‹ Thérapeutique des maladies infectieuses [electronic resource]Chapitre 139 sur 180 · STATISTIQUE DE MON TRAITEMENT DE LA FIÈVRE TYPHOÏDE · texte numérisé non relu

STATISTIQUE DE MON TRAITEMENT DE LA FIÈVRE TYPHOÏDE

subir l'hospitalité d'industriels peu scrupuleux. Averti par l'expérience, je ne voyage plus sans naphtol.

Vous savez que l'antisepsie intestinale intervient pour une part dans le traitement que j'applique à la fièvre typhoïde, mais pour une part seulement. Je cherche par d'autres moyens à lutter contre l'agent infectieux de cette maladie et à corriger quelques-uns de ses effets nuisibles, tels que l'hyperthermie et l'inanition. Mais j'estime que, si les putréfactions intestinales dans cette affection sont secondaires et accessoires, elles ne sont cependant pas indifférentes et, pour cette raison, je crois qu'il est utile de les entraver. Je ne puis donc pas attribuer à l'antisepsie intestinale seule les résultats favorables que j'ai obtenus; je pense cependant qu'elle n'y est pas étrangère.

A l'hôpital Lariboisière, en 32 ans, de 1854 à 1885 inclus, 12 2/i6 malades ont été traités pour la fièvre typhoïde ; le nombre des décès a été de 2591, ce qui donne une mortalité de 21,15 p. 100. Depuis que j'ai pu appliquer la méthode mixte que je recommande, j'ai traité dans ce même hôpital, en quatre années, 390 typhiques, dont !iQ ont succombé, ce qui donne une mortalité de 11,79 p. 100. Or, pour que ma statistique soit comparable à la statistique totale de l'hôpital, je compte tout, malade entré dans mon service et mort avec le diagnostic de fièvre typhoïde, même quand ce malade n'a pas été traité par ma méthode, même quand il n'a pas été traité du tout, quand il est mort au moment de son entrée; quand il est mort après la guérison de sa fièvre typhoïde, d'une pneumonie, d'une méningite, d'une endocardite ulcéreuse; quand il est entré avec une péritonite par perforation, quand la négligence du personnel a interrompu ou empêché l'application du traitement. Je comprends dans cette statistique les malades arrivés à la fin de leur maladie, traités chez un logeur et envoyés par lui à l'hôpital, in extremis, pour éviter les embarras des pompes funèbres.

Ce n'est pas ainsi qu'ont été dressées les statistiques que l'on m'oppose. Je ne les critique pas; elles disent ce que donne la méthode adoptée par chacun de leurs auteurs. Ma statistique

charge indûment ma méthode de morts que cette méthode a le droit de répudier; mais ma statistique, disant ce qu'est ]a mortalité dans un service où Ton applique, quand on peut, la méthode que j'ai fait connaître, est seule comparable à celles que peut fournir le dépouillement des registres d'entrée, pour l'ensemble des services du même hôpital. Ma mortalité dépasse à peine la moitié de la mortalité générale de cet hôpital depuis sa fondation et ne représente que les deux tiers de la mortalité de l'ensemble des autres services, pendant la période où ma méthode était appliquée dans mon seul service. Si l'on attribue à ma méthode la mortalité de mon service, elle peut, malgré une aggravation prévue et voulue, supporter la comparaison avec celle de M. Peter, que je cite uniquement pour rectifier une erreur de chiffres qui s'est glissée dans une de ses leçons récemment publiée, où il oppose à la proportion de 11 décès sur 100 malades traités par sa méthode, la mortalité de 15 p. 100 qu'il dit être la mienne \

Antisepsie des cavités séreuses.

L'antisepsie des cavités séreuses me semble pouvoir être rapprochée de celle du tube digestif et requérir également l'emploi des antiseptiques insolubles.

1. Le tableau suivant donne pour les cinq dernières années la statistique de la fièvre typhoïde dans le service de M. Bouchard :

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