Il y a donc six doses à établir pour chaque antiseptique en présence de chaque microbe.

Vous voyez qu'on n'est qu'à l'aurore de ces recherches sur la valeur des antiseptiques, dont la détermination demandera beaucoup de travail et de temps. Jusqu'à ce jour, les chercheurs se sont bornés en général à établir une seule des six doses dont je parle, celle qui empêche la germination de tel ou tel microbe dans 1000 grammes de bouillon. C'est M équivalent antiseptique , dose bien inférieure à celle qui tue le microbe, mais supérieure de moitié au moins à la dose qui retarde seulement sa germination, et qui est déjà une dose fort utile en thérapeutique.

Un grand nombre d'auteurs ont déterminé la valeur d'antiseptiques relativement à tel ou tel microbe.

Vous trouverez l'exposé complet des résultats qu'ils ont obtenus dans le Traité pratique d antisepsie de M. Le Gendre, livre où sont groupés avec clarté tous les documents relatifs à cette question. Je vous renvoie à ce traité qu'on ne saurait assez consulter. Vous y verrez que, dans cette étude, la science française n'est pas restée en arrière et qu'on lui est redevable de quelques conquêtes éminemment utiles à la pratique.

Je veux cependant vous rendre témoins d'une application de cette méthode de recherches.

J'ai pris k microhes pathogènes : le bacille de la fièvre typhoïde, le staphylococcus pyogenes aureus, la bactéridie charbonneuse et le pneumococcus de Friedlànder.

J'ai ensemencé avec chacun d'eux de la gélose nutritive en prenant les précautions que je vous ai indiquées et j'ai déterminé l'équivalent antiseptique des dix substances antiseptiques suivantes vis-à-vis de ces quatre microbes : iodoforme, salol, naphtaline, naphtol a, naphtol (3, sublimé, biiodure de mercure, créosote, acide phénique, acide thymique. J'ai obtenu ainsi 40 équivalents antiseptiques que je vais vous faire connaître, pendant que les tubes de culture vont être placés sous vos yeux.

BACILLE TYPHIQUE

STAPHYLOCOCCUS AUREUS

BACTÉRIDIE CHARBONNEUSE

PNEUMOCOQUE DE FRIEDLANDER

Naphtaline.

àsr p. 1UOU. (Juel-

ques colonies.

4g'- p. 1000. Rien.

àSl p. 1000 :

4s<- p. 1000. Rien.

og' p. WvO. Developp. abondant.

4gr p. 1000. Rien.

5g1' p. 1000. 2 colonies.

Iodoforme .

lsr,8 p. 1000. Quel-

ques colonies.

2s''.5p. 1000. Rien.

3s'' p. 1000. Déve-

loppement.

3^,5 p. 1000. Rien.

3g'\5 p. 1000. Une

colonie.

4fr p. 1000. Rien.

3s* p. 1000. Déve-

loppement.

3s',5p. 1000. Rien.

Salol

2sr p. 1000. Léger développement.

2sr,5 p. 1000. Une petite colonie.

1«« p. 1000. Développement.

2g»' p. 1000. Rien.

2s1' p. 1000. Développement.

3g'- p. 1000. Rien.

2s'- p. 1000. Développement.

3g' p. 1000. Rien.

Sublimé . . .

Ok',06 p. 1000. Développement.

0s',08p.l000.Rien.

0er,02p.l000. Développ. abondant.

0g'\03p.l000. Rien.

0s'\04p.i000.Rien.

0g'-,05 p. 1000.2 colonies.

0g'-,07p.l000.Rien.

Biiodure de 1 mercure .

0^,08 p. 1000. Développement.

0sr,l p. 1000. Rien.

Og',03 p. 1000. Une

colonie.

0gr,04p. 1000. Rien.

0g'-,06 p. 1000. Développement.

0s',08p.i000.Rien?

0?'\07 p. 1000. Développement.

0sr,l p. 1000. Rien.

Créosote. . .

0s',8 p. 1000. Quelques colonies.

' l?r p. 1000. Rien.

Of',8 p. 1000. Rien.

ls'- p. 1000. Rien.

0sr.8 p. 1000. Une

colonie.

1g'- p. 1000. Rien.

Acide phénique

0s>',6p. l000. Quelques colonies.

Os',8 p. 1000. Rien.

0sr,6. Quelques colonies blanches.

0&r,8 p. 1000. Rien.

Og',6 p. 1000. Une

colonie. 0g',8 p. 1000. Rien.

1«' p. 1000. Rien.

Acide thymique . . .

0s'\5 p. 1000. Une

col nie.

0s'\8 p. 1000. Rien.

0g>,5 p. 1000. Rien.

0s>\5 p. 1000. Développement.

Og',8 p. 1000. Rien.

0g',6 p. 1000. Développement, lgr p. 1000. Rien.

Naphtol a.

1 0g'\12p.l000.Quelqnes colonies.

0s'\15p.l000.Rien.

0gr,12p. 1000. Rien.

0sr,12p. 1000. Rien.

0s'Yl2p.l000.Rien.

Naphtol (3.

0s'\12 p. 1000. Quelques colonies.

0sr,15p.lÛ00.Rien?

0sr,12p.l000. Rien.

0sU2 p. 1000. Développement.

0gVi5p.1000.Rien.

0g'M2 p. 1000. Une

colonie.

0s'\15p.l000.Rien.

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