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ALIMENTATION DES PHTHISIQUES

assimilée; en portant au maximum l'activité de la nutrition, on permet à l'homme de résister plus énergiquement au microbe. M. Debove a rendu un éminent service en démontrant que beaucoup de phthisiques cessent de manger à cause d'un état nerveux qui les porte à repousser les aliments, alors que leur estomac et leur intestin sont demeurés parfaitement capables de digérer, alors que les cellules de tout le corps sont capables de bien assimiler. Si le dégoût empêche le malade de recevoir les aliments, on les introduit artificiellement dans l'estomac, évitant par un habile détour l'intervention intempestive du système nerveux. La suralimentation par la sonde œsophagienne est l'indication dominante chez certains phthisiques atteints de cette anorexie. Mais chez la plupart des malades le gavage n'est pas nécessaire; car ils ont conservé l'appétit, ou bien on peut faire leur éducation au point de vue de la manière dont les aliments doivent être pris pour être tolérés. Pour ceux-là la sonde est inutile. Mais il faut bien choisir la nature de leurs aliments. La viande doit arriver en première ligne. Il faut que les tuberculeux deviennent semblables aux carnivores, qui sont, plus que les herbivores, réfractaires à la tuberculisation. On doit encore recommander les œufs, le poisson, certains végétaux contenant de l'azote, des légumineuses, des céréales. La graisse est très utile, mais je ne la place pas au premier rang; encore faut-il que les malades puissent la digérer.

A défaut de graisse, on tirera bénéfice de la glycérine à la dose de 50 grammes par jour. Chez beaucoup de phthisiques qui ont accepté cet aliment, le poids fléchit dès qu'il est supprimé.

Mais, pour digérer tous ces aliments, il faut un estomac en bon étal. Malheureusement l'estomac est très souvent défectueux; la dilatation de l'estomac existe chez 75 à 80 p. 100 des phthisiques et je la considère, vous le savez, comme la plus fréquente des causes pathologiques qui prédisposent à la phthisie. Il convient donc d'imposer aux phthisiques le régime que j'ai formulé pour les dilatés.

On ne doit négliger aucun des moyens hygiéniques capables

d'éveiller l'appétit, d'activer la digestion, de rendre la nutrition plus intense. On aura recours à tous les stimulants du système nerveux dans ses expansions cutanées et sensorielles comme dans ses parties centrales.

La satisfaction morale, l'absence de soucis, une compagnie et des conversations agréables, la distraction des voyages, la radiation lumineuse ont pour effet d'entretenir dans chaque cellule une élaboration meilleure de la matière.

Les stimulations nerveuses périphériques les plus utiles sont les frictions sèches de la peau avec le gant de crin faites matin et soir; les frictions spiritueuses, aromatiques sont également utiles.

L'hydrothérapie a été employée avec succès par certains phthisiologues.

Le massage est utile.

Plus utile encore est l'exercice réglé, proportionné, bien entendu, à l'état des poumons et du cœur; il doit toujours être modéré. La promenade au grand air est le meilleur exercice; mais il faut choisir des chemins plus ou moins inclinés suivant l'état momentané des fonctions et des forces : à tel jour, la marche légèrement ascensionnelle pourra être permise; à tel autre, on n'autorisera que la promenade sur un terrain plat. Ce sont des détails qui ont leur importance; l'attention du médecin et du malade doit être dirigée sur eux. Agir, mais ne se fatiguer jamais, telle doit être la règle du phthisique. Le surmenage est pernicieux, mais c'est exagérer en sens inverse que d'imposer à ces malades un repos trop rigoureux.

Ce qu'il faut par-dessus tout, c'est la vie au grand air, qui active les fonctions digestives et augmente l'appétit. Quand je dis que le phthisique doit vivre au grand air, c'est au pied de la lettre; l'aération doit être absolue pour lui, la nuit comme le jour. Il ne s'agit pas seulement dans le jour de se promener sur le trottoir ou de mettre le nez à la fenêtre. Mais, si on veut vivre au grand air, il faut choisir, pour l'hiver, un climat dont les intempéries n'imposent pas trop souvent le séjour à la maison.

Les fenêtres doivent être laissées ouvertes même la nuit,

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