PULVÉRISATIONS, INHALATIONS, INJECTIONS DANS LE POUMON
que l'on guérit réellement la phthisie par les pulvérisations niercurielles, je m'inclinerai. Mais je demanderai alors pourquoi ne pas administrer le mercure par la voie ordinaire, par le tube digestif ou par la peau : on saurait au moins exactement quelle quantité du médicament a été absorbée.
Pour les ulcérations tuberculeuses du larynx et certaines ulcérations bronchiques, les pulvérisations peuvent être particulièrement utiles.
Ce que je viens de dire des pulvérisations mercurielles s'applique aux pulvérisations de naphtol et de créosote que j'ai employées.
Les inhalations ont été faites de tout temps avec toutes sortes de substances. La dernière substance essayée a été l'acide fluorhydrique en vapeur, et de grandes espérances qui avaient été un instant conçues sont déjà anéanties. Au point de vue expérimental, j'étais dès le début quelque peu sceptique, me disant que, pour agir, l'acide fluorhydrique devait passer par le sang où il se trouverait à l'état de fluorures alcalins dont le pouvoir antiseptique est faible ; il faut lgr,90 d'hydrofluosilicate de soude pour stériliser 1000 grammes de matière. D'ailleurs, les expériences de M. Grancher viennent montrer que l'action prolongée d'un courant d'air saturé de vapeur d'acide fluorhydrique ne fait pas perdre aux bacilles leur virulence.
Les injections parenchymateuses de bichlorure de mercure faites d'abord par Hiller ont donné des résultats qui ont failli être très graves; il y a eu de grandes hémorrhagies à la suite de la piqûre de vaisseaux importants quand l'aiguille pénétrait à une certaine profondeur ; et si les injections sont faites à la superficie du poumon, elles ne peuvent être que rarement utiles.
M. Gougenheim a fait des injections avec des solutions de bichlorure à et dit en avoir observé de bons
effets.
MM. Lépine et True, en 1885, ont employé pour leurs injec-
lions des solutions de créosote dans l'alcool de 2 à k p. 100 ; les résultats qu'ils ont obtenus ont été médiocres ou passables.
Hiller avec l'alcool a eu des résultats médiocres aussi.
M. Dieulafoy s'est mal trouvé de l'acide phénique ; ses malades ont eu une augmentation de la toux et de la douleur.
White alla injecter directement dans les cavernes l'iode phéniqué et les effets ont été bons. On est en droit de se demander si la meilleure conduite à tenir pour les grandes cavités n'est pas de les traiter par les moyens chirurgicaux, réguliers, de les ouvrir et de les drainer.
Personne n'a songé encore à introduire dans le tissu pulmonaire tuberculeux des antiseptiques insolubles , qui agiraient d'une manière plus constante et vraisemblablement plus efficace que les solutions antiseptiques dont l'action est nécessairement très passagère et très intermittente. J'ai démontré par les expériences sur les animaux que cela serait réalisable; mais je ne crois pas que les procédés physiques du diagnostic soient assez sûrs pour déterminer les cas où celte méthode pourrait être appliquée chez l'homme avec avantage et sans danger. Il faudrait en effet des lésions très limitées et très superficielles, sans lésions profondes ou disséminées.
A propos de la thérapeutique pulmonaire, je ne vous dirai qu'un mot de la respiration d'un air pur, que beaucoup de médecins croient devoir recommander et qui semble très importante aux malades.
On recherche pour les phthisiques l'air des altitudes, parce qu'il est, dit-on, dépouillé de microbes. Cette préoccupation est illusoire si l'on vise la prophylaxie; elle est absurde, si on veut la faire servir à la thérapeutique. Si, pour sauvegarder l'homme prédisposé à la tuberculose, vous lui conseillez d'habiter les montagnes élevées, sous prétexte que,- les microbes y étant plus rares, le bacille de Koch pourra ne pas s'y rencontrer, il faudra lui recommander aussi de ne pas amener avec lui les hommes et les animaux qui pourraient contaminer ce milieu qui n'est pur que parce qu'il n'est pas habité. Mais les trois quarts des hommes sont prédisposés à la tuberculose et un