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VARIATIONS DANS LA TOXICITE DES ALCOOLS

Pour déterminer ces équivalents, il faut que les substances à expérimenter soient en dissolution et puissent rester à l'état de dissolution dans le sang. Pour celles qui seront dissoutes dans l'eau, ou mieux dans un sérum artificiel, j'ai indiqué les quantités de liquide qui ne devront pas être dépassées; mais il y a des substances qui ne sont pas solubles dans l'eau et pour lesquelles on doit employer l'alcool ou la glycérine comme dissolvants.

Nous devons donc déterminer au préalable la toxicité de l'alcool et de la glycérine qui seront injectés dans les veines en même temps que le médicament. Si on injecte dans le sang une goutte d'alcool absolu, le sang se coagule au conlact de la goutte d'alcool, mais le coagulum se redissout immédiatement; les globules ne redeviennent peut-être pas, il est vrai, propres à l'hématose. En tout cas, si on injecte plus de 0CC,6 d'alcool absolu, on produit des phénomènes emboliques. On ne peut donc employer l'alcool absolu comme dissolvant; il faut le diluer à 20 pour 100, ou même à un titre inférieur.

A ce titre, lcc,Zi5 d'alcool absolu par kilogramme du poids de l'animal produit la narcose, et la mort survient à 3CC ou Acc. Ce ne sont pas là des chiffres invariables. La toxicité des alcools du commerce varie en effet beaucoup, car il est très difficile d'obtenir des alcools purs. L'alcool dont je parle est l'alcool éthylique. L'alcool méthylique serait préférable, il est beaucoup moins toxique que les autres, mais il n'est en usage ni dans notre alimentation ni dans notre thérapeutique, et, si on peut en faire supporter au lapin jde plus fortes doses, l'homme depuis Noé a une accoutumance) héréditaire pour l'alcool éthylique. Les alcools éthyliques sont toujours impurs, mais ils contiennent plus ou moins d'impuretés. Les alcools propylique, isopropylique, bu ty H que, isobijtylique, amylique, qui sont toujours mélangés à l'alcool éthyliq|ie, en quantité variable, sont tous plus toxiques que lui.

Les aldéhydes éthylique, œnanthique, butylique, propylique. amylique sont tous extrêmement toxiques et particulièrement

convulsivants. Or, on ne sa

t jamais dans quelle proportion ces

corps entrent dans la composition de l'alcool dit éthylique du commerce. A une certaine époque, la toxicité de celui que j'employais était fixe, il tuait à 3CC par kilogramme; cette toxicité a changé quand j'ai changé mon fournisseur; la dose toxique actuelle est Zicc,7. Vous savez que MM. Rabuteau, Dujardin- Beaumetz et Audigé, Magnan et Laborde cnt fait des recherches expérimentales fort intéressantes sur la toxicité des divers alcools.

Je ne vous donnerai pas les chiffres qu'ils ont trouvés, mais ceux que j'ai déterminés en me conformant aux règles de la méthode des injections intra-veineuses telles que je les ai formulées.

Par injection intra-veineuse :

L'alcool éthylique à 20 p. 100 tue à la dose de 4cc,7 par kilogr.

— mëthylique — •■ — 9 ,7 —

— propylique — — 1 ,2 —

— isopropylique — — 3 ,49 — L'aldéhyde absolu à 4 p. 1000 — 0 ,2 —

Tous ces chiffres indiquent la quantité de substance anhydre qui est toxique, quand elle est diluée dans l'eau suivant les proportions indiquées.

Les aldéhydes sont donc infiniment plus toxiques que les alcools.

Les autres alcools ou aldéhydes étant insolubles dans l'eau, j'ai dû étudier leur toxicité en procédant par la voie souscutanée; pour avoir un terme de comparaison j'ai déterminé de la même façon la toxicité de l'alcool éthylique.

Par injections sous-cutanées :

L'alcool éthylique tue à 8cc,0 par kilogr.

