INJECTION INTRA-VEINEUSE
L'injection intra-veineuse pourrait-elle agir physiquement en dissolvant les globules? Assurément; mais il faut introduire 90cc d'eau distillée pour faire apparaître les premiers symptômes fâcheux, et la mort n'arrive que si on injecte 120 à 122cc. Cependant, si ces dernières quantités peuvent produire la mort immédiate, on voit les animaux succomber tardivement quand la quantité d'eau injectée a dépassé kOcc.
Avec le sang défibriné il faut, pour tuer, injecter 126cc; avec le sérum naturel, 125cc; avec le sérum artificiel, dont j'ai donné la formule, 396cc. C'est donc ce dernier que je recommande comme dissolvant, en ne dépassant pas liOGc. On évitera ainsi les accidents primitifs et même les accidents tardifs, tels qu'albuminurie et hémoglobinurie.
YINGT-TROISIÈME LEÇON
(2 juin 1888.)
VALEUR THÉRAPEUTIQUE DES ANTISEPTIQUES ÉTUDIÉE PAR INJECTIONS INTRA- VEINEUSES
Liquides qui peuvent véhiculer les substances qu'on veut injecter dans le sang. Alcool. Degré de dilution convenable. Différences entre les toxicités des divers alcools et aldéhydes. — ■ Glycérine; sa toxicité. — Les injections intra-veineuses ne peuvent être utilisées thérapeutiquement que dans des cas exceptionnels; c'est une méthode de laboratoire.
Tableaux comparatifs du pouvoir antiseptique et du pouvoir toxique des corps suivants : bichlorure de mercure, naphtol a, naphtol (3, créosote, acide phénique.
Je vous ai montré qu'en regard des équivalents antiseptiques il était indispensable de dresser la liste des équivalents thérapeutiques. Je tiens à préciser le sens de ce que j'entends par équivalents thérapeutiques, le mot n'étant peut-être pas bien choisi; il ne faut pas croire que toutes les substances rangées dans cette liste s'équivalent par la nature de leurs effets physiologiques, ni qu'elles produisent les mêmes effets thérapeutiques. Les équivalents thérapeutiques sont, pour les divers médicaments, les doses auxquelles ces substances commencent seulement à produire des phénomènes physiologiques sans risquer encore d'être toxiques ; ce sont les doses maniabtes en thérapeutique, sans crainte cle produire l'empoisonnement. J'ai donc employé le mot dans un sens totalement différent de celui que lui donne M. R. Dubois, quand il cherche, par exemple, quelle est la dose de chloroforme qui produit la même narcose que telle dose d'éther ou telle autre dose d'alcool.