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INJECTION SOUS-CUTANÉE

plus active dans le tube digestif que dans le tissu cellulaire. On peut injecter sous la peau 1 à h grammes de sucre en dissolution, quelques phénomènes locaux peuvent se produire, mais il n'y a pas de glycosurie.

En somme, on sait ce qu'on introduit sous la peau, mais on ne sait ni ce qui est absorbé, ni ce qui est transformé, ni ce qui est éliminé en un temps donné.

Donc, pour éviter les inconvénients des voies digestive et souscutanée, j'ai choisi la voie intra-veineuse; l'injection est aussi facile à faire dans les veines que sous la peau, elle est plus expéditive que l'introduction dans l'estomac, elle n'est pas plus douloureuse que l'injection sous-cutanée et elle est moins dangereuse.

Cette dernière affirmation peut paraître paradoxale; en voici l'explication. Si les phénomènes toxiques sont plus rapides par injection intra-veineuse, l'injection sous-cutanée peut provoquer des phénomènes d'infection; le tissu cellulaire ne se défend contre les microbes qui peuvent y être introduits ou y circuler que par le phagocytisme des cellules fixes ou migratrices; si on dissocie les éléments du tissu, en le distendant par le liquide de l'injection, on élargit les capillaires et les trabécules du foyer où le liquide est accumulé, et on rend plus malaisée l'action défensive exercée par les éléments anatomiques.

On peut injecter sans inconvénient 30cc d'urine ou de bouillon dans le tissu cellulaire; si on dépasse notablement cette quantité, l'animal meurt de septicémie dans les 1k heures et une goutte de la sérosité œdémateuse prise dans le foyer de l'injection donne la septicémie à d'autres animaux. Je ne sais si, dans ces expériences, c'est l'injection qui introduit l'agent septique dans le tissu cellulaire ou si l'infection est produite par des microbes émigrés de l'intestin. Mais ce que je puis dire, c'est que la même quantité de ces liquides, fussent-ils en pleine putréfaction, injectée dans une veine, ne détermine aucun symptôme fâcheux. J'ai injecté dans les veines d'un lapin 40cc d'une urine rendue lactescente par la présence de milliards de bactéries; aucune infection ne s'est développée; un peu d'albuminurie a existé passagèrement et tout a été dit.

Par la voie intra-veineuse la matière toxique est répartie instantanément et uniformément dans tout l'organisme. On peut donc savoir exactement quelle quantité est présente à un moment donné. Aucune partie n'a pu s'échapper, à cause de la soudaineté avec laquelle le médicament est introduit et distribué, et aussi à cause de la rapidité avec laquelle les symptômes apparaissent et se succèdent.

L'injection ne peut pas être faite indifféremment dans tous les points du système vasculaire. Si l'injection est faite par une branche de la veine porte, voie que suit naturellement toute substance introduite par le tube digestif, une quantité beaucoup plus grande, quelquefois double, de substance toxique est nécessaire pour produire les phénomènes physiologiques; car elle se trouve obligée de traverser le foie, d'entrer en conflit avec les cellules hépatiques qui peuvent la transformer en des matières moins toxiques. Il est donc nécessaire d'éviter le foie et on fait l'injection par une veine périphérique.

On doit toujours faire ces expériences sur la même espèce animale pour pouvoir comparer exactement les résultats; je me sers du lapin, chez lequel l'injection est facile à faire par la veine marginale postérieure du dos de l'oreille.

Il est nécessaire de pousser l'injection rapidement et avec une vitesse constante (lcc en 1 ou 2 secondes).

Il ne faut pas trop diluer les solutions; on ne doit pas injecter plus de 40cc de la solution par kilogramme d'animal. La masse du sang est de 77 grammes par kilogramme. On peut augmenter cette masse de moitié sans inconvénient. Les effets obtenus par l'injection, tant que cette dose n'est pas dépassée, ne peuvent être attribués qu'à l'action du médicament même; car, pour tuer par action mécanique, il faut que la masse du sang soit sextuplée. Il faut injecter près de Zi00cc par kilogramme (exactement 396cc) d'eau additionnée de 7 de chlorure de sodium pour 1000. A ce moment la pression intra-vasculaire est assez forte pour repousser le piston de la seringue. A ce moment aussi apparaissent des épistaxis, des hémorrhagies pulmonaires, d'autres sugillations sanguines.

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