— amylique — 4 —

— isobutylique — 3

— butylique — 3 ,8 —

L'aldéhyde absolu — 0 ,6 —

— isobutylique — 0 ,3 —

— œnanthique — , 3 ,8 —

propylique — butylique à 8 p. 1000

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Connaissant les toxicités différentes de l'alcool éthylique suivant qu'on l'injecte dans les veines ou sous la peau, connaissant d'autre part la toxicité des alcools ou aldéhydes insolubles dans l'eau, quand on les introduit par la voie souscutanée, on en peut déduire par le calcul, avec quelque vraisemblance, la toxicité qu'auraient ces corps si, par un artifice, on les introduisait à l'état de solution dans le sang. Nous pouvons donc dresser le tableau comparatif de la toxicité de tous les alcools et des aldéhydes en les supposant tous introduits directement dans le sang à l'état de solution :

L'alcool méthylique tue 1 kilogr. à la dose de 9cc,7

— éthylique — — 4 , 7

— isopropylique — — 3 ,49

— amylique — — 2 ,35

— butylique — — 2 ,23

— isobutylique — — 1 ,76

— propylique — — t ,2

Puis viennent les aldéhydes.

L'aldéhyde œnanthique tue 1 kilogr. à la dose de K<v26

— butylique — — 0 ,22

— absolu 4- — . 0 ,20

— isobutylique 4- — 0 ,10

— propylique A- — 0 ,06

L'alcool méthylique ne se trouvant pas mélangé aux alcools éthyliques, nous avons ainsi mesuré la toxicité de dix des impuretés qui se rencontrent toujours en quantité variable dans ce qu'on continue à appeler l'alcool de vin, et qui ne sont d'ailleurs pas en moindre proportion dans l'alcool de vin authentique que dans les alcools industriels bien purifiés. Il y a encore d'autres impuretés et bien plus nombreuses dans les meilleurs alcools ; dans le nombre se trouvent les alcaloïdes de la fermentation,

que cette fermentation est plus lente des substances déjà altérées; c'est le s rhum, pour les alcools de mélasse, de le lie. On comprend dès lors que la me nous la déterminons n'appartient pas exclusivement à l'alcool éthylique. Comme la proportion

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d'autant plus abondants ou qu'elle s'opère avec cas pour le kirsch, pour 1 raisins secs, de marcs, toxicité de l'alcool telle

des impuretés est très variable et que toutes sont plus toxiques que l'alcool éthylique, — l'une d'elles 80 fois plus toxique, — on doit s'attendre à trouver d'un alcool à l'autre des différences sensibles dans la toxicité.

Quand on se sert de l'alcool comme dissolvant pour étudier la toxicité d'une autre substance, on doit éviter d'employer ce dissolvant à la dose à laquelle il commence à produire son premier effet physiologique, la narcose. On devra donc employer moins de lcc, h d'alcool par kilogramme d'animal.

La glycérine pure tue parce qu'elle produit des embolies visqueuses dans les capillaires des poumons; cet accident n'est plus à craindre quand on l'emploie diluée à 50 p. 100. 5ce de glycérine anhydre, injectés à ce degré de dilution dans le sang par kilogramme d'animal, déterminent des trémulations musculaires; à W\ la mort survient, avec cette particularité intéressante que la rigidité musculaire cadavérique commence avant la mort et persiste. En résumé, on ne devra pas employer plus de hcc de glycérine comme dissolvant.

Ainsi les antiseptiques, qu'ils soient dissous dans l'eau salée, alcoolisée ou glycérinée, produisent, lorsqu'on les introduit dans le sang, leurs effets physiologiques à des doses exactement déterminées. Il n'y a que des variantes insensibles. La mort survient comme les symptômes, à une dose à peu près fixe.

On ne peut déduire de la dose toxique par voie intra-veineuse celle qui peut être administrée à l'homme ni même à l'animal par le tube digestif. Il n'est pas légitime en effet de comparer l'introduction brusque d'une certaine dose de poison dans le sang, mais qui ne dure qu'un instant, avec l'absorption lente qui se fait dans le tube digestif et se prolonge pendant un certain temps.

S'il est vrai d'une manière générale que les doses qu'on peut introduire par la voie intra- veineuse doivent être moindres que les doses qu'on peut administrer par la bouche, cependant il ne faut pas donner par la voie gastrique une dose supérieure à l'équivalent toxique. Ainsi le sulfate de quinine a pour équivalent thérapeutique 0gr,05 et pour équivalent toxique 0gr,08.

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