QUANTITÉ DE VIRUS ET INTENSITÉ DES SYMPTOMES
qui, à leur tour, pénètrent dans le sang par les voies lymphatiques. La supposition est possible, vraisemblable peut-être; elle n'est pas démontrée. Ce que je sais, en tout cas, c'est que, quand on injecte lcc de culture sous la peau, on retrouve des microbes dans le sang, et que cependant l'animal ne succombe pas habituellement.
L'injection intra-veineuse semblant capable de présenter les phénomènes avec un moindre degré de complexité, j'ai institué de nouvelles expériences. On injecte à cinq lapins les quantités suivantes de culture pyocyanique dans les veines.
Le premier a reçu 0ec,05. Il meurt en 48 heures 15 minutes.
Le deuxième — 0CC,2 — 96 heures.
Le troisième — 1 — 24 —
Le quatrième — 2 — 23 —
Le cinquième — 3 m.enmoinsde23 —
En mettant à part le premier, dont la mort a été trop rapide, il est incontestable que, pour les quatre autres, la durée de la maladie a été inversement proportionnelle à la quantité de microbes injectés.
Si nous recherchons, comme nous l'avons fait à propos de l'injection sous-cutanée, l'influence du nombre des microbes sur l'intensité des symptômes, nous constatons pour la fièvre, que
Le premier lapin qui avait reçu 0OC,05 avait le soir 41°, 8 temp. rectale. Le deuxième — 0CC,2 — 42°, 3 —
Le troisième — 1 — 43° —
Le quatrième — 2 — 42° —
Le cinquième — 3 — 43°, 3 —
A part le quatrième lapin, qui donne un écart individuel comme on en constate dans la clinique humaine, on ne peut nier que l'ensemble des chiffres concorde et il faut reconnaître l'influence du nombre des microbes injectés sur l'intensité de la fièvre.
Il en est de même pour l'albuminurie : les animaux ayant reçu 2CC et 3CC ont eu de l'albuminurie moins de douze heures
après l'injection, et cette albuminurie a été très intense; chez les lapins numéros 1, 2, 3, qui avaient reçu les quantités de culture les plus faibles, l'albuminurie ne s'est montrée que le lendemain, et elle a été proportionnelle comme intensité aux quantités injectées. Notons qu'elle a été surtout intense chez le lapin qui avait la moindre élévation thermique, et on peut se demander si la moindre intensité de sa fièvre n'était pas la conséquence de sa lésion rénale.
Qu'il s'agisse donc d'injections sous-cutanées ou d'injections intra-veineuses, nous trouvons également la preuve de l'influence du nombre des agents pathogènes et sur la durée de la maladie et sur l'intensité des symptômes.
Nous avons repris les expériences précédentes en employant des quantités de culture moins considérables.
On a injecté à k animaux dans les veines 0CC,1; 0CC,3; 0CC,5; 0CC,7. En même temps nous avons injecté une quantité considérable de matière soluble (2/icc de culture filtrée) sous la peau. Un animal témoin a reçu seulement la culture filtrée. Je pensais vérifier ainsi l'hypothèse de la vaccination par produits solubles. Sauf le témoin, tous les animaux sont morts et la durée de leur survie a été inversement proportionnelle à la quantité de culture injectée. Il n'est pas étonnant qu'ils soient tous morts, puisque 0CC,05 tuent. Dans cette série, il n'y a pas eu un accroc, tout s'est passé comme on pouvait le prévoir.
Il nous reste maintenant à déterminer expérimentalement la quantité minima qui tue. Cette quantité, quand on se sert de cultures en pleine activité, est seulement de trois centièmes de centimètre cube. Nous sommes dès maintenant bien en droit de conclure, après M. Chauveau et M. Watson-Cheyne, que le nombre des microbes introduits dans un organisme influence la durée de la maladie, sa gravité, l'intensité des symptômes.