ESSAI DES ANTISEPTIQUES AN TI -BACILLAIRE S
aurait toujours dû essayer quelle est leur action sur le bacille in vitro. On a, par malheur, trop souvent négligé cette recherche.
L'étude de l'influence des antiseptiques sur le bacille a été faite suivant trois procédés.
On a plongé dans des solutions antiseptiques des fragments de tubercule et cherché ensuite par l'inoculation s'ils avaient perdu leur virulence.
On a ajouté des antiseptiques dans des cultures de bacille pour voir si la pullulation se trouve empêchée ou ralentie.
Enfin on a administré des antiseptiques aux hommes phthisiques ou aux animaux rendus tuberculeux.
Je n'entrerai pas dans le détail des nombreuses expériences .qui ont été faites dans ce sens; vous trouverez l'énumération de tous les antiseptiques qui ont été essayés et l'indication des doses dans les livres spéciaux, dans le Traité d'antisepsie de M. Le Gendre, dans le Traité de la phthisie de MM. Hérard, Cornil et Hanot.
Je vais passer seulement en revue les divers procédés qui ont été employés pour introduire des antiseptiques dans l'organisme des tuberculeux.
On a utilisé, pour faire pénétrer des antiseptiques directement dans l'appareil respiratoire, les inhalations, les pulvérisations et les injections parenchymateuses ou, pour mieux dire, interstitielles dans le poumon ; on a cherché à amener l'antiseptique indirectement au poumon par la circulation générale en l'introduisant par les voies digestives, en l'injectant dans le tissu cellulaire sous-cutané ou dans le rectum, enfin en le faisant pénétrer dans le sang par l'absorption pulmonaire.
Les pulvérisations ont été essayées par beaucoup de médecins avec des antiseptiques très divers. Le mode d'administration des antiseptiques dans la phthisie n'a jamais été expérimenté avec plus de soin et de rigueur que par MM. Miquel et Rueff à l'hôpital Rothschild. Ils emploient la solution suivante :
Biiodure de mercure Iodure de potassium Eau
1 gramme.
et se servent, d'un pulvérisateur à vapeur. Ils ont déterminé exactement les quantités de sel mercuriel qui franchissent réellement la glotte; par leur procédé ils obtiennent véritablement de la poussière médicamenteuse; ils ont reconnu que Tiodure redevient solide dans le trajet du pulvérisateur jusqu'à la cavité pharyngienne, quand le malade est placé au delà de 30 à /i0 centimètres de l'appareil; dans ce trajet, l'eau s'est volatilisée, il n'y a plus de gouttelettes liquides en suspension dans l'air, mais le corps actif seul à l'état de siccité, sous forme de poussière solide composée de sphérules de 3 ^ de diamètre. Une telle pulvérisation diffère singulièrement des pulvérisations habituelles où la poussière d'eau médicamenteuse pénètre fort peu au delà de l'arrière-bouche.
Les effets obtenus par MM. Miquel et Rueff ont été, paraît-il, favorables; ces messieurs ont constaté la diminution de l'expectoration, du nombre des bacilles, l'atténuation des symptômes généraux et locaux, quelquefois même, affirment-ils, la disparition des bacilles.
J'opposerai seulement, à la méthode des pulvérisations, une critique d'ordre théorique. Cette méthode ne peut réaliser qu'une antisepsie de surface ; c'est une thérapeutique locale qui peut agir à la rigueur sur les ulcérations bronchiques tuberculeuses; mais elle ne peut rien sur les tubercules beaucoup plus nombreux qui sont en évolution dans le tissu pulmonaire; or, c'est précisément ceux-là qu'il nous importerait d'atteindre.
Mais peut-être la pulvérisation agit-elle comme voie d'introduction du médicament dans la circulation générale. Une autre critique que l'on peut adresser à la thérapeutique locale des poumons par les pulvérisations, c'est que le médicament pénètre fort peu dans les parties où il serait utile et beaucoup dans d'autres parties où il est inutile ou nuisible.
En effet, où va se déposer surtout la poussière médicamenteuse? Certainement dans les parties saines du poumon où l'air pénètre librement ; elle arrive à peine dans les parties indurées par l'infiltration tuberculeuse qui ne subissent pas d'ampliation par le jeu de la cage thoracique. Si on me démontre pourtant