‹ Thérapeutique des maladies infectieuses [electronic resource]Chapitre 47 sur 180 · DE L'IMMUNITÉ ACQUISE · texte numérisé non relu

DE L'IMMUNITÉ ACQUISE

milieu de culture. Cet homme guérit parce qu'il est devenu un terrain stérile.

Stérilité après culture, immunité après maladie. J'avoue que la comparaison s'imposait, je la trouve même ingénieuse ; mais j'affirme que l'assimilation serait téméraire. D'abord, un homme qui a guéri d'une maladie infectieuse n'est pas devenu un milieu où la vie du microbe soit impossible pour une raison d'ordre purement chimique. Le chien est naturellement réfractaire au charbon; mais tuez le chien, avec ses tissus et ses humeurs vous ferez un bouillon parfait pour la bactéridie charbonneuse. Peut-être pensez-vous que la coction a pu modifier la constitution chimique des tissus? Prenez du sang de chien vivant, ensemencez le sérum avec la bactéridie charbonneuse, elle se développe parfaitement. Voilà un animal dont l'immunité naturelle ne dépend pas de ce que ses humeurs ont une composition chimique défavorable à la culture du microbe.

Prenons le mouton, qui a au contraire l'aptitude à cette maladie. Conférez-lui l'immunité en lui inoculant la maladie atténuée. Vous ferez avec ses tissus un excellent bouillon pour la bactéridie; et si, à l'exemple de Metschnikoff, vous l'ensemencez dans son sang, elle s'y développera parfaitement. Yoilà encore un animal dont l'immunité acquise ne dépend pas de ce que ses humeurs ont subi dans leur composition chimique une modification défavorable à la culture du microbe.

J'ajoute d'ailleurs que, si vous inoculez le virus fort au mouton vacciné par la culture atténuée, les bactéries virulentes sont capables de se développer chez lui non seulement au lieu de l'inoculation, mais au loin, et, comme l'a vu M. Chauveau, dans l'espace sous-arachnoïdien. Mais l'animal triomphe vite de cette invasion et tout rentre dans l'ordre.

L'immunité naturelle n'est donc pas la stérilité d'un milieu de culture et l'immunité acquise n'est pas la stérilisation par la culture d'un milieu nutritif.

Cependant, puisque l'erreur que je combats a été l'idée directrice des expériences qui ont tenté d'expliquer pourquoi un microbe cesse de se développer dans un milieu, passons en

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