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POURQUOI UNE MALADIE EST CHRONIQUE

cautérisé; vous verrez se produire, en un mot, une véritable réaction, qui aboutit à l'élimination de la partie mortifiée et finalement à la cicatrisation.

Ces réactions générales ou locales ne sont pas nécessairement salutaires.

Si une syncope provoquée par une hémorrhagie a ses avantages, on ne discerne pas l'utilité de la syncope ou de l'accès éclamptique provoqués par des vers intestinaux. Il n'en est pas moins vrai que, dans les maladies, on peut souvent soupçonner l'ébauche ou voir clairement la manifestation évidente de réflexes coordonnés, synergiques, ou de réactions locales qui, suivant la formule usitée lorsque la doctrine des causes finales jouissait d'un plus grand crédit, ont pour but de ramener l'état normal ou, comme nous disons aujourd'hui, ont pour effet de rétablir la santé.

S'il y a des maladies dans lesquelles l'effort réactionnel a pour résultat de ramener l'état de santé, il y en a d'autres dans lesquelles ces phénomènes de réaction sont insuffisants, et même nuisibles. La mort termine ces maladies.

Mais il y a aussi des cas où la maladie ne semble procéder ni vers la guérison, ni vers la mort; ces cas constituent ce que nous appelons les maladies chroniques.

Pourquoi une maladie est-elle chronique?

On pourrait dire qu'elle est chronique, parce que la cause qui a amené la perturbation ne trouve pas un effort réactionnel suffisant, parce que, la réaction vitale ne s'effectuant pas, le désordre n'est pas réparé et survit à la cause.

Il n'en est rien; la maladie devient chronique quand la cause en reste permanente et quand, malgré les luttes incessantes de l'économie pour rentrer dans l'état normal, celle-ci s'épuise en efforts stériles et insuffisants contre une cause persistante.

Car s'il y a des causes morbifiques passagères, comme le coup de soleil, qui disparaissent immédiatement laissant l'organisme travailler librement à sa réparation, et c'est le cas des maladies aiguës, il y a aussi des causes permanentes : ce sont elles qui font les maladies chroniques.

La cause permanente qui maintient l'organisme en état de maladie chronique, peut être le reliquat définitif d'une maladie aiguë relativement guérie; ce peut être, par exemple, une lésion valvulaire du cœur, une sténose pylorique; malgré tous les efforts que feront les divers organes pour compenser cette lésion irrémédiable, la maladie persistera.

Prenez un autre exemple, le diabète, si vous le voulez; voilà, certes, une maladie diathésique, c'est à-dire causée par une viciation permanente de la nutrition; les cellules ne consomment pas suffisamment de sucre dans un temps donné. Le sucre, qui continue à être fabriqué en quantité normale, s'accumule dans l'économie, d'où résultent l'hyperglycémie et la glycosurie. Ne croyez pas que l'économie ne réagisse pas; elle tend à se débarrasser de cet excès de matières sucrées; elle cherche à les éliminer par les urines, — et, sans cela, le malade succomberait en quelques heures à des phénomènes toxiques, — mais cet effort curateur est insuffisant, et la maladie, parce qu'elle est due à un trouble dynamique permanent, persiste, devient chronique.

Outre les causes que je viens d'énumérer, il y en a d'autres qui font que la maladie ne procède pas vers la guérison; les agents animés sont aussi, parfois, une cause permanente qui explique la chronicité de la maladie.

Parmi ces organismes inférieurs, les uns n'ont qu'une existence éphémère et ne déterminent jamais qu'une maladie aiguë; mais les autres persistent dans l'organisme, ils s'y perpétuent ou s'y reproduisent; ils y persistent comme espèce, sinon comme individus.

Ils continuent à vivre en nous parce que nous renouvelons incessamment la matière nutritive qui leur est nécessaire, ou parce que nous détruisons ou éliminons certaines matières qu'ils sécrètent et dont l'accumulation pourrait nuire à leur développement. Pour une raison ou pour une autre, ils persistent et la maladie infectieuse qu'ils provoquent est chronique.

Est-il nécessaire de se dépenser en nouveaux efforts pour

